« Jour de colère » des haredim réfractaires au service militaire
Des routes ont été bloquées , des heurts ont opposé manifestants et automobilistes ; un homme est monté sur une voiture qui avait forcé un barrage routier des protestataires et un autre a été arrêté après avoir craché sur un policier

Mercredi, des manifestants ultra-orthodoxes ont affronté des automobilistes alors qu’ils bloquaient les échangeurs autoroutiers dans le centre d’Israël, dans le cadre d’un « jour de colère » contre le service militaire et l’arrestation de réfractaires haredim.
Sur les réseaux sociaux, on a pu voir des manifestants affiliés à la faction extrémiste Jérusalem et des automobilistes s’arroser les uns les autres. Lors d’un incident près d’une prison militaire de Beit Lid, où sont détenus des réfractaires, un des Haredim a crié « shiksa » (un mot en yiddish péjoratif pour désigner une femme non juive) et il a versé de l’eau sur une femme qui donnait un coup de pied à un manifestant.
Dans une autre vidéo de la scène, on peut voir des Haredim en train d’encercler et de cogner sur une voiture qui tentait de forcer leur barrage. Cette voiture est parvenue à passer, mais un manifestant est monté sur le toit de la voiture alors qu’elle roulait sur l’autoroute.
A Bnei Brak, le long de la route 4, les manifestants ont dit qu’ils préféraient « mourir » ou aller en prison plutôt que de s’enrôler, traitant en prime les policiers de « nazis ».
La police a déclaré qu’un manifestant de Bnei Brak qui avait craché sur un policier aété arrêté.
En début de semaine, la Faction de Jérusalem a appelé ses adhérents à descendre dans la rue mercredi pour protester contre les arrestations de plus en plus fréquentes de réfractaires haredim.
תיעוד מבית ליד: המפגינים החרדים קראו לעברה של נהגת "שיקסע" ושפכו עליה מים, היא יצאה מרכבה ובעטה באחד מהם @daniel_elazar pic.twitter.com/i4defREWpa
— כאן חדשות (@kann_news) August 20, 2025
תיעוד די מטורף של צלמנו עידו ארז: מפגין עולה על גג רכב שחוצה את המפגינים, ומתיישב עליו תוך כדי נסיעה. pic.twitter.com/GRA3u16ROV
— שילה פריד???????? (@shilofreid) August 20, 2025
Groupe ultra-orthodoxe extrémiste comptant quelque 60 000 membres, la faction de Jérusalem est considérée comme l’une des factions haredim les plus conservatrices et manifeste régulièrement contre le service militaire des étudiants de yeshiva.
Selon les forces de l’ordre, les manifestants ont bloqué la circulation dans les deux sens sur la route 2, près de l’échangeur de Netanya et la route 4, près de l’échangeur de Sharon.
L’autoroute 6 a elle aussi été bloquée : les médias ont rapporté que les manifestants ont surpris la police en annonçant qu’ils se rassembleraient près de la prison militaire de Beit Lid, mais en se présentant simultanément à plusieurs endroits.
La police a déclaré que les routes avaient été rouvertes deux heures plus tard.
Le Comité pour sauver le monde de la Torah, le groupe à l’origine de ces rassemblements, a déclaré par voie de communiqué que le gouvernement avait « franchi toutes les bornes » avec l’arrestation de réfractaires.
« Les étudiants de la Torah sont clairs aujourd’hui : vous avez déclaré la guerre aux étudiants de la Torah – la guerre est acceptée », a-t-il déclaré.
Les dirigeants haredim estiment que le service militaire menace leur mode de vie et risque de séculariser les hommes ultra-orthodoxes. Quelque 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont considérés comme éligibles au service militaire, mais pas enrôlés. Or l’armée israélienne a fait état d’un besoin urgentissime de 12 000 recrues de façon à soulager les forces de l’armée régulière comme les réservistes compte tenu de la guerre en cours contre le Hamas à Gaza et d’autres engagements militaires.
L’été dernier, la Cour Suprême avait statué que les exemptions générales accordées de longue date aux étudiants de yeshiva étaient illégales. Depuis lors, l’armée israélienne a redoublé d’efforts pour appeler sous les drapeaux les hommes haredim éligibles : rien qu’en juillet, elle a envoyé 54 000 ordres de conscription, raison pour laquelle la communauté haredi a déclaré la « guerre ».
Les dirigeants ultra-orthodoxes ont appelé à une journée internationale de prière contre la conscription, jeudi. Des rassemblements de prière sont attendus dans tout Israël, avec des rassemblements de masse à Bnei Brak et Jérusalem.
Selon les informations de la presse en hébreu, les dirigeants de la branche lituanienne de l’ultra-orthodoxie non hassidique ont renoncé à lancer un appel public à manifestation, en faisant machine arrière par rapport à leurs engagements envers leurs homologues hassidiques.
Le conseil religieux de Bnei Brak, organisme public financé sur fonds pubics, est l’un des soutiens d’un événement anti-enrôlement prévu jeudi matin.
L’événement, qui aura lieu à la yeshiva Yeshua L’yehuda du centre-ville, consistera à encourager « les saints et puissants étudiants de yeshiva et de kollel face aux décrets de conscription », peut-on lire sur une publicité de l’événement qui emploie un langage biblique pour parler des soldats et autres combattants.
Par ailleurs, la police israélienne a déclaré qu’une policière avait « probablement » outrepassé ses prérogatives en piétinant la tête d’un manifestant haredi mardi.
לוחמת מג״ב תועדה היום כשהיא דורכת על ראשו של מפגין חרדי. איך זה קורה שוב? הרי רק לפני שלושה שבועות בירושלים שוטרים דרכו על מפגינים והפכו אותם לשטיח אנושי, ובמח״ש עדיין לא טרחו לזמן את המעורבים לחקירה – למרות שחקירה נפתחה כמה שעות לאחר הפרסום pic.twitter.com/iKTSIKCGXI
— לירן תמרי | Liran Tamari (@liran__tamari) August 19, 2025
L’incident s’est produit lors d’une manifestation au cours de laquelle des manifestants ont bloqué la route 4, dans le centre d’Israël.
On a pu voir une policière aux frontières en train de donner des coups de pied répétés à un manifestant allongé au sol devant elle.
« Sur la vidéo, on voit une garde-frontière lors d’une manifestation à Bnei Brak illégale et contre laquelle un ordre de dispersion a été émis », explique la police. « Ses agissements, comme on peut le voir dans la vidéo, s’écartent probablement des valeurs et protocoles de l’organisation. Cet incident a été soumis aux autorités, qui vont l’exameniner ».







