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Yom HaZikaron

Israël rend hommage à ses soldats et aux civils victimes du terrorisme

Le pays s'est figé pour entendre la sirène à 11 heures, suivie de cérémonies en hommage aux militaires tués et aux victimes du terrorisme, avant de basculer vers Yom HaAtsmaout

  • Des soldats israéliens devant les tombes de soldats morts au combat au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, le 2 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Des soldats israéliens devant les tombes de soldats morts au combat au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, le 2 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • La cérémonie d'État organisée pour Yom HaZikaron, en hommage aux soldats tués au combat et aux victimes du terrorisme, au mur Occidental de Jérusalem, le 3 mai 2022. (Capture d'écran : Vidéo)
    La cérémonie d'État organisée pour Yom HaZikaron, en hommage aux soldats tués au combat et aux victimes du terrorisme, au mur Occidental de Jérusalem, le 3 mai 2022. (Capture d'écran : Vidéo)
  • La cérémonie d'État organisée pour Yom HaZikaron, en hommage aux soldats tués au combat et aux victimes du terrorisme, au mur Occidental de Jérusalem, le 3 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
    La cérémonie d'État organisée pour Yom HaZikaron, en hommage aux soldats tués au combat et aux victimes du terrorisme, au mur Occidental de Jérusalem, le 3 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
  • Un homme se rend sur la tombe d'un proche au cimetière militaire de Haïfa, le 3 mai 2022. (Crédit : Shir Torem/Flash90)
    Un homme se rend sur la tombe d'un proche au cimetière militaire de Haïfa, le 3 mai 2022. (Crédit : Shir Torem/Flash90)
  • Une cérémonie marquant Yom HaZikaron en hommage aux soldats israéliens tombés au combat et des victimes du terrorisme, au Moshav Yashresh, le 3 mai 2022. Le panneau indique "Yizkor" ou "in memoriam". (YCrédit : Yossi Aloni/Flash90)
    Une cérémonie marquant Yom HaZikaron en hommage aux soldats israéliens tombés au combat et des victimes du terrorisme, au Moshav Yashresh, le 3 mai 2022. Le panneau indique "Yizkor" ou "in memoriam". (YCrédit : Yossi Aloni/Flash90)

Israël s’est figé mardi soir pour marquer le début des commémorations annuelles du souvenir pour ses soldats morts en exercice et les victimes d’attentats.

A 20 heures, les Israéliens se sont recueillis et la circulation s’est arrêtée dans les rues alors que s’élevaient les sirènes durant une minute dans un pays aux drapeaux en berne.

Selon les statistiques du ministère de la Défense publiées chaque année à l’occasion de cette journée, 24 068 soldats et membres des forces de sécurité sont morts en service actif depuis 1860, année considérée par l’Etat hébreu comme la première du conflit avec les Palestiniens, celle durant laquelle des juifs ont fondé leur premier quartier en dehors des murs de la Vieille Ville de Jérusalem.

Le ministère des Affaires étrangères a de son côté recensé 4 216 victimes civiles d’attentats.

Un homme se rend sur la tombe d’un proche au cimetière militaire de Haïfa, le 3 mai 2022. (Crédit : Shir Torem/Flash90)

Trente-trois noms sont venus s’ajouter à la liste des victimes du terrorisme, qui ont péri lors d’attentats l’année dernière. Quatre victimes devenues handicapées se sont également éteintes des suites des graves blessures causées par des attaques – ce qui amène le total à 3 199 personnes depuis la fondation de l’État d’Israël, en 1948.

Cette liste n’inclut pas encore Vyacheslav Golev, le gardien de sécurité qui a été abattu, vendredi soir, à l’entrée d’Ariel par deux Palestiniens. L’Institut national des assurances a indiqué qu’une discussion avec le ministère de la Défense était actuellement en cours pour déterminer s’il serait considéré comme un soldat tué au combat ou comme une victime du terrorisme, au vu d’une loi de 2016 qui permet de catégoriser les gardiens de la sécurité comme des militaires.

Mercredi, les sirènes doivent à nouveau retentir pendant deux minutes à 11H00 (08H00 GMT) et donneront le coup d’envoi à une série de cérémonies dans les cimetières militaires d’Israël. Un hommage en mémoire des victimes du terrorisme est prévu à 13 heures.

Mardi après-midi, le Premier ministre israélien Naftali Bennett a rencontré des familles de soldats tués.

Les cérémonies nationales organisées pour Yom HaZikaron, qui commence au crépuscule, ont été lancées dans l’après-midi avec un événement commémoratif qui a eu lieu au mémorial Yad Lebanim qui rend hommage aux soldats tombés sur le front à Jérusalem.

Bennett et le président de la Knesset Mickey Levy ont pris part à cette cérémonie aux côtés de responsables militaires et des familles de soldats tués au combat.

Dans son discours, Bennett a évoqué son propre parcours de soldat dans un commando dans le sud du Liban, pendant les années 1990, mentionnant plusieurs camarades qui ne sont jamais revenus du front.

« Nous étions là-bas, au Liban – des kibbutzniks, des gamins des villes, des laïcs et des religieux, venus de Beer Sheva et de Haïfa, des Israéliens de droite ou de gauche, des Juifs et des non-Juifs », a-t-il dit dans un appel à l’unité alors que sa coalition diversifiée lutte actuellement pour se maintenir au pouvoir alors qu’elle a perdu sa majorité parlementaire, le mois dernier.

« C’est là-bas, dans les bases du sud du Liban, que je suis tombé amoureux de notre nation merveilleuse », a continué le Premier ministre. « De nombreux amis y sont restés… Ils avaient 19 ou 20 ans et ils ne sont jamais revenus. »

Le Premier ministre Naftali Bennett s’exprime au mémorial de Yad Lebanim pour les soldats morts au combat, à Jérusalem, le 3 mai 2022. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

« Je ne peux pas parler en leur nom mais je crois que s’ils pouvaient s’exprimer, ils nous demanderaient : ‘Continuez à vivre ensemble. Ne permettez pas aux désaccords de vous déchirer de l’intérieur ».

Il a mis en garde contre les divisions internes qui menacent la sécurité d’Israël, affirmant que : « Si nous permettons à la colère et à la haine de nous envahir, nos ennemis en profiteront pour nous faire du mal ».

De son côté, Levy a parlé de son frère, Pinchas, qui est mort dans une fusillade en 1990 alors qu’il était réserviste dans la vallée du Jourdain, et il a salué les soldats et les victimes du terrorisme qui ont été tuées l’année passée. « Ceux que nous aimions ont donné leur vie pour que le peuple d’Israël puisse continuer à vivre sur sa terre », a-t-il déclaré. « Montrons-nous dignes d’eux. »

Le leader de l’opposition, Benjamin Netanyahu, dont le frère Yoni avait été tué lors de l’opération Entebbe, intervenant lors de la célèbre prise d’otage en Ouganda, a pour sa part transmis un communiqué adressé aux familles en deuil.

« Pour nous, chaque jour qui passe est un Yom HaZikaron », a-t-il fait savoir. « Nous nous levons, le matin, forts de ce souvenir et nous vivons nos vies dans l’ombre de cette mémoire. »

« A la veille de Yom HaZikaron, nous interrompons nos vies et nous rendons hommage à nos héros, à ceux qui ont payé de leur vie de manière à ce que notre peuple ait l’indépendance, un pays fort, une force protectrice », a ajouté l’ex-Premier ministre.

Dans un message adressé aux soldats, le chef d’État-major de l’armée Aviv Kohavi a indiqué que « les soldats et les commandants de Tsahal opèrent dans tous les secteurs, ils développent des moyens et des méthodes de guerre et ils vont prendre part à des opérations pour défendre le pays. Mais la toute première arme restera toujours l’esprit de combat, la volonté de se battre et les qualités individuelles. »

« A vos côtés, je souhaite aux familles des soldats tombés au combat d’être fortes et je les embrasse », a ajouté Kohavi.

La principale cérémonie nationale a début à 20 heures mardi soir, au mur Occidental de Jérusalem.

A 19 heures 45, mercredi, Yom HaZikaron s’achèvera avec la cérémonie d’allumage des torches sur le mont Herzl. Elle donnera le coup d’envoi de la 74e Journée de l’Indépendance.

A l’issue de cette journée, les Israéliens fêteront donc, à partir de mercredi soir la création de l’Etat d’Israël proclamé le 14 mai 1948, correspondant cette année, selon le calendrier hébraïque, au 5 mai. Yom HaZikaron, instauré en 1951 par le Premier ministre et ministre de la défense de l’époque, David Ben-Gurion, a été fixé au 4 Iyar du calendrier juif, à la veille de Yom HaAtsmaout.

Ce sera également la première fois en deux ans qu’Israël marque Yom HaZikaron et Yom HaAtsmaout, pratiquement sans restrictions liées au COVID-19. Israël a vu le nombre de cas quotidiens de coronavirus diminuer régulièrement depuis qu’il a atteint un niveau record en janvier. Le pays a enregistré 10 699 décès dus au coronavirus depuis le début de la pandémie en 2020.

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