Itamar Ben Gvir expulsé d’une session pour avoir taxé Ahmad Tibi de « terroriste »
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Itamar Ben Gvir expulsé d’une session pour avoir taxé Ahmad Tibi de « terroriste »

Le chef de la Liste arabe unie a demandé à la garde de la Knesset de faire sortir le député d'extrême droite du plénum après qu'il a refusé de l'appeler "M. le vice-président"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le député du sionisme religieux Itamar Ben Gvir (G) a été retiré de force du podium de la Knesset et éjecté de la séance plénière après avoir traité le député de la Liste commune Ahmed Tibi (D) de "terroriste", le 26 juillet 2021. (Capture d'écran : Knesset Channel)
Le député du sionisme religieux Itamar Ben Gvir (G) a été retiré de force du podium de la Knesset et éjecté de la séance plénière après avoir traité le député de la Liste commune Ahmed Tibi (D) de "terroriste", le 26 juillet 2021. (Capture d'écran : Knesset Channel)

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir (Parti sioniste religieux) a été expulsé de force de l’estrade de la Knesset et éjecté de la salle plénière lundi soir après avoir traité de « terroriste » le député de la Liste arabe unie Ahmad Tibi, qui présidait la session.

Ben Gvir, qui est monté sur l’estrade lors d’un débat sur les restrictions liées au coronavirus, a commencé son discours en affirmant : « Avec la permission du président de la Knesset, Monsieur le ministre, Votre Excellence », faisant référence aux responsables présents dans la salle mais pas à Tibi, qui, en tant que vice-président de la Knesset, remplaçait à ce moment-là le président Mickey Levy.

Tibi, qui dirige la faction Taal de la Liste arabe unie, une alliance de partis majoritairement arabes, a interrompu Ben Gvir et a exigé qu’on l’appelle « Monsieur le vice-président », comme le veut la tradition de la Knesset.

Ben Gvir a répondu : « Vous êtes un terroriste, pas un monsieur ou une madame. Vous devriez être à la Knesset de Syrie, pas ici. »

Tibi a alors ordonné à la garde de la Knesset de faire descendre Ben Gvir de l’estrade puis du plénum, mais le député incendiaire s’est accroché à la tribune avant d’être physiquement traîné hors de la salle. Levy, qui est arrivé aux côtés de Tibi, a semblé le soutenir alors que Tibi demandait à plusieurs reprises que Ben Gvir soit expulsé de force du plénum.

L’agitation dans la salle s’est poursuivie pendant plusieurs minutes, alors que les députés du Likud soutenaient avec Tibi qu’il aurait dû chercher une résolution plus pacifique, tandis que Tibi déclarait avoir fait preuve de « la plus grande retenue » envers un député qui l’avait traité de « terroriste ».

Dans une déclaration faisant suite à l’incident, Ben Gvir a refusé de retirer ses propos et a réitéré : « Ahmad Tibi est un terroriste qui a donné aux agents de sécurité des instructions contraires à son autorité. Cela ne passera pas. »

Il a poursuivi : « Aucune clause du règlement de la Knesset ne m’oblige à dire « Monsieur » à celui qui dirige l’assemblée, certainement pas s’il s’agit d’un terroriste qui a été le conseiller de [l’Organisation de libération de la Palestine Yasser] Arafat et qui devrait être au Parlement syrien. »

Ben Gvir a déclaré qu’il demanderait à Levy de démettre Tibi de ses fonctions de vice-président de la Knesset pour abus de pouvoir.

Tibi a également publié une déclaration, fustigeant Ben Gvir pour son insulte et pour avoir refusé de quitter le plénum, obligeant la garde de la Knesset à réagir.

« Il s’agit d’un comportement ignoble, violent et raciste qui doit cesser », a déclaré Tibi, ajoutant que l’incident serait porté devant la commission d’éthique de la Knesset, qui doit encore être formée.

Ben Gvir est entré à la Knesset lors des élections de mars après avoir fusionné son parti d’extrême droite Otzma Yehudit avec le Parti sioniste religieux, dans le cadre d’un accord négocié par le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu.

Otzma Yehudit est composé d’adeptes du rabbin raciste Meir Kahane, ancien député dont le parti Kach a été banni de la Knesset dans les années 1980 – le premier cas d’interdiction d’un parti pour racisme. Otzma Yehudit encourage l’émigration des non-Juifs d’Israël et l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent de déclarer leur loyauté à Israël et d’accepter un statut réduit dans un État juif élargi dont la souveraineté s’étendrait à toute la Cisjordanie.

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