Israël va rouvrir les points de passage de la bande de Gaza et la zone de pêche
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Israël va rouvrir les points de passage de la bande de Gaza et la zone de pêche

La liaison militaire avec les Palestiniens dit que la décision dépend du maintien d'un cessez-le-feu après le regain de violences dans la région en deux jours cette semaine

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des chauffeurs de camion palestiniens attendent pour traverser le point de passage de Kerem Shalom, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 janvier 2018. (Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des chauffeurs de camion palestiniens attendent pour traverser le point de passage de Kerem Shalom, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 janvier 2018. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

Israël a annoncé mercredi qu’il allait rouvrir ses points de passage avec la bande de Gaza, ainsi que la zone de pêche de l’enclave côtière, alors qu’un cessez-le-feu avec les groupes terroristes palestiniens continue d’être en vigueur quelques jours après une éruption de violence.

Dimanche et lundi, le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien a tiré une centaine de roquettes et d’obus de mortier sur le sud d’Israël. En réponse, l’armée israélienne a lancé plusieurs vagues de représailles contre l’organisation à Gaza et – de manière très sporadique – en Syrie.

Les combats se sont terminés tard lundi soir, le Jihad islamique ayant annoncé qu’il cesserait de tirer des roquettes si Israël arrêtait également ses frappes aériennes.

Compte tenu du calme relatif le long de la frontière, Israël a décidé de rouvrir complètement les points de passage d’Erez et de Kerem Shalom et de permettre à nouveau aux pêcheurs palestiniens d’opérer au large de la côte de Gaza, jusqu’à 15 milles nautiques (28 km) du rivage.

Israël avait fermé ces points de passage et la zone de pêche lundi, alors que des roquettes et des obus de mortier frappaient les villes israéliennes proches de l’enclave côtière et prolongé la fermeture mardi et mercredi.

« À la suite d’une nouvelle évaluation de la situation – et en supposant que la stabilité de la sécurité soit maintenue – il a été décidé de remettre en service les points de passage d’Erez et de Kerem Shalom à partir de demain (jeudi) matin. En outre, la zone de pêche reviendra à 15 milles nautiques », a déclaré la liaison militaire israélienne aux Palestiniens dans un communiqué.

Bateaux de pêche dans le port de la ville de Gaza, 25 juin 2019. (Hassan Jedi/Flash90)

Le point de passage de Kerem Shalom constitue le principal terminus de la bande de Gaza pour les marchandises commerciales, ainsi que pour le carburant, tandis qu’Erez est un passage piétonnier emprunté par les hommes d’affaires et les travailleurs palestiniens, ainsi que par les personnes nécessitant un traitement médical.

Au fil des ans, Israël a régulièrement utilisé l’ouverture et la fermeture de ces points de passage ainsi que le rétrécissement et l’extension de la zone de pêche en guise, alternativement, de sanction ou de récompense pour le territoire, que de nombreux groupes de défense des droits humains décrivent comme une forme de punition collective.

Des roquettes sont lancées par des terroristes palestiniens depuis la bande de Gaza en direction d’Israël, 24 février 2020. (AP Photo/Khalil Hamra)

Les combats ont commencé dimanche matin après qu’Israël a tué un membre du Jihad islamique, qui, selon Tsahal, posait une bombe le long de la frontière, puis a envoyé un bulldozer dans la bande pour récupérer le corps, dans une opération filmée qui a provoqué la colère de nombreuses personnes à Gaza et dans le monde entier.

La récupération du cadavre faisait apparemment partie du plan annoncé par le ministre de la Défense Naftali Bennett pour « conserver » les cadavres de terroristes palestiniens afin de les utiliser comme « monnaie d’échange » dans les négociations pour la libération de deux Israéliens et la restitution des dépouilles de deux soldats tombés au combat, détenus par le Hamas dans la bande de Gaza.

En réponse, le Jihad islamique et d’autres groupes terroristes de Gaza ont tiré une centaine de roquettes et d’obus de mortier sur le sud d’Israël. Environ 90 % des projectiles se dirigeant vers les zones peuplées ont été interceptés par le système anti-missile Dôme de fer, selon l’armée israélienne, bien que l’un d’entre eux ait réussi à s’écraser sur un terrain de jeu à Sderot et que des éclats d’obus aient causé des dégâts ailleurs. Il n’y a pas eu de blessés graves du côté israélien.

Une explosion suite à une frappe israélienne sur Gaza City en réponse à des tirs de roquette des terroristes palestiniens au sein de l’enclave côtière vers Israël, le 24 février 2020. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Israël a répondu par plusieurs séries de frappes aériennes à Gaza et en Syrie, tuant au moins deux membres de l’organisation.

Cette flambée s’est produite alors qu’Israël s’efforçait de sceller un accord de cessez-le-feu avec les groupes terroristes de Gaza, après des semaines de tirs de roquettes intermittents et le lancement régulier d’engins explosifs et incendiaires par ballons sur Israël.

L’accord comprendrait des mesures importantes de la part d’Israël pour alléger son blocus sur la bande, qui, selon Jérusalem, est en place pour empêcher les groupes terroristes de l’enclave de s’armer ou de construire des infrastructures de défense.

Comme lors d’une précédente flambée en novembre à la suite de l’assassinat d’un commandant de haut rang du Jihad islamique, le Hamas semble être resté sur la touche lors de la dernière série de combats, signe probable de son désir de parvenir à une trêve à long terme avec Israël qui inclurait des mesures pour mettre fin au blocus.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres et de nombreuses escarmouches depuis que le groupe a pris le contrôle de la bande aux mains de l’Autorité palestinienne en 2007.

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