« Jérusalem est notre ville », déclare le président turc Erdoğan
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« Jérusalem est notre ville », déclare le président turc Erdoğan

Le président turc a déclaré devant les députés, à Ankara, que le peuple palestinien vivait dans la capitale "depuis des millénaires"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan inspecte une garde d'honneur militaire au parlement, à Ankara, Turquie, le 1er octobre 2020. (Présidence turque via AP. Pool)
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan inspecte une garde d'honneur militaire au parlement, à Ankara, Turquie, le 1er octobre 2020. (Présidence turque via AP. Pool)

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a laissé entendre jeudi que Jérusalem appartenait à la Turquie, en référence au fait que la ville avait été sous le contrôle de l’Empire ottoman pendant une grande partie de l’ère moderne.

« Dans cette ville que nous avons dû quitter en larmes pendant la Première Guerre mondiale, il est encore possible de croiser des traces de la résistance ottomane. Donc Jérusalem est notre ville, une ville qui vient de nous », a-t-il déclaré aux législateurs turcs lors d’un important discours politique à Ankara. « Notre première qibla [direction de la prière en Islam] al-Aqsa et le Dôme du Rocher à Jérusalem sont les mosquées symboliques de notre foi. De plus, cette ville abrite les lieux saints du christianisme et du judaïsme. »

L’Empire ottoman a régné sur Jérusalem de 1516 à 1917. La Turquie moderne, son État successeur, a longtemps souligné son lien durable avec la ville sainte, condamnant régulièrement les prétendus efforts d’Israël pour la « judaïser » et rejetant la reconnaissance de la ville comme capitale d’Israël par l’administration américaine en décembre 2017.

Jérusalem est la capitale d’Israël depuis la fondation du pays, et le peuple juif compte des milliers d’années d’histoire dans la ville, étayées par d’importantes découvertes archéologiques.

Erdoğan a passé plusieurs minutes à déplorer le sort de Jérusalem et le sort des Palestiniens au cours du long discours qu’il a prononcé pour l’ouverture de la nouvelle session législative du parlement turc.

« Une autre crise que notre pays et notre nation suivent attentivement est l’oppression d’Israël contre les Palestiniens et les pratiques indifférentes qui ne respectent pas l’intimité de Jérusalem », a-t-il déclaré à la fin de son discours.

« La question de Jérusalem n’est pas qu’un problème géopolitique ordinaire pour nous. Tout d’abord, l’aspect physique actuel de la vieille ville, du cœur de Jérusalem, a été construit par Soliman le Magnifique, avec ses murs, son bazar et ses nombreux bâtiments. Nos ancêtres ont montré leur respect pendant des siècles en gardant cette ville en haute estime. »

Le peuple palestinien vit à Jérusalem « depuis des milliers d’années, mais il a été occupé et ses droits ont été violés », a poursuivi le dirigeant turc.

Le président turc Erdoğan salue les législateurs au parlement, à Ankara, Turquie, le 1er octobre 2020. (Présidence turque via AP / Pool)

Il a ensuite juré de « porter une attention particulière » à la question palestinienne.

« Nous nous faisons honneur, au nom de notre pays et de notre nation, d’exprimer sur chaque tribune les droits du peuple palestinien opprimé, avec lequel nous avons vécu pendant des siècles », a-t-il déclaré. « Il est entendu que nous suivrons non seulement la cause palestinienne, la plaie sanglante de la conscience mondiale, mais aussi le cas de Jérusalem, jusqu’au bout. »

Le ministère israélien des Affaires étrangères a refusé de commenter le discours d’Erdoğan.

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