Jérusalem : Un septuagénaire brutalement tué par son codétenu dans une prison
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Jérusalem : Un septuagénaire brutalement tué par son codétenu dans une prison

La famille déclare qu'un prisonnier qui traversait un épisode psychotique a été placé dans la même cellule qu'Avi Ben Shahar ; des actions disciplinaires ont été entreprises

Avi Ben Shahar sur une image vidéo non-datée, après avoir été attaqué par son codétenu (Capture d'écran/Douzième chaîne)
Avi Ben Shahar sur une image vidéo non-datée, après avoir été attaqué par son codétenu (Capture d'écran/Douzième chaîne)

Un septuagénaire est mort au début du mois, un an après avoir été brutalement agressé par son codétenu dans une prison de Jérusalem, a fait savoir samedi la Douzième chaîne.

Selon la chaîne, Avi Ben Shahar, 70 ans, qui vivait dans l’implantation de Kochav HaShahar en Cisjordanie, avait été arrêté l’année dernière. Le reportage n’a pas précisé le motif de son arrestation. C’était la première fois qu’il était appréhendé.

Il était apparemment apparu devant le tribunal, et les membres de sa famille avaient indiqué être inquiets pour son bien-être, réclamant une étroite surveillance. Le magistrat aurait accepté et une ordonnance avait été émise dans ce sens.

Quelques jours plus tard, le Service israélien des prisons aurait fait entrer dans sa cellule un homme qui a été décrit comme violent, qui aurait été sous l’influence de stupéfiants et au beau milieu d’une crise psychotique.

Hussein Abu Taa, résident de Jérusalem-Est de 25 ans et expert en arts martiaux, avait été arrêté après des agressions présumées contre des membres de sa famille, des passants et des agents de police.

Les enfants de Ben Shahar ont expliqué que peu après minuit, Abu Taa avait brutalement attaqué leur père alors qu’il était en train de dormir. Il aurait fallu, selon eux, plusieurs minutes aux surveillants pénitentiaires pour se préparer avant d’entrer dans la cellule. Certains d’entre eux auraient été blessés pendant l’attaque.

Hillel Ben Shahar, à gauche, et Shula Hadad, à droite, dont le père est mort un an après une attaque dans une prison dans un reportage diffusé le 23 août 2020 (Capture d’écran : Douzième chaîne)

« Cela a été un lynchage alors que mon père était endormi », a dit le fils du défunt, Hillel Ben Shahar, devant les caméras de la chaîne. « Il ne savait pas ce qui allait lui arriver, l’ange de la mort. C’est seulement un acte de négligence dément ».

« Son visage ne pouvait plus être identifié. Il était recouvert de bleus, ses oreilles ont été sectionnées. Il avait des fractures dans la cavité oculaire, son nez était rentré dans son squelette. Il a eu la mâchoire et des côtes cassées », a continué la fille de Ben Shahar, Shula Hadad.

Après une année de soins hospitaliers et d’interventions chirurgicales, Ben Shahar est mort.

La famille espère qu’Abu Taa serait mis en examen pour la mort de Ben Shahar, estimant également que c’était le Service pénitencier israélien qui devait assumer la responsabilité d’avoir placé les deux hommes dans la même cellule.

« Pour nous, notre père était dans un endroit sûr. Il était supposé être en sécurité entre leurs mains. Jamais nous n’aurions imaginé ce qu’il s’est passé », s’est exclamé Hada. « Je vis un cauchemar. Je veux me réveiller et me rendre compte que c’était un cauchemar ».

Le Service pénitencier a répondu à cette information, disant dans un communiqué qu’une enquête avait été ouverte et que des sanctions disciplinaires avaient été appliquées en raison de cet incident.

« Cela a été un incident inhabituel et malheureux que le Service n’a pas pris à la légère. Cet incident est survenu sans informations transmises par les renseignements et sans signes préliminaires », a dit le communiqué. « Suite aux recommandations de l’enquête, le commandant du centre de détention a été soumis à une action disciplinaire, il a quitté son poste et il ne pourra plus occuper de fonctions de direction. Des mesures disciplinaires ont été prises à l’encontre de trois autres responsables qui ont quitté leurs postes ».

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