Joe Biden charge Amos Hochstein de superviser un projet énergétique controversé
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Joe Biden charge Amos Hochstein de superviser un projet énergétique controversé

Envoyé du département d'État, ce natif d'Israël supervisera l'application de l'accord du gazoduc Nord Stream 2 - qui pourrait permettre à la Russie d'utiliser le gaz comme arme

Un ouvrier de construction russe dans la baie de Portovaya, à environ 170 kilomètres de St. Petersburg, en Russie, pendant une cérémonie marquant le lancement de la construction du gazoduc Nord Stream, le 9 avril 2010. (Crédit : AP Photo/Dmitry Lovetsky, file)
Un ouvrier de construction russe dans la baie de Portovaya, à environ 170 kilomètres de St. Petersburg, en Russie, pendant une cérémonie marquant le lancement de la construction du gazoduc Nord Stream, le 9 avril 2010. (Crédit : AP Photo/Dmitry Lovetsky, file)

Le président américain a désigné son ancien proche conseiller Amos Hochstein au poste d’envoyé sur les questions énergétiques du département d’État. Il est dorénavant chargé de la mise en œuvre d’un accord portant sur un projet de gazoduc controversé, ont fait savoir certains médias dans la journée de lundi.

L’administration Biden a annoncé, le mois dernier, qu’elle avait trouvé un accord avec l’Allemagne qui permettra l’achèvement de la construction du gazoduc Nord Stream 2 russe vers l’Europe – sans imposition de sanctions américaines supplémentaires, des sanctions qui avaient été décidées par l’ancien président Donald Trump qui avait tenté, de son côté, de bloquer ce plan.

Ce projet de gazoduc autorise Moscou à contourner l’Ukraine, la Pologne et d’autres pays d’Europe centrale et orientale qui collectent des frais de transit sur l’énergie.

Hochstein, né en Israël, s’était ouvertement opposé au projet, qui avait été qualifié de « crise existentielle pour l’Ukraine ». Même l’administration Biden avait reconnu que le gazoduc était « un projet géopolitique du Kremlin qui menace la sécurité énergétique européenne » – tout en considérant le plan comme dorénavant irréversible. L’accord devrait être terminé dans les prochains mois.

Un responsable de l’administration Biden a estimé que la nomination de Hochstein, qui n’exige pas une confirmation de la part du Congrès, était prévue depuis un certain temps et qu’elle ne représentait pas un « changement de cap » de la politique américaine en raison des critiques du conseiller sur l’accord, a fait savoir Axios.

Une source ayant travaillé avec Hochstein sur des dossiers liés à l’énergie, dans le passé, a déclaré que cette nomination était une tentative de la part de l’administration de Washington d’utiliser ses antécédents bagarreurs sur la question pour rendre l’accord plus acceptable.

« On tente de dissimuler cet accord terrible derrière sa crédibilité, dans l’espoir que cela fera oublier au public l’extrême médiocrité de l’accord », a ajouté la source, qui a été citée par Axios.

D’autres ont expliqué espérer que Hochstein chapeauterait un changement de politique concernant l’accord de gazoduc qui, selon ses opposants, pourrait permettre à la Russie d’utiliser comme arme les approvisionnements énergétiques.

Une source proche du président ukrainien Volodymyr Zelensky a confié à Axios que la désignation de Hochstein pouvait montrer une « reconnaissance de ce que la politique, jusqu’à maintenant, n’a pas été une réussite et cette nomination vise peut-être réellement à améliorer le cours réel des événements – ce n’est peut-être pas seulement une nomination de façade ».

Un ouvrier de construction russe dans la baie de Portovaya, à environ 170 kilomètres de St. Petersburg, en Russie, pendant une cérémonie marquant le lancement de la construction du gazoduc Nord Stream, le 9 avril 2010. (Crédit : AP Photo/Dmitry Lovetsky, file)

Dans le passé, Hochstein a travaillé au poste d’envoyé spécial pour les affaires énergétiques internationales au sein du département d’État, entre 2014 et 2017, une période pendant laquelle il avait conseillé Joe Biden, qui était alors vice-président, sur les questions mondiales liées à l’énergie.

Au mois de novembre dernier, Hochstein avait indiqué que réintégrer les États-Unis dans l’accord sur le nucléaire – JCPOA – conclu entre l’Iran et les puissances mondiales sur le programme nucléaire de la république islamique – était une haute priorité pour Biden.

Hochstein, qui avait supervisé les sanctions énergétiques appliquées à l’Iran pendant le mandat de l’ancien président Barack Obama, avait précisé que Biden voulait inclure « certains changements » dans le pacte conclu avec la république islamique en 2015 – et abandonné par Trump en 2018 – et notamment sa date d’expiration.

Après le départ de Trump de l’accord, l’Iran a répondu en s’éloignant des engagements pris dans le cadre du JCPOA, enrichissant notamment son uranium à un niveau sans précédent – un niveau dorénavant proche de celui qui est nécessaire dans la fabrication d’une arme atomique.

Des négociations placées sous les auspices de l’Union européenne sont en cours à Vienne pour tenter de redonner vie à ce pacte moribond. Mais les derniers pourparlers remontent maintenant au 20 juin et aucune date n’a été fixée pour leur reprise.

Les puissances occidentales craignent que l’arrivée au pouvoir du nouveau président iranien Ebrahim Raissi, qui appartient à la ligne radicale du régime, n’ait fait disparaître toute chance réaliste de reprise de l’accord.

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