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Israël donne 14 jours à une élève de Terminale et à sa mère pour rentrer en Ukraine

Les deux femmes risquent l'expulsion à Kherson malgré l'offensive russe massive ; l'Autorité de la population disant qu'elles ne répondent pas aux critères d'exemption humanitaire

Oksana et sa mère Liza doivent quitter le pays et retourner en Ukraine dans les 14 jours après une décision prise par l'Autorité de la Population et de l'Immigration, qui a estimé qu'elles ne pouvaient pas bénéficier d'une exemption humanitaire. (Autorisation)
Oksana et sa mère Liza doivent quitter le pays et retourner en Ukraine dans les 14 jours après une décision prise par l'Autorité de la Population et de l'Immigration, qui a estimé qu'elles ne pouvaient pas bénéficier d'une exemption humanitaire. (Autorisation)

L’Autorité de la Population et de l’Immigration israélienne a ordonné à une adolescente et à sa mère de quitter le pays dans les deux semaines et de retourner en Ukraine, un pays ravagé par la guerre, après dix années passées au sein de l’État juif.

La jeune fille, Liza, une élève de Terminale qui joue également dans l’équipe israélienne de handball, était dans le pays légalement après le mariage de sa mère, Oksana, avec un Israélien, a fait savoir la Douzième chaîne.

Cependant, ce dernier est décédé récemment et le ministère a décidé de révoquer leur permis de résidence et de refuser leur demande de citoyenneté, affirmant que le mariage semblait être une « relation fictive ».

La mère et sa fille ont reçu l’ordre des autorités de retourner dans la ville ukrainienne de Kherson, qui est au cœur de combats massifs entre les forces ukrainiennes et les Russes, a noté la chaîne.

Elle a fait savoir que le fils d’Oksana servait actuellement dans l’armée ukrainienne dans sa lutte contre les forces russes.

« Au mois de février, quelques heures après que la guerre a commencé en Ukraine, nous avons eu une réunion avec l’Autorité de la population. Mon fils sert dans l’armée ukrainienne et je ressentais un stress immense, ce jour-là, » a dit Oksana.

« Nous avons attendu une réponse pendant six mois et aujourd’hui, nous avons reçu un message qui nous dit que nous devrons quitter Israël dans les quatorze jours », a-t-elle ajouté.

Un militaire ukrainien dans une tranchée sur une position de l’armée ukrainienne entre les villes de Mykolaiv et de Kherson, dans le sud du pays, dans le cadre de l’invasion russe, le 12 juin 2022. (Crédit : Genya SAVILOV / AFP)

Liza a dit se considérer comme israélienne, notant qu’elle a bien l’intention de faire son service militaire obligatoire dans l’armée israélienne, comme c’est le cas de ses amis.

« Je veux vraiment continuer à vivre en Israël. Ma vie est ici, mon enfance s’est déroulée ici et je ne peux pas m’imaginer ailleurs », a-t-elle indiqué. Elle a ajouté que ses amis qui avaient reçu leur premier courrier les conviant pour le service militaire lui demandaient sans discontinuer quand elle recevrait le sien, reconnaissant que « je ne sais pas quoi répondre, je ne sais pas ce que sera l’avenir ».

Une lettre écrite par Hadas Driks, responsable des services de l’immigration en charge des dossiers humanitaires, a déclaré que « un séjour prolongé en Israël ne constitue pas une raison humanitaire justifiant de rester en Israël. Oksana n’a aucune famille en Israël à l’exception de sa fille et, d’un autre côté, elle a un fils et une sœur – avec lesquels elle est restée en contact – qui l’attendent en Ukraine ».

Dans un document distinct qui a été fourni à Oksana et à Liza, l’Autorité de la population, qui fait partie du ministère de l’Intérieur, précise que la mère et la fille « ont l’obligation de quitter le pays dans les quatorze jours suivant la réception de ce courrier ».

Le député Meretz Mossi Raz à la Knesset le 22 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Mossi Raz (Meretz) a appelé les autorités à intervenir, disant qu’ « une lycéenne en Israël qui se rend dans un établissement israélien avec des élèves israéliens, et qui ne connaît aucun autre pays, s’inquiète de sa possible expulsion et de l’expulsion de sa mère ».

Il a ajouté que « toutes deux sont originaires d’Ukraine, l’Ukraine qui est actuellement en guerre. C’est dangereux de retourner là-bas. L’État d’Israël doit faire preuve de beaucoup plus de cœur ».

Dans un post publié sur son compte Twitter, Raz a également demandé à la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, de trouver une solution.

Si elle ne s’est pas engagée à donner une exemption, Shaked a insisté sur le fait que la mère et la fille ne seraient pas expulsées et qu’une politique de ‘non extradition’ prévalait actuellement. Elle n’a néanmoins pas répondu à une demande de commentaire concernant la contradiction entre ses propos et le contenu de la lettre reçue par Liza et Oksana.

L’Autorité de l’Immigration et de la Population a déclaré à la Douzième chaîne qu’en raison des longs séjours faits hors d’Israël par la mère et la fille dans le passé, en plus des incohérences apparaissant dans la relation d’Oksana avec son mari maintenant défunt, une commission avait déterminé que l’État juif « n’était pas au centre de leur vie » et qu’elles ne répondaient pas aux critères nécessaires pour bénéficier d’une exemption humanitaire qui leur permettrait de rester dans le pays.

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