Israël pourrait viser des cibles iraniennes en Irak, dit Liberman
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Israël pourrait viser des cibles iraniennes en Irak, dit Liberman

"Nous nous occuperons de toutes les menaces iraniennes, indépendamment de là d'où elles émanent," a mis en garde le ministre de la Défense israélien

Membres irakiens du Hezbollah tiennent les drapeaux jaunes de la branche irakienne du parti chiite et un portrait de guide spirituel de l'Iran, l'ayatollah Ruhollah Khomeini, et ils marchent sur ​​un drapeau israélien peint sur ​​le sol pendant la journée d'al-Qods (Jérusalem) - 25 Juillet 2014, la capitale irakienne Bagdad. (Crédit : AFP / Ali al-Saadi)
Membres irakiens du Hezbollah tiennent les drapeaux jaunes de la branche irakienne du parti chiite et un portrait de guide spirituel de l'Iran, l'ayatollah Ruhollah Khomeini, et ils marchent sur ​​un drapeau israélien peint sur ​​le sol pendant la journée d'al-Qods (Jérusalem) - 25 Juillet 2014, la capitale irakienne Bagdad. (Crédit : AFP / Ali al-Saadi)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a semblé laisser entendre lundi qu’Israël pourrait frapper des cibles iraniennes en Irak, quelques jours après que Reuters a rapporté que Téhéran fournissait des missiles balistiques et des formations aux milices loyalistes du territoire.

« Concernant la menace de l’Iran, nous ne nous limitons pas à la Syrie. Cela doit être clair », a déclaré Liberman lors d’une conférence organisée par la chaîne Hadashot.

Interrogé pour savoir si ses propos comprenaient l’Irak, le ministre de la Défense a riposté : « je dis que nous nous occuperons de la menace iranienne, indépendamment de là d’où elle émane. Nous conservons notre droit de passer à l’action… Et nous serons amenés à gérer les menaces ou quoi que ce soit d’autre qui serait amené à se présenter ».

Les informations transmises vendredi – et qui ont repris les propos de responsables iraniens, irakiens et occidentaux témoignant sous couvert d’anonymat – affirment que plusieurs douzaines de roquettes capables de frapper Israël et l’Arabie saoudite, l’ennemi sunnite de Téhéran, ont été déployées auprès des milices chiites mandataires de l’Iran en Irak.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, à gauche, avec la présentatrice de la chaîne Hadashot Dana Weiss à la conférence des influenceurs d’Hadashot à Jérusalem, le 3 septembre 2018 (Crédit : Hadashot)

Il a ajouté que l’Iran oeuvrait pour donner à ses alliés des structures de fabrication de missiles et que la République islamique entraîne des membres des milices pour leur apprendre à utiliser de nouvelles armes.

Ce déploiement vise à améliorer la capacité iranienne de riposter contre toute attaque occidentale ou arabe sur son territoire, ainsi qu’à élargir ses options pour attaquer ses opposants dans la région, a précisé Reuters.

L’Iran a nié ces informations. « Le mensonge disséminé par certains médias sur le transport vers l’Irak d’armes fabriquées en Iran est totalement incohérent et infondé », a commenté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien Bahram Qasemi.

« De telles informations ont uniquement pour but d’entraîner la panique dans les pays de la région et elles sont conformes à la politique qu’ils mettent en place pour propager l’iranophobie », a ajouté Qasemi.

Cela fait longtemps que l’Iran utilise ses mandataires et ses alliés chiites en Irak pour riposter contre ses adversaires. Selon des retranscriptions d’interrogatoires en 2007 d’un haut responsable militaire chiite et personnalité religieuse en Irak, dont le contenu a été déclassifié cette année, l’Iran a été lourdement impliqué dans les attaques commises par les milices chiites iraniennes contre les soldats américains dans les années qui ont suivi l’invasion du pays par les Etats-Unis en 2003.

Qais al-Khazali, qui est dorénavant à la tête de la milice Asaib Ahl al-Haq – qui a remporté 15 sièges lors des élections parlementaires du mois de mai en Irak – a détaillé l’ampleur de l’implication iranienne dans le pays dans l’interrogatoire de 2007, a annoncé jeudi le Wall Street Journal, citant ces documents récemment déclassifiés.

Une frappe aérienne contre une milice chiite irakienne perpétrée au mois de juin à proximité de la ville d’al-Bukamal, sur la frontière entre l’Irak et la Syrie, a été attribuée par certains à Israël.

Pendant la conférence, Liberman a également répété son opposition à des négociations par l’intermédiaire de l’Egypte et de l’ONU portant sur un cessez-le-feu à long-terme dans la bande de Gaza.

Ces pourparlers indirects entre le Hamas et Israël, qui viendraient mettre un terme à des mois de flambées intermittentes de violences transfrontalières, auraient compris des discussions sur l’allègement du blocus contre Gaza, vieux d’une décennie. Israël affirme que ce blocus a été mis en place pour empêcher des armes et autres équipements militaires d’entrer dans la bande.

« Je sais très exactement ce qu’il se passe, j’ai connaissance des négociations mais je n’y suis pas impliqué, je n’y crois pas », a dit Liberman. « Nous devons comprendre que les négociations, que ce soit avec l’Autorité palestinienne ou avec [le Hamas à] Gaza, ne mèneront nulle part. Elles nous ont toujours mené dans l’impasse ».

Un Palestinien utilise une fronde durant les affrontements avec les forces israéliennes le long de la frontière avec Gaza, à lest de Khan Younis, le 14 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Il a maintenu qu’Israël devait agir unilatéralement à Gaza et en Cisjordanie « et modeler la réalité comme nous le jugeons bon ».

Interrogé sur les critiques qu’il a essuyées sur sa gestion de Gaza de la part du ministre de l’Education Naftali Bennett et du ministre des Renseignements Israel Katz, Liberman a suggéré que « chaque ministre s’occupe des dossiers dont il a la responsabilité ».

Sur son choix, la semaine dernière, de son candidat favori au prochain poste de chef d’Etat major – qui, selon lui, ne sera pas transmis avant son ultime confirmation – Liberman a expliqué avoir consulté de nombreux anciens membres de l’establishment de la Défense, notamment d’anciens ministres de la Défense ou chefs d’Etat-major.

« La conclusion de tous est la suivante : On ne peut pas se tromper dans ce choix », a-t-il commenté. « Et les candidats sont excellents ».

Il a ajouté que son seul critère d’orientation était « la manière dont la personne dirigera l’armée en temps de guerre. La manière dont il se conduit dans toute autre chose est sans rapport ».

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