Jordanie: des armes destinées aux rebelles syriens détournées
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Jordanie: des armes destinées aux rebelles syriens détournées

Des millions de dollars d'armements ont été détournés par des responsables des services secrets jordaniens

Le roi Abdallah de Jordanie à la conférence sur la sécurité de Munich, en Allemagne, le 12 février 2016. (Crédit : capture d'écran)
Le roi Abdallah de Jordanie à la conférence sur la sécurité de Munich, en Allemagne, le 12 février 2016. (Crédit : capture d'écran)

Des responsables des services secrets jordaniens ont détourné vers le marché noir des millions de dollars d’armements destinés aux rebelles syriens, selon le New York Times et Al-Jazeera.

Ces armes avaient été expédiées en Jordanie par la CIA et l’Arabie saoudite pour être distribuées aux rebelles syriens, selon les deux médias qui citent des sources anonymes américaines et jordaniennes.

Certaines de ces armes, dont l’origine a été retracée grâce aux numéros de série, avaient été utilisées lors de l’attaque contre un centre de la police jordanienne en novembre, dans laquelle deux Américains avaient été tués.

Interrogés par l’AFP, ni la CIA, ni le FBI (chargé de l’enquête sur la mort des deux Américains) n’ont voulu confirmer ou infirmer ces informations.

Les armes détournées par des responsables jordaniens comprennent notamment des kalachnikov, des mortiers et des grenades propulsées, selon les deux médias, affirmant que le marché noir jordanien est désormais très bien approvisionné.

Les enquêteurs estiment que beaucoup des armes ont terminé dans les mains de tribus jordaniennes, de criminels, ou sont reparties vers d’autres pays.

La CIA et les services secrets arabes apportent un soutien depuis 2013 aux rebelles syriens à travers la Jordanie, dans une opération appelée « Timber Sycamore ».

Cette opération est clandestine et n’est pas reconnue par le gouvernement américain, qui officiellement ne combat pas militairement le régime de Bachar al-Assad.

Des milliers de rebelles en ont bénéficié, selon les deux médias.

Le programme est à distinguer de l’aide ouvertement apportée par le Pentagone aux combattants kurdes et arabes qui ne se battent que contre le groupe Etat islamique.

En novembre dernier, un capitaine de la police jordanienne avait ouvert le feu dans un centre d’entraînement de la police en Jordanie, où des experts internationaux entraînent des policiers jordaniens et parfois étrangers.

L’attaque avait coïncidé avec le dixième anniversaire des attentats suicide revendiqués par Al-Qaïda contre des hôtels à Amman, dans lesquels une soixantaine de personnes avaient été tuées et des dizaines d’autres blessées le 9 novembre 2005.

Le ministre de l’Intérieur jordanien Salama Hammad avait qualifié l’attaque du policier « d’acte isolé », motivée par des « facteurs psychologiques » après « pressions financières et sociales ».

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