Espace : Israël présente ses expérimentations pour la mission Rakia
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Espace : Israël présente ses expérimentations pour la mission Rakia

44 projets "ambitieux et osés" dans le cadre d'un programme à bord de la Station spatiale internationale seront réalisés par un astronaute israélien - en lien avec les écoles

Sur cette image diffusée par la NASA, la comète Neowise, à gauche, apparaît à l'est, au dessus de la terre, une image prise par la Station spatiale internationale, le 5 juillet 2020. (Crédit : NASA via AP)
Sur cette image diffusée par la NASA, la comète Neowise, à gauche, apparaît à l'est, au dessus de la terre, une image prise par la Station spatiale internationale, le 5 juillet 2020. (Crédit : NASA via AP)

La Ramon Foundation et le ministère des Sciences et des technologies ont annoncé, mercredi, la nature des expériences qui pourraient être réalisées par l’astronaute israélien Eytan Stibbe dans la cadre de la mission israélienne Rakia qui se déroulera au sein de la Station spatiale internationale (ISS).

Ces expériences – qui ont été qualifiées « d’ambitieuses et osées » lors d’un événement au cours duquel leur nature a été révélée et qui était organisé au Centre pour la paix et l’innovation Peres, à Tel Aviv – intégreront la mission Ax-1 d’Axiom Space, toute première mission privée au sein de l’ISS. Elle devrait débuter au début de l’année prochaine.

Placé sous le commandement de Michael Lopez-Alegria, un astronaute américano-espagnol qui est également vice-président d’Axiom Space, ce sera le tour premier équipage privé de l’histoire à vivre et à travailler à bord de la Station spatiale internationale. L’équipe reste tributaire de l’approbation de la NASA et de celle de ses partenaires internationaux au sein de l’ISS.

Le 23 décembre 2020, la Ramon Foundation avait émis un appel en direction des scientifiques, chercheurs et entrepreneurs israéliens, leur demandant de soumettre leurs propositions concernant les expérimentations qui seraient menées à bord de la Station spatiale internationale – sous réserve d’approbation de la NASA – dans le cadre de la mission Rakia, à laquelle participera l’astronaute Stibbe, qui devient ainsi le second Israélien à s’aventurer dans l’espace.

Inbal Kreiss, président de la commission scientifique et technologique du projet Rakia, et chef de la division de l’espace et au sein d’Israel Aerospace Industries (IAI), lors de l’annonce des projets de recherche retenus pour Rakia au centre Peres pour la paix à Tel Aviv. (Crédit : Elad Malka)

Au cours des derniers mois, la Ramon Foundation, l’agence spatiale israélienne au sein du ministère des Sciences et des technologies ainsi que d’éminents experts israéliens ont œuvré à orienter les starts-ups, les scientifiques et les chercheurs de tout le pays dans le processus de soumission des propositions. Des séminaires de formation et des sessions de consultations ont été organisées pour permettre aux expérimentations de s’adapter aux conditions très particulières de l’espace.

Mercredi, la commission scientifique et technologique a présenté les 44 expérimentations qui ont été sélectionnées en raison de leur potentiel en termes d’avancées technologiques, scientifiques et médicales, et de leurs promesses d’impact économique. La commission était formée de personnalités éminentes du milieu universitaire, industriel et gouvernemental, avec à sa tête Inbal Kreiss, spécialiste en industrie spatiale et responsable de la division de l’espace et des systèmes d’innovation au sein de l’IAI (Israel Aerospace Industries).

Ces expérimentations seront réalisées à bord de l’ISS sous réserve d’une collecte de fonds qui permettra de réunir la somme nécessaire pour couvrir leur coût et sous réserve également de leur approbation par la NASA. L’Agence spatiale israélienne émettra un appel en faveur d’une aide au financement une fois que le budget national aura été approuvé et la Ramon Foundation tentera de trouver des sources de fonds alternatives, ont indiqué les deux organisations dans un communiqué.

Ces projets portent sur un large spectre de disciplines scientifiques et technologiques – rayonnement, étude du génome, immunologie, fonctionnement neurologique, communication quantique, astrophysique, technologies agricoles, communications, optique, ophtalmologie, équipements médicaux et recherche sur les maladies.

« L’industrie de l’espace, en Israël, s’est épanouie au cours des dernières années et nous abordons aujourd’hui un tournant majeur dans ce secteur, en positionnant Israël comme acteur technologique leader dans la communauté spatiale mondiale », a déclaré Kreiss lors de l’événement. « La mission Rakia est une réalisation des rêves des entrepreneurs, des chercheurs et des scientifiques israéliens et elle profitera des collaborations internationales avec les plus éminents universitaires et les meilleures institutions du domaine de la recherche ».

La recherche spatiale a pour objectif de « casser les barrières au-delà de l’horizon », a continué Kreiss. « Il y a des moments où je suis fière d’être Israélienne, et je suis en train de vivre l’un d’entre eux ».

Parmi les expérimentations choisies, celle proposée par la compagnie d’électricité israélienne en collaboration avec StoreDot. Ainsi, la performance d’une batterie innovante au lithium-ion va être testée dans des conditions d’apesanteur. Une expérience qui a obtenu le feu vert de la NASA mais qui attend encore d’autres approbations, a précisé une porte-parole de la Ramon Foundation.

Ran Livne, directeur de la Ramon Foundation et chef de la mission Rakia, lors de l’annonce des projets de recherche retenus pour Rakia au centre Peres pour la paix à Tel Aviv. (Crédit : Elad Malka)

Une autre expérimentation, qui a été initiée par le département d’oncologie de l’hôpital pour enfants Schneider, impliquera les jeunes malades eux-mêmes qui travailleront sous la surveillance de chercheurs. L’objectif poursuivi sera de caractériser les cellules leucémiques en apesanteur en présence et en l’absence de chimiothérapie.

Dix des projets retenus sont le résultat d’une collaboration avec des partenaires de recherche internationaux. L’une de ces expériences, appelée FLUTE (Expérimentation télescopique fluidique) a été imaginée et mise au point par des chercheurs de la faculté de génie mécanique du Technion, aux côtés de chercheurs de la NASA. Elle va s’intéresser à la capacité de tirer profit de l’apesanteur pour produire des lentilles de haute-qualité en modelant des liquides dans les formes géométriques désirées, en les laissant ensuite se solidifier. Une démonstration réussie lors de ce processus, à bord de la Station spatiale internationale, ouvrirait la voie à la fabrication de composants optiques avancés dans l’espace, et permettrait notamment d’envisager la création de télescopes spatiaux extrêmement larges qui pourraient venir à bout des contraintes de lancement qui sont connues aujourd’hui, a précisé le communiqué de presse.

Les autres projets de recherche retenus par la commission comprennent :

• L’étude d’une nouvelle génération de costumes protégeant des radiations

• Un laboratoire avancé qui permettra aux chercheurs de mener des expérimentations à distance calibrées, depuis la Terre

• Le déploiement d’un drone qui pourrait assumer des tâches quotidiennes, comme transporter des objets et prendre des photographies

• L’étude de l’impact de l’absence de gravité sur la culture des cellules, un projet dirigé par Aleph Farms, une start-up qui fabrique de la viande directement à partir des cellules de bétail

• et un « humus de l’espace », soit la culture de pois chiches dans l’espace.

« Notre idée est que lorsqu’Eytan réalisera chaque expérience dans l’espace, les enfants israéliens puissent y assister en direct de manière à pouvoir faire la même expérimentation de manière simultanée dans les classes », a expliqué Ran Livne, directeur-général de la Ramon Foundation qui est aussi à la tête de la mission Rakia. « De cette façon, nous pourrons présenter la plus jeune génération au monde enthousiasmant des sciences, des technologies et de l’espace. Nous les connecterons à la Station spatiale internationale, que les experts considèrent comme une ressource inhabituelle et source d’inspiration pour les enfants ».

Il a ajouté que le nombre croissant de missions vers l’espace permettrait probablement à un troisième astronaute israélien de tenter l’aventure et, avec un peu de chance, de le faire dans le cadre d’une mission nationale, et non plus privée.

« Ces dernières années, l’industrie spatiale, dans le monde entier, s’est développée à un rythme effréné et Israël présente un potentiel énorme qui pourrait l’autoriser à devenir un acteur majeur dans le secteur », a commenté Shai-Lee Spigelman, directeur-général du ministère des Sciences et des technologies. « Nous pensons que la mission Rakia va significativement réduire les obstacles qui persistent devant les chercheurs, les scientifiques et les entrepreneurs, qu’elle accélérera le processus de développement de l’industrie et qu’elle apportera avec elle de nouvelles opportunités importantes ».

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