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Israël prochainement en pourparlers avec Pfizer pour son médicament anti-COVID

Le ministère de la Santé prévoit d'entamer les négociations prochainement ; le fabricant a présenté des résultats préliminaires concernant l'efficacité de son traitement antiviral

Le personnel médical du centre médical Shaare Zedek à Jérusalem traite des patients dans le service de l'hôpital consacré au coronavirus, le 14 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/ Flash90)
Le personnel médical du centre médical Shaare Zedek à Jérusalem traite des patients dans le service de l'hôpital consacré au coronavirus, le 14 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/ Flash90)

Selon Pfizer, 90 pays sont déjà en pourparlers avec le fabricant américain pour l’achat de sa pilule antivirale expérimentale contre le COVID-19. Mais Israël n’en fait pas partie – ce à quoi compte remédier le Premier ministre Naftali Bennett, qui a déclaré dimanche, au début de la réunion hebdomadaire du cabinet, que de « bonnes nouvelles peuvent arriver, sous la forme d’un médicament pour traiter le coronavirus ».

Le Premier ministre a déclaré qu’il avait demandé ce week-end aux responsables de la santé « d’examiner en profondeur la question » de l’acquisition de la pilule pour Israël.

« Si le médicament est approuvé pour utilisation, ce sera un autre outil important dans la gestion de la pandémie, avec les vaccins pour tout le monde et des tests accessibles à tout le monde, tout le temps », a-t-il ajouté.

Si le ministère de la Santé avait auparavant déjà déclaré qu’il prendra bientôt contact avec Pfizer à ce sujet, cela n’est pas urgent compte tenu du taux de vaccination élevé en Israël – un succès que le pays doit d’ailleurs en grande partie aux accords signés avec Pfizer-BioNTech pour la fourniture massive de vaccins. 

Par ailleurs, dimanche matin, sur la radio 103FM, le directeur général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a déclaré que le médicament « semblait prometteur » mais a souligné que « nous devons en apprendre davantage sur son efficacité, ses effets secondaires et ses coûts ».

Il a affirmé qu’une décision sera prise après la publication des résultats complets de l’essai, et a prédit que les « bonnes relations d’Israël avec Pfizer aideront à apporter le médicament rapidement ».

De son côté, vendredi, le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a annoncé : « Nous sommes actuellement en discussion avec 90 gouvernements dans le monde, une discussion active, et certains d’entre eux ont déjà signé. »

Selon Pfizer, sa pilule antivirale expérimentale contre le COVID-19 permet de réduire les taux d’hospitalisation et de décès de près de 90 %. Le fabricant de médicaments rejoint ainsi la course pour mettre sur le marché mondial le premier médicament facile à utiliser contre le coronavirus.

Actuellement, tous les traitements contre le COVID-19 utilisés aux États-Unis nécessitent une perfusion ou une injection. La pilule COVID-19 du laboratoire Merck est déjà en cours d’examen par la Food and Drug Administration (FDA) après avoir montré de bons résultats. Jeudi, le Royaume-Uni est devenu le premier pays à l’approuver.

Pfizer a déclaré qu’il demanderait à la FDA et aux régulateurs internationaux d’autoriser sa pilule dès que possible, après que des experts indépendants ont recommandé d’interrompre l’étude de la société en raison de ses résultats positifs. Une fois que Pfizer aura déposé sa demande, la FDA pourra prendre une décision dans les semaines ou les mois à venir.

Les chercheurs du monde entier se sont lancés dans une course pour trouver une pilule contre le COVID-19 qui puisse être prise à domicile pour atténuer les symptômes, accélérer le rétablissement et soulager les hôpitaux et les médecins.

Vendredi, Pfizer a publié les résultats préliminaires de son étude portant sur 775 adultes. Les patients prenant le médicament de la société en même temps qu’un autre antiviral ont vu leur taux combiné d’hospitalisation ou de décès diminuer de 89 % après un mois, par rapport aux patients prenant une pilule factice. Moins de 1 % des patients prenant le médicament ont dû être hospitalisés et personne n’est décédé. Dans le groupe témoin, 7 % ont été hospitalisés et il y a eu sept décès.

Un travailleur médical portant une combinaison spéciale pour se protéger du COVID-19 traite un patient dans une unité de soins intensifs de l’hôpital n° 23 de Nijni Novgorod, en Russie, le 20 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Roman Yarovitcyn)

« Nous espérions avoir quelque chose d’extraordinaire, mais il est rare de voir de grands médicaments présenter une efficacité de près de 90 % et une protection de 100 % contre la mort », a déclaré le Dr. Mikael Dolsten, directeur scientifique de Pfizer, dans une interview.

Les participants à l’étude n’étaient pas vaccinés, présentaient un COVID-19 léger à modéré et étaient considérés comme présentant un risque élevé d’hospitalisation en raison de problèmes de santé tels que l’obésité, le diabète ou les maladies cardiaques. Le traitement a commencé dans les trois à cinq jours suivant les premiers symptômes et a duré cinq jours.

Pfizer a fourni peu de détails sur les effets secondaires, mais a déclaré que les taux étaient similaires entre les groupes, soit environ 20 %.

Un groupe indépendant d’experts médicaux chargé de surveiller l’essai a recommandé de l’interrompre prématurément, ce qui est la procédure habituelle lorsque des résultats intermédiaires font apparaître un bénéfice aussi clair. Les données n’ont pas encore été publiées pour être examinées par des tiers, ce qui est la procédure normale d’examen des nouvelles recherches médicales.

Les hauts responsables de la santé aux États-Unis continuent d’insister sur le fait que la vaccination reste le meilleur moyen de se protéger contre l’infection. Mais comme des dizaines de millions d’adultes ne sont toujours pas vaccinés – et bien plus encore dans le monde – des traitements efficaces et faciles à utiliser seront essentiels pour endiguer les futures vagues d’infections.

Un agent de santé a préparé une injection du vaccin Pfizer-BioNtech COVID-19 dans une clinique de la principale ville bédouine du Néguev, Rahat, le 17 février 2021. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

La FDA a fixé une réunion publique dans le courant du mois pour examiner la pilule de Merck, connue sous le nom de Molnupiravir. En septembre, la société a annoncé que son médicament réduisait de 50 % les taux d’hospitalisation et de décès. Les experts mettent en garde contre la comparaison des résultats préliminaires en raison des différences entre les études.

Bien que la pilule de Merck soit plus avancée dans le processus réglementaire américain, le médicament de Pfizer pourrait bénéficier d’un profil de sécurité plus familier aux régulateurs, avec moins de signaux d’alarme. Alors que les femmes enceintes étaient exclues de l’essai de Merck en raison d’un risque potentiel de malformations congénitales, le médicament de Pfizer n’était soumis à aucune restriction similaire. Le médicament de Merck agit en interférant avec le code génétique du coronavirus, une approche novatrice pour perturber le virus.

Le médicament de Pfizer fait lui partie d’une famille de médicaments antiviraux vieille de plusieurs décennies, les inhibiteurs de protéase, qui ont révolutionné le traitement du VIH et de l’hépatite C. Ces médicaments bloquent une enzyme clé dont les virus ont besoin pour se multiplier dans le corps humain.

Le médicament, qui n’a pas encore été nommé, a été identifié pour la première fois lors de l’épidémie de SRAS survenue en Asie en 2003. L’année dernière, les chercheurs de la société ont décidé de relancer le médicament et de l’étudier contre le COVID-19, étant donné les similitudes entre les deux coronavirus.

Les États-Unis ont approuvé un autre médicament antiviral contre le COVID-19, le Remdesivir, et autorisé trois traitements par anticorps qui aident le système immunitaire à combattre le virus. Mais ces médicaments doivent être administrés par voie intraveineuse ou par injection dans des hôpitaux ou des cliniques, et les réserves limitées ont été mises à rude épreuve par la dernière vague du variant Delta.

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