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Jérusalem : La grève des enseignants se poursuit

Les ganim et écoles primaires ouvriront à 10h ; le Syndicat des enseignants d’Israël aurait déclaré qu'une partie différente du pays pourrait être perturbée chaque jour

Illustration : Une classe vide de Beit Hakerem, à Jérusalem, le 10 février 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Illustration : Une classe vide de Beit Hakerem, à Jérusalem, le 10 février 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Les écoles et les jardins d’enfants de la région de Jérusalem et de certaines parties du centre d’Israël et de la Cisjordanie sont restés fermés dimanche matin, les portes ne devant s’ouvrir qu’à 10 heures, dans le cadre de la dernière action menée par les enseignants en grève.

Cette perturbation s’inscrit dans le cadre d’une lutte permanente du Syndicat des enseignants israéliens pour de meilleures conditions de travail.

Seuls les jardins d’enfants, les écoles élémentaires et les collèges étaient concernés par l’action – les lycées et les établissements d’éducation spécialisée ont fonctionné comme d’habitude.

Les zones touchées sont les suivantes : Abu Ghosh, Efrat, Beit Aryeh-Ofarim, Beit El, Beit Shemesh, Beitar Illit, Vallée du Jourdain, Givat Zeev, Gush Etzion, Har Adar, Hebron, Jérusalem, Mevaseret Zion, Megilot, Modiin Maccabim-Reut, Modiin Illit, Mateh Binyamin, Mateh Yehuda, Maale Adumim, Maale Ephraim, Kiryat Arba et Kiryat Yearim.

Jeudi, les établissements d’enseignement public ont ouvert tard dans tout le centre d’Israël, à l’exception de Tel Aviv.

Selon le site d’information Ynet, le syndicat des enseignants prévoit d’appeler à la grève chaque jour dans une région différente du pays jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites – l’année scolaire se termine à la fin du mois, ce qui signifie que les dirigeants syndicaux disposent d’une période limitée pour atteindre leurs objectifs.

Des enseignants d’écoles de tout le pays manifestent dans le cadre d’un conflit social, à Tel Aviv, le 22 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les dirigeants du Syndicat des enseignants d’Israël devaient rencontrer des responsables du ministère des Finances dimanche.

Les représentants du gouvernement et des syndicats négocient un nouvel accord salarial dans le cadre du prochain budget de l’État.

Au cœur de ce bras de fer se trouvent les réformes prévues par le ministère des Finances pour réduire le pouvoir du Syndicat des enseignants, notamment en permettant aux directeurs d’école de licencier du personnel sans intervention du syndicat et en réduisant l’écart de rémunération entre les anciens et les nouveaux enseignants en fixant les salaires en fonction des compétences, et non des années d’expérience.

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman, a également proposé que le nombre de jours de vacances dans le système scolaire soit ajusté pour se rapprocher du nombre de jours de vacances offerts aux travailleurs, afin d’alléger la pression sur les parents qui travaillent.

Le syndicat exige que les nouveaux enseignants gagnent un salaire mensuel de 10 000 shekels ainsi qu’une augmentation significative des salaires des enseignants expérimentés, selon le site d’information Ynet, qui précise que certains enseignants de longue date ne gagnent que 7 500 shekels par mois.

Yaffa Ben-David, cheffe du syndicat des enseignants, lors d’une manifestation d’enseignants israéliens réclamant de meilleurs salaires et conditions de travail à Tel Aviv, le 30 mai 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Dans une interview après la grève de jeudi, la secrétaire générale du Syndicat des enseignants, Yaffa Ben-David, a déploré que le dernier accord salarial avec le ministère des Finances ait été conclu en 2019.

« Je prendrai toutes les mesures légales à notre disposition pour sauver le système éducatif qui s’effondre, y compris une grève générale s’il le faut », a-t-elle menacé ; elle a également exprimé son désir de déplacer les fonctionnaires du ministère des Finances de leur position actuelle.

Ben David a affirmé bénéficier d’un large soutien des parents dans la lutte du syndicat et les a exhortés à élever la voix.

Ben David a accusé le ministère de traîner les pieds dans ce désaccord, affirmant que les fonctionnaires voulaient payer les enseignants débutants 8 200 shekels par mois. « Nous l’avons exclu. Qui acceptera pour 8 200 shekels  ? »

Le ministre des Finances Avigdor Liberman, au centre, pendant une conférence de presse, aux côtés de Ron Tomer, président de l’Association des fabricants israéliens, à gauche, et de Merom Schiff, du Conseil national des Parents, au ministère des Finances de Jérusalem, le 29 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La fragile coalition à laquelle Liberman appartient pourrait encore compromettre ses réformes. La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton a menacé de voter contre le budget à moins que les demandes des enseignants ne soient satisfaites sur le fond.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton a apporté son soutien à la cause des enseignants dans un message en ligne mercredi, déclarant que la lutte pour une augmentation de salaire est une « cause juste et importante ».

« Leur cause est pour tout le monde. Il s’agit de l’avenir de l’État. Il appartient aux responsables des finances d’éviter les perturbations en ouvrant la voie et en accélérant les négociations instamment », a écrit la ministre.

La directrice du syndicat, Ben David, a fait le tour des médias israéliens en insistant sur le fait que les enseignants israéliens étaient payés deux tiers de moins que la moyenne des pays de l’OCDE, un indice couramment cité des économies riches.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Mais une analyse réalisée par le radiodiffuseur public Kan a révélé que l’écart était beaucoup plus faible si l’on procède à une analyse plus nuancée – en tenant compte des primes et de la rémunération supplémentaire en fonction de l’expérience. La chaîne a conclu que les enseignants israéliens étaient en réalité tout autant payés voire même plus que l’enseignant moyen des pays de l’OCDE.

Pour compliquer encore les choses, les écoles du pays sont confrontées à une importante pénurie d’enseignants.

Dans le cadre des actions menées par le syndicat des enseignants israéliens, au moins 20 000 enseignants et leurs sympathisants ont manifesté à Tel Aviv fin mai pour réclamer une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail.

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