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« Journée de perturbation » pour dénoncer la criminalité dans la société arabe israélienne

Un homme tué en Galilée ; 4 arrestations lors d'une manifestation à Haïfa appelant la police à agir ; 7 autres arrestations pour dégradation de fontaines et blocage du trafic

Des militants bloquant une route à l'entrée de Jérusalem lors d'une manifestation contre la violence dans la communauté arabe, le 10 février 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Des militants bloquant une route à l'entrée de Jérusalem lors d'une manifestation contre la violence dans la communauté arabe, le 10 février 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Mardi, des manifestants sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays aux côtés de proches de victimes d’homicides, exigeant que la police agisse contre la recrudescence de la violence dans les communautés arabes, où un autre tir mortel a eu lieu pendant les manifestations.

Ces manifestations, qui s’inscrivent dans le cadre d’une « journée de perturbation » consacrée à cette question, ont rassemblé des centaines de personnes dans des villes telles que Jaffa, Lod et Haïfa – où quatre manifestants ont été arrêtés par la police lors d’une marche.

Les militants de Standing Together, un mouvement mixte à l’origine de ce mouvement de protestation, ont lancé cette journée d’action en bloquant les principales artères de Jérusalem et Tel Aviv.

La police a procédé à deux arrestations dans la capitale lors de la dispersion des manifestants.

Certains activistes ont également versé de la teinture rouge, en référence au sang versé, dans des fontaines publiques à Haïfa et à Tel Aviv. Quatre personnes ont été arrêtées à Haïfa et une à Tel Aviv pour cette action.

Ces sept personnes ont été remises en liberté avant midi.

Un activiste versant du colorant rouge symbolisant le sang dans une fontaine lors d’une manifestation appelant à agir contre les violences meurtrières dans les communautés arabes, à Tel Aviv, le 10 février 2026. (Crédit : Ariel Schalit/AP Photo)

De là, les manifestants ont continué d’affluer dans les rues. Le personnel soignant de cinq hôpitaux à travers le pays a également brièvement cessé le travail à midi pour protester contre la détérioration de la situation dans les localités arabes et a manifesté dans la rue.

« Mes amis qui tiennent des dispensaires dans la communauté arabe sont constamment menacés. Ce sont nos concitoyens. Des médecins ont été assassinés, et toute une population souffre de stress post-traumatique », a déclaré Irit Meretyk, présidente de l’association des médecins du centre hospitalier Rambam.

Elle a appelé l’Association médicale israélienne (IMA) à soutenir le mouvement de protestation naissant.

Dans la soirée, des manifestants se sont rassemblés dans le quartier de la Moshava Germanit, à Haïfa, alors qu’un autre homicide avait lieu à l’est de la ville côtière, dans le village galiléen de Kafr Kanna : un homme d’une trentaine d’années, Salah Jabr, a été abattu.

Des manifestants marchant pour exiger que la police agisse contre la recrudescence des crimes violents dans la société arabe, à Haïfa, le 10 février 2026. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Selon l’organisation à but non lucratif The Abraham Initiatives, qui recense les victimes arabes d’homicides, cet homme était le quarantième membre de la communauté arabe à être violemment tué depuis le début de l’année 2026.

Yanal Jabarin, le responsable des affaires publiques de l’organisation, qui assistait à la manifestation à Haïfa, a insisté sur le fait que la vague de violence actuelle est loin d’être inévitable, et qu’elle est plutôt « le résultat d’un échec politique de longue date et de la négligence de l’État ».

Ashraf Suleiman, dont le neveu, Najwan Suleiman, a été abattu l’an dernier dans la ville de Tamra, dans le nord du pays, a pris la parole lors du rassemblement.

Il a déclaré que sa famille « n’aurait jamais pensé qu’un de ses fils serait assassiné de sang-froid ».

Ashraf Suleiman, l’oncle de Najwan Suleiman, abattu en octobre 2025, s’exprimant lors d’une manifestation réclamant à la police de sévir contre les crimes violents dans la société arabe, à Haïfa, le 10 février 2026. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

« Nous avons été élevés dans le respect des valeurs d’amour du prochain, de respect de la loi et de vie honorable », a déclaré Suleiman.

La mère de Najwan est enseignante depuis plus de trente ans, et son père travaille de longues heures au port pour subvenir aux besoins de sa famille, a-t-il ajouté.

« Le mal nous a également touchés », a déploré Suleiman.

« Nous quittons la maison sans savoir si nous y reviendrons. Dans nos rues, il y a une autre forme de guerre », a-t-il poursuivi. Il a accusé la police de laisser les citoyens arabes seuls face à des criminels qui « vénèrent une culture du pouvoir, des armes et de l’intimidation ».

Après avoir écouté Suleiman, les manifestants ont tenté de se mettre en marche sur le trottoir, mais la police s’est empressée de les disperser et a arrêté quatre d’entre eux.

Dans une vidéo montrant l’une des arrestations, on voit deux policiers maintenir un homme au sol, l’un d’eux appuyant son genou sur le cou de l’homme. Des policiers de la garde montée étaient également présents sur les lieux, ainsi que quelques policiers en civil.

La police a déclaré avoir arrêté les manifestants après qu’ils ont « poursuivi une procession illégale, en violation des conditions dans lesquelles la manifestation avait été autorisée ».

Certains d’entre eux ont également tenté de bloquer la circulation, a ajouté la police.

L’année 2025 a été la plus meurtrière jamais enregistrée pour les citoyens arabes, avec 252 personnes tuées dans des crimes, et cette année est en passe de la dépasser.

Les critiques reprochent au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui supervise la police, d’être responsable de l’aggravation de la situation. Depuis son entrée en fonction en 2023, le taux d’homicides au sein de la population arabe a doublé et ne cesse d’augmenter.

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