Jérusalem dément la planification d’un grand quartier juif au-delà de la Ligne verte
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Jérusalem dément la planification d’un grand quartier juif au-delà de la Ligne verte

Le président de la commission municipale de planification envisagerait la construction de 15 000 unités de logement sur le site de l'aéroport désaffecté d'Atarot

Ilan Ben Zion est journaliste au Times of Israel. Il est titulaire d'une maîtrise en diplomatie de l'Université de Tel Aviv et d'une licence de l'Université de Toronto en études du Proche-Orient et en études juives

Le maire de Jérusalem Nir Barkat  et le ministre de la protection de l'environnement d'alors Avi Gabbay (deuxième à gauche)  lors de la cérémonie d'ouverture de l'usine de recyclage Greenet dans la zone industrielle d'Atarot, au nord de Jérusalem, le 16 juin 2015  (Photo: Yonatan Sindel / Flash90)
Le maire de Jérusalem Nir Barkat et le ministre de la protection de l'environnement d'alors Avi Gabbay (deuxième à gauche) lors de la cérémonie d'ouverture de l'usine de recyclage Greenet dans la zone industrielle d'Atarot, au nord de Jérusalem, le 16 juin 2015 (Photo: Yonatan Sindel / Flash90)

Dimanche, la municipalité de Jérusalem a démenti travailler sur un plan pour construire un important quartier juif sur le site d’un aéroport désaffecté au nord de Jérusalem au-delà de la Ligne verte.

Selon un article paru sur le site Walla News, l’initiative de construire 15 000 logements pour des Juifs israéliens à Atarot, et un autre quartier de 3 000 unités de logement pour les Arabes adjacent à Beit Hanina, est le premier plan de développement majeur proposé au-delà la Ligne verte depuis deux décennies.

La municipalité a démenti l’intention de construire un nouveau quartier à Atarot. « L’idée a été soulevée par le passé par divers officiels, mais compte tenu de la pénurie de centres d’affaires dans la ville, le maire a ordonné le développement de lieux de travail sur le site, ce qui apportera un développement économique et la création de beaucoup d’emplois », peut-on lire dans un communiqué.

Atarot, situé au nord de Jérusalem, se trouve au-delà de la ligne d’armistice de 1949 qui séparait Israël et la Jordanie. C’est le site d’une grande zone industrielle, où la ville a ouvert une usine de recyclage l’an dernier.

L’article a été publié lors de Yom Yeroushalayim, qui commémore la conquête par Israël de la moitié jordanienne de la ville pendant la guerre des Six jours en 1967.

Selon l’article de Walla, le plan de construction est en attente d’approbation par l’ingénieur municipal et du président de la commission municipale de planification et de construction. Ils devraient rencontrer des fonctionnaires du ministère des Finances pour leur présenter le plan, qui construirait une des rares étendues vierges dans la capitale.

Le check-point de Qalandiya près de la zone industrielle d'Atarot, entre Jérusalem-Est et la Cisjordanie, le 7 avril 2015. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)
Le check-point de Qalandiya près de la zone industrielle d’Atarot, entre Jérusalem-Est et la Cisjordanie, le 7 avril 2015. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Selon Walla, des officiels de l’hôtel de ville visent à promouvoir le projet de développement à travers le processus d’approbation et de planification dans l’année à venir.

Malgré le tollé international prévisible sur la question, le président de la commission de planification Meir Turgeman a été cité comme disant qu’il « ne voit pas de problème d’un point de vue politique parce que le site était un aéroport israélien ».

L’aéroport d’Atarot, qui est hors d’usage depuis le déclenchement de la deuxième Intifada en 2001, a été construit par les Britanniques sur des terres expropriées d’une implantation juive et a été achevé en 1936. Le village juif d’Atarot a été détruit lors de la guerre d’Indépendance de 1948.

« Je veux apporter des solutions à l’ensemble de la population de la ville. Il y a des jeunes couples parmi les Arabes, les ultra-orthodoxes et le grand public », a déclaré Turgeman.

Le député Nachman Shai (Union Sioniste) a averti dimanche que toute cette construction conduirait à une condamnation internationale. De précédentes annonces de plans de construction à Jérusalem-Est ont conduit à de véhémentes protestations des gouvernements dans le monde entier.

Shai, qui dirige le lobby de Jérusalem à la Knesset, a déclaré que le gouvernement israélien « a réussi comme d’habitude à gâcher un jour de fête, cette fois avec un plan de construction qui ne sert qu’à attiser l’opposition internationale et aggraver le différend sur Jérusalem, et qui finalement ne va pas pas aboutir ».

L’organisation Ir Amim, qui est également opposée au quartier prévu, a dit : « Il est dommage qu’à la place de plans authentiques pour promouvoir l’égalité et réduire les tensions dans la ville, ils essaient de vendre au public des plans de construction controversés dont la mise en œuvre est douteuse ».

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