Israël volera aux côtés du Pakistan et des Emirats arabes aux Etats-Unis
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Israël volera aux côtés du Pakistan et des Emirats arabes aux Etats-Unis

Des pilotes israéliens prendront part à l’exercice Red Flag ce mois-ci, dans le désert du Nevada, pour perfectionner leurs compétences et nouer des connexions

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’aviation israélienne volera aux côtés des avions du Pakistan et des Emirats arabes unis pendant l’exercice Red Flag de l’armée de l’air des Etats-Unis, qui aura lieu dans le désert du Nevada au mois d’août.

Red Flag est considéré comme « un des meilleurs exercices de formation au combat aérien » de l’armée américaine, auquel participent des pays divisés en deux équipes qui simulent des combats pour améliorer à la fois leurs compétences d’aviation et leurs connexions militaires internationales, selon l’armée de l’air américaine.

L’année dernière, les pilotes israéliens avaient pris part à l’exercice Red Flag pour la première fois en six ans.

Pendant la simulation aérienne, les avions de l’armée de l’air israélienne avaient volé, et auraient ravitaillé, des avions de combat jordaniens.

En 2016, il y aura quatre exercices Red Flag à la base aérienne Nellis du Nevada. Le premier a eu lieu entre janvier et février, le deuxième de février à mars, le troisième en juillet, et le quatrième aura lieu entre le 15 et le 26 août, selon l’armée de l’air américaine.

Two F-16 Royal Jordanian Air Force jets (photo credit: CC BY-SA 3.0, by Caycee Cook, US Air Force, Wikimedia Commons)
Deux F-16 de l’armée de l’air royale de Jordanie. Illustration. (Crédit : CC BY-SA 3.0/Caycee Cook,/armée de l’air américaine/WikiCommons)

Israël prendra part à l’exercice d’août, et enverra des avions de combats et des avions cargos à Nellis, a annoncé un porte-parole de l’armée israélienne.

Ces avions seront apparemment rejoint par deux pays musulmans, selon l’armée de l’air américaine.

« Pour le deuxième et le quatrième Red Flag, nous inclurons des acteurs étrangers dont le Royaume-Uni, l’Australie, la Turquie, l’Italie, le Pakistan, les Emirats arabes unis et l’Espagne », a annoncé après l’exercice Red Flag 2015 le colonel Jeffrey Weed, commandant de l’escadron de formation au combat de l’armée de l’air américaine.

Le site internet The Aviationist, dédié aux informations et analyses sur l’aviation, a annoncé que des F-16 pakistanais sont en route vers le désert du Nevada, et ont ravitaillé sur la base américaine de Lajes Field, aux Açores, au Portugal.

L’armée israélienne n’a pas commenté officiellement la présence de pilotes pakistanais ou émiratis à l’exercice Red Flag, se contentant de déclarer que l’exercice était mené par les Américains et qu’Israël se voyait comme un « invité » dans le pays.

Cependant, en début d’année, un responsable de l’armée de l’air israélienne a souligné que, en plus des bénéfices de formations, les exercices militaires internationaux peuvent être vus comme une forme de stratégie diplomatique « indirecte ».

« Voler en-dehors d’Israël est très différent de voler en-dehors de Ramat David », a déclaré le responsable au Times of Israël, en parlant d’une base aérienne située dans le nord d’Israël.

« Vous ne connaissez pas la région, vous ne parlez pas la même langue. Cela vous place devant un miroir, et vous apprenez beaucoup de cela », a-t-il dit.

Et il y a d’autres bénéfices aux entraînements avec des armées étrangères, a-t-il ajouté.

Des avions de combat israéliens et étrangers participent à un entraînement aérien dans un ciel nuageux au dessus du désert du Néguev pendant l'exercice «Blue Flag» à l'aérodrome d'Ovda près d'Eilat le 27 octobre 2015 (Photo: Armée de l'Air israélienne )
Des avions de combat israéliens et étrangers participent à un entraînement aérien dans un ciel nuageux au dessus du désert du Néguev pendant l’exercice «Blue Flag» à l’aérodrome d’Ovda près d’Eilat le 27 octobre 2015 (Photo: Armée de l’Air israélienne )

« [Les exercices internationaux] ne sont pas simplement de nature militaire, mais aussi stratégique, a déclaré l’officier. Et les bénéfices stratégiques ne sont pas toujours directs ; ils peuvent aussi être indirects. »

Bien que n’étant pas considérées comme des « nations ennemies », Israël n’a pas de relations officielles avec le Pakistan et les Emirats arabes unis.

Même si le Pakistan a indiqué qu’il serait prêt à officialiser ses relations avec l’Etat juif une fois qu’il y aurait un accord de paix avec les Palestiniens, les relations entre les deux pays sont souvent complexes.

Il y a eu des informations de contacts discrets entre responsables israéliens et pakistanais, dont un document WikiLeaks indiquant qu’un important responsable militaire pakistanais avait rencontré directement le Mossad israélien.

Le Premier ministre du Pakistan, Nawaz Sharif, à l'Assemblée générale des Nations unies à l'ONU à New York, le 30 septembre 2015 (Crédit : AFP/Jewel Samad)
Le Premier ministre du Pakistan, Nawaz Sharif, à l’Assemblée générale des Nations unies à l’ONU à New York, le 30 septembre 2015 (Crédit : AFP/Jewel Samad)

En public, les deux nations ont peu en commun. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait annulé une réservation dans un restaurant new-yorkais pour éviter d’y manger en même temps que le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif.

Même s’il n’existe pas de relations officielles avec les Emirats arabes unis, un dégel des relations d’Israël avec les états du Golfe a récemment été observé. En novembre, le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold, s’est rendu à Bahreïn pour ouvrir la première mission diplomatique du pays à Abu Dhabi, qui fait partie des Emirats arabes unis.

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