Jérusalem renonce à rebaptiser les rues de Silwan avec des noms de rabbins
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Jérusalem renonce à rebaptiser les rues de Silwan avec des noms de rabbins

Les résidents de ce quartier majoritairement arabe avaient porté plainte devant la Cour suprême, disant que donner le nom de chefs spirituels juifs à leurs rues les marginalisait

Vue du quartier de Silwan, à Jérusalem Est, le 3 décembre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
Vue du quartier de Silwan, à Jérusalem Est, le 3 décembre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

La municipalité de Jérusalem est revenue jeudi sur une décision de rebaptiser les rues du quartier de Silwan, à Jérusalem-Est, en leur donnant les noms d’éminents rabbins.

Un responsable de la municipalité a déclaré qu’une visite dans la zone avait permis de clairement établir que les résidents étaient en majorité arabes et qu’une recommandation avait été faite de donner aux rues des noms plus neutres, a fait savoir le site d’information Walla.

Une commission de la ville avait approuvé, au mois de juin 2019, une proposition de rebaptiser les rues du secteur en leur donnant les noms de leaders communautaires et de rabbins juifs yéménites qui avaient vécu à Silwan dans le passé – notamment ceux des rabbins Avraham Al-Naddaf, Shalom Halevi Elsheich et Yosef Medmoni.

Cette proposition avait rencontré des résistances internes mais le bureau du maire avait affirmé que les rues y figurant n’accueillaient pas d’habitants palestiniens et que le plan pouvait donc aller de l’avant.

Les résidents de Silwan avaient porté plainte contre cette décision devant la Cour suprême, arguant que « donner des noms aux rues et aux ruelles d’un quartier où les résidents sont arabes à une écrasante majorité empiète sur leurs droits à l’identité et au respect ».

La plainte soulignait que donner de force des noms juifs aux rues du quartier était un signe de mépris de l’héritage, de l’identité et de la culture des résidents et équivalait à une tentative de les mettre en marge des espaces publics de la ville.

L’Association pour les droits civils en Israël, qui avait porté plainte auprès de la cour au nom de 27 habitants du quartier, a salué la décision prise jeudi par la municipalité.

« C’est une bonne chose que la municipalité ait réexaminé la question mais il est honteux qu’il ait fallu une plainte pour amorcer ce processus », a indiqué l’association.

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