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Jérusalem, une ville divisée sur son prochain maire jusqu’au bout du scrutin

Le vote dans la capitale semble très ouvert et va vraisemblablement se diriger vers un second tour

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

  • Le candidat à la mairie de Jérusalem, Ofer Berkovich, prie au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le jour des élections municipales, le 30 octobre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Le candidat à la mairie de Jérusalem, Ofer Berkovich, prie au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le jour des élections municipales, le 30 octobre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Le candidat à la mairie de Jérusalem Moshe Lion prie au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018. (Photo : Yonatan Sindel/Flash90)
    Le candidat à la mairie de Jérusalem Moshe Lion prie au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018. (Photo : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Le candidat à la mairie de Jérusalem, Yossi Daitch, prie au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le jour des élections municipales, le 30 octobre 2018. (Aharon Krohn/Flash90)
    Le candidat à la mairie de Jérusalem, Yossi Daitch, prie au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le jour des élections municipales, le 30 octobre 2018. (Aharon Krohn/Flash90)
  • Le candidat à la mairie de Jérusalem Zeev Elkin et son fils prient au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018. (Aharon Krohn/Flash90)
    Le candidat à la mairie de Jérusalem Zeev Elkin et son fils prient au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018. (Aharon Krohn/Flash90)

Le soleil se lève le jour des élections, mardi matin, tous les candidats à la mairie de Jérusalem se dirigent vers le mur Occidental pour une dernière prière préélectorale – et une séance photo.

Partout dans la capitale, des voitures recouvertes d’affiches de campagne font résonner les jingles de leurs candidats respectifs. De jeunes militants énergiques ont réussi à convaincre des électeurs indécis de se rendre aux bureaux de vote pour apporter quelques voix supplémentaires à leur candidat.

Pendant ce temps, à Jérusalem Est, les habitants arabes de la ville ont en grande partie boycotté les élections municipales, comme toujours.

Dans le quartier arabe de Sur Baher, la ville natale de Ramadan Dabash, qui fait date en dirigeant une liste exclusivement palestinienne, un sondage a révélé que plusieurs centaines de personnes étaient présentes mardi matin pour voter. Cependant, dans d’autres quartiers, seulement quelques douzaines de bulletins de vote ont été déposés, selon des chiffres non officiels.

Au début du scrutin, Moshe Lion, qui est soutenu par les factions ultra-orthodoxes Shas et Degel HaTorah, a attiré l’attention et quelques moqueries sur les réseaux sociaux pour la taille anormale des caractères sur son bulletin, par rapport aux concurrents (une initiative apparemment suggérée par son équipe de campagne et non par le règlement électoral).

Des bulletins dans un bureau de vote le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018, à Jérusalem. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Tout au long de la journée, son équipe de campagne a fièrement partagé des photos de rabbins éminents, dont le Grand Rabbin séfarade Yitzhak Yosef, votant pour Lion et le Shas (Yosef a ensuite demandé à ce que la photo ne soit pas diffusée).

Alors que les écoles élémentaires prenaient l’apparence de bureaux de vote – où les proclamations et les vœux des candidats s’opposaient souvent aux décors enfantins des isoloirs – Ofer Berkovitch, candidat du parti Hitorerut à la mairie, a été photographié sous une bannière qui exhortait les élèves : « Il faut gagner honnêtement et perdre avec honneur. »

Dans deux bureaux de vote du quartier de Rehavia, les électeurs semblaient divisés comme d’habitude, souvent selon des critères religieux et communautaires, sur la personne la plus apte à exercer cette fonction.

Aux côtés de Lion et Berkovitch, Zeev Elkin, ministre des Affaires de Jérusalem du parti Likud au pouvoir, Yossi Deitsch, maire adjoint ultra-orthodoxe de Jérusalem, et Avi Salman, peu connu, étaient également en lice.

Un seul candidat doit remporter 40 % des suffrages mardi pour être élu maire. Si aucun des candidats n’atteint le score, et aucun n’est en passe de l’atteindre, un second tour de scrutin aura lieu le 13 novembre entre les deux candidats ayant obtenu le plus de voix.

Le candidat à la mairie de Jérusalem, Ofer Berkovich, et son épouse Dina ont voté le matin des élections municipales, le 30 octobre 2018, à Jérusalem (Crédit : Hadas Parush/Flash90).

À l’extérieur d’un bureau, une poignée d’étudiants de l’université hébraïque séculière de Jérusalem ont présenté Berkovitch comme étant le seul candidat qu’ils peuvent raisonnablement soutenir dans la course.

« Tous les autres sont religieux, Haredi ou « Bibiste », a fait remarquer un étudiant de 24 ans, qui a demandé à être identifié uniquement comme Michael, en se référant aux inconditionnels du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

En sortant du bureau de vote, Dorit Peleg, une habitante orthodoxe moderne de la ville depuis 25 ans, a déclaré qu’elle avait voté pour Elkin parce qu’il est « de droite et religieux » et en raison de son programme pour la propreté de la ville.

Un Israélien accroche des affiches de campagne pour les élections municipales dans le centre de Jérusalem le 30 octobre 2018 (Crédit : THOMAS COEX / AFP)

Pense-t-elle qu’il va gagner ? « Aucune idée », a-t-elle répondu. « D’après ce que j’ai entendu à la radio ce matin, pas vraiment. »

Tout près, dans la rue Ussishkin – où M. Lion avait voté plus tôt dans la journée – un ami d’enfance de Berkovitch a dit qu’il soutiendrait son vieil ami par loyauté et parce qu’il soutient une Jérusalem pluraliste.

Meir, 36 ans, a exprimé l’espoir que Berkovitch l’emporterait mardi. Mais s’il y avait un deuxième tour, il a prédit : « Elkin va l’emporter. »

Laurence Nachmani, une femme pratiquante venue de France en Israël il y a 25 ans, a déclaré qu’elle n’avait pas soutenu Lion dans sa course de 2013 contre Nir Barkat, mais le fera maintenant parce que « maintenant Berkovitch est arrivé et je ne veux pas d’une guerre civile » sur les questions religieuses dans cette ville.

Mais Avraham Gamrasani, un habitant de Jérusalem d’âge moyen qui se décrit lui-même comme un traditionaliste, a dit qu’il avait soutenu Lion – avant son alliance avec le parti Shas et son chef, Aryeh Deri. Elkin a de « bonnes intentions », a-t-il dit, mais cela ne suffit pas. Il allait voter pour Deitsch, qu’il a décrit comme « un homme de bien ».

L’une des questions qui planent au-dessus de l’élection à Jérusalem est de savoir si les électeurs Haredi (plus d’un tiers du vote juif) soutiendraient le candidat Lion, ou le candidat ultra-orthodoxe, à savoir Deitsch.

Mazal Bitan, une femme Haredi qui a toujours soutenu Shas, a indiqué choisir le premier.

« Tout ce que nos rabbins nous disent de faire, nous le faisons », a-t-elle affirmé solennellement, après être sortie de l’immeuble où elle a voté pour Lion.

Adam Rasgon a contribué à cet article.

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