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Israël rejoint un programme de la NASA qui ramènera des astronautes sur la lune

Le programme Artemis rassemble 14 pays, dont la Grande Bretagne et les Émirats arabes unis ; l'alunissage est prévu pour 2025

Cette illustration fournie par SpaceX montre la conception de l'atterrisseur humain SpaceX Starship qui transportera les premiers astronautes de la NASA à la surface de la Lune dans le cadre du programme Artemis. (SpaceX/NASA via AP)
Cette illustration fournie par SpaceX montre la conception de l'atterrisseur humain SpaceX Starship qui transportera les premiers astronautes de la NASA à la surface de la Lune dans le cadre du programme Artemis. (SpaceX/NASA via AP)

Israël a officiellement adhéré mercredi à un programme spatial dirigé par la NASA visant à faire atterrir des astronautes sur la surface lunaire et à établir une présence humaine à long terme sur la lune en guise de rodage pour de futures missions vers Mars.

L’accord d’adhésion au programme Artemis établit des principes de coopération en matière d’exploration spatiale et de présence humaine sur la lune et permettra à Israël de s’engager dans de nouvelles collaborations de recherche spatiale, tant commerciales qu’économiques, avec les autres pays participants, a déclaré le ministère de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie mercredi.

Plus d’une dizaine de pays ont déjà signé les accords Artemis dirigés par la NASA, notamment l’Australie, le Canada, les Émirats arabes unis, l’Italie, le Royaume-Uni, le Mexique, le Japon et la Corée du Sud. Israël est le 15e pays à rejoindre le programme, qui est dirigé par la NASA en partenariat avec l’Agence spatiale européenne, les opérateurs américains de vols spatiaux commerciaux et les agences spatiales des pays participants.

La NASA cherche à établir une présence durable sur la Lune et à tirer les enseignements de cette expérience pour planifier un voyage avec équipage vers Mars dans les années 2030. Le programme espère construire un avant-poste permanent sur la lune, comprenant un camp de base Artemis à la surface et une station dédiée, Gateway, en orbite lunaire pour permettre « aux robots et aux astronautes d’explorer plus et de mener plus de science que jamais auparavant. »

Sur cette image diffusée par la NASA, la comète Neowise, à gauche, apparaît à l’est, au dessus de la terre, une image prise par la Station spatiale internationale, le 5 juillet 2020. (Crédit : NASA via AP)

Signés pour la première fois en octobre 2020 par ses membres fondateurs, les accords d’Artemis sont construits sur 10 principes censés régir l’exploration civile de l’espace. Ces principes comprennent l’exploration pacifique, la transparence, la publication de données scientifiques, l’assistance d’urgence au personnel de tous les pays et l’utilisation des ressources spatiales conformément au Traité sur l’espace extra-atmosphérique de 1967, qui constitue la base du droit spatial international.

L’accord avec Israël a été signé mercredi par l’administrateur de la NASA, Bill Nelson, et le directeur général de l’Agence spatiale israélienne, Uri Oron, plus d’une semaine après que le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, a annoncé qu’Israël allait se joindre au programme.

« Nous nous dirigeons vers un avenir mondialisé et innovant où les pays mobilisent des ressources pour la science et la recherche et travaillent ensemble pour faire progresser la diplomatie spatiale. La signature des accords renforcera la coopération avec les autres signataires dans le domaine du commerce et de l’économie », a écrit Lapid sur Twitter dimanche dernier.

Le premier vol d’essai non habité, Artemis 1, est prévu pour mars, avec la nouvelle fusée SLS de la NASA, mais les observateurs s’attendent à ce que l’agence spatiale repousse le lancement à l’été. Artemis 2 est techniquement prévu pour 2023 et Artemis 3 pour 2024. Un alunissage est prévu en 2025.

Illustration : Sur cette photo du 20 juillet 1969 mise à disposition par la NASA, l’astronaute Buzz Aldrin, pilote du module lunaire, marche sur la surface de la lune pendant l’activité extravéhiculaire d’Apollo 11. (Neil Armstrong/NASA via AP)

La NASA a déclaré que les marcheurs sur la lune comprendront la première femme et la première personne de couleur à faire le voyage.

SpaceX, la société d’Elon Musk, a été chargée de concevoir et de construire l’atterrisseur humain qui transportera les premiers astronautes sur la Lune dans le cadre du programme Artemis, qui permettra à l’humanité de retourner sur la Lune pour la première fois depuis la mission Apollo 17 en 1972.

La ministre des Sciences et de la Technologie, Orit Farkash-Hacohen, a déclaré qu’Israël se joint à l’effort international pour faire de la lune « plus qu’un arrêt, mais un endroit sur lequel rester pendant une durée significative, afin de permettre des développements et des recherches qui ne peuvent être réalisés nulle part ailleurs. Israël peut et doit jouer un rôle central dans ce rêve. »

« La signature de cet accord aujourd’hui est une nouvelle composante de notre relation avec les États-Unis, notre plus grand ami dans le monde. L’essence du programme Artemis – faire quelque chose d’audacieux, et d’inspirant, faire atterrir des gens – des femmes et des hommes – sur la lune une fois de plus, après cinq décennies », a-t-elle ajouté.

Le directeur général de l’Agence spatiale israélienne Uri Oron, signe les accords d’Artémis pour Israël qui rejoint le programme dirigé par la NASA visant à établir une présence humaine sur la lune, le 26 janvier 2022. (Crédit : Tzipi Vilmovski/GPO)

Oron, de l’Agence spatiale israélienne, a déclaré que le pays « rejoint aujourd’hui les 14 pays qui partagent des valeurs similaires concernant l’utilisation future des ressources lunaires, de Mars et d’autres corps célestes… pour le bénéfice de toute l’humanité. Je suis convaincu que grâce au programme Artemis, l’humanité tout entière progressera, non seulement dans l’espace mais aussi ici sur Terre ».

L’exploration spatiale, a-t-il ajouté, recèle un énorme potentiel « pour Israël en particulier, et pour le monde entier, dans les domaines de l’innovation, de la technologie et de la diplomatie internationale », a ajouté Oron.

 » L’Agence spatiale israélienne s’efforcera d’assurer […] les collaborations en matière de recherche, de science, d’innovation et d’économie dans le cadre des accords Artémis entre les organismes israéliens et nos collègues internationaux.  »

Israël célèbre actuellement sa semaine annuelle de l’espace avec une ruée d’événements et d’annonces liés à l’espace.

L’astronaute israélien Eytan Stibbe (Crédit : Ori Burg)

En début de semaine, le pays a annoncé 35 expériences scientifiques, médicales et éducatives finalisées qui seront réalisées au printemps par l’astronaute israélien Eytan Stibbe dans le cadre de la mission israélienne Rakia à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Le programme Rakia fait partie d’Axiom Space Ax-1, la première mission privée au monde vers l’ISS, prévue pour ce printemps. Stibbe se rendra à l’ISS à bord d’une capsule Dragon de SpaceX à la fin du mois de mars (date cible : 31 mars 2022), pour devenir potentiellement le deuxième astronaute israélien dans l’espace.

Les projets sélectionnés reflètent un large éventail de disciplines scientifiques et technologiques – notamment les rayonnements, la génomique, l’immunologie, le fonctionnement des neurones, la communication quantique, l’astrophysique, l’agro-technologie, les communications, l’optique, l’ophtalmologie, les dispositifs médicaux et la recherche sur les maladies.

Parmi elles, une combinaison anti-radiation co-développée par la société israélienne Stemrad en partenariat avec Lockheed Martin pour protéger les organes vitaux des astronautes contre les rayonnements gamma nocifs. L’exposition peut entraîner une radiopathie, c’est-à-dire la destruction accélérée des cellules sanguines et l’incapacité de l’organisme à les reconstituer, en raison des dommages subis par la moelle osseuse, qui est nécessaire pour générer de nouvelles cellules.

Le gilet, Astrorad, devrait également se trouver à bord de l’Artemis 1.

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