Israël s’inquiète de ne pas être en première ligne pour le vaccin Pfizer
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Israël s’inquiète de ne pas être en première ligne pour le vaccin Pfizer

Selon la chaîne Kan, les négociations autour de l'achat du vaccin sont confiées à des subalternes - ce qui entraîne des critiques du ministère de la Santé

Le siège de Pfizer à New York City, le 9 novembre 2020. (Crédit :  David Dee Delgado/Getty Images/AFP)
Le siège de Pfizer à New York City, le 9 novembre 2020. (Crédit : David Dee Delgado/Getty Images/AFP)

Des responsables de la Santé seraient inquiets qu’Israël puisse manquer l’occasion d’acquérir rapidement le vaccin contre la COVID-19 développé par la firme pharmaceutique Pfizer une fois approuvé par les autorités sanitaires américaines et commercialié.

Les négociations en cours depuis deux mois entre Pfizer et le ministère de la Santé ont été confiées à des fonctionnaires relativement subalternes, ce qui montre que ce dossier n’est pas une priorité pour l’État juif, a indiqué la chaîne Kan dans la soirée de lundi.

Pfizer a annoncé, lundi, que d’après de premières conclusions, le vaccin développé en partenariat avec la firme allemande BioNTech pourrait être à 90 % efficace pour prévenir la COVID-19, citant des analyses intermédiaires livrées par un bureau de contrôle indépendant. Cette information a donné l’espoir qu’un vaccin contre le coronavirus pourrait bientôt être disponible.

Les négociations porteraient sur un nombre suffisant de doses pour vacciner 3,5 millions d’Israéliens.

Le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, lors d’une conférence de presse à Jérusalem sur le coronavirus, le 13 juillet 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Selon Kan, le système de santé israélien s’inquiéterait dorénavant, de ce qu’en raison des résultats encourageants de l’essai clinique de phase 3 de Pfizer, Israël pourrait se retrouver en bas de la liste des acquéreurs du vaccin et le directeur général de la Santé, Chzey Levy, a été critiqué pour ne pas avoir accordé la priorité aux divers pourparlers.

Dans un entretien accordé à la chaîne, ce dernier a démenti que les négociations aient été confiées à des subalternes.

« Cela fait plusieurs mois que nous nous occupons des vaccins, des discussions qui impliquent le directeur général, le ministre et même au-dessus de lui », a expliqué Levy.

« Nous avons d’ores et déjà acheté les droits pour un vaccin à plusieurs entreprises », a-t-il ajouté, faisant référence aux firmes américaines Moderna et Arcturus.

Israël a déjà versé un total de 405 millions de shekels à Moderna, dont le produit est en phase 3 de développement, et à Arcturus, dont les tests viennent tout juste de commencer, dans le cadre d’une enveloppe totale d’un milliard de shekels qui sera consacrée à l’acquisition de vaccins, selon le quotidien Haaretz.

Même si la concurrence pourra être intense en la matière, le quotidien a pointé que Pfizer avait d’importantes capacités de fabrication au sein de l’État juif et que ce dernier n’avait besoin que d’un nombre de doses relativement modeste – qui ne pourraient néanmoins arriver qu’à la fin de l’année prochaine.

Même si Israël peut retenir le vaccin de Pfizer, il devrait y avoir des défis logistiques majeurs à relever pour l’importer au sein de l’État juif.

« Les problèmes, avec le vaccin de Pfizer, commencent dès le stade de son transfert. Les doses doivent être maintenues à une température de moins 70 degrés », a noté la docteure Yasmin Maor du centre médical Wolfson, à Holon, au micro de la radio israélienne.

« Ce qui va créer des complications au niveau de la distribution à la population, mais également dans l’achat et la production de réfrigérateurs adaptés », a ajouté Maor, qui dirige l’unité des maladies infectieuses de l’hôpital.

Le premier patient enrôlé dans l’essai clinique du vaccin anti-COVID de Pfizer à la faculté de médecine de l’université du Maryland à Baltimore, le 4 mai 2020. (Autorisation : Faculté de médecine de l’université du Maryland via AP, File)

L’annonce de Pfizer – la firme est dorénavant sur le point de demander, à la fin du mois, une approbation d’utilisation d’urgence auprès de la FDA (Food and Drug Administration) américaine – a été saluée lundi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a promis de rendre le vaccin disponible en Israël.

Levy, le directeur général du ministère de la Santé, a confirmé plus tard que l’État juif négociait l’achat du vaccin.

« Nous sommes en pourparlers avec Pfizer pour finaliser un contrat », a dit Levy au micro de la radio militaire, après que la presse israélienne a évoqué les pourparlers, qu’elle a qualifiés « d’avancés ».

En plus des accords conclus avec Moderna et Arcturus, Israël a aussi signé un accord avec la firme biotechnologique italienne ReiThera concernant l’approvisionnement d’un vaccin si et quand il sera développé. L’État juif serait également en contact avec la Russie et la Chine pour pouvoir utiliser leurs vaccins si ces derniers s’avèrent efficaces, alors qu’un hôpital de Jérusalem a commandé 1,5 million de doses du vaccin russe au cas où les essais devaient démontrer sa sûreté.

Israël développe également son propre vaccin, à un rythme plus lent. Les essais cliniques sur les humains ont commencé la semaine dernière.

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