Judo: le TAS annule la suspension de l’Iran pour refus d’affronter Israël
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Judo: le TAS annule la suspension de l’Iran pour refus d’affronter Israël

La Fédération iranienne de judo a salué comme une "grande victoire" l'annonce du Tribunal arbitral du sport (TAS)

Le logo des Jeux Olympiques de Tokyo 2020. (Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP)
Le logo des Jeux Olympiques de Tokyo 2020. (Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a annulé lundi la suspension « illimitée » infligée à l’Iran par la Fédération internationale de judo (IJF) en octobre 2019, pour avoir contraint l’un de ses judokas à éviter d’affronter un adversaire israélien.

La juridiction sportive estime que la fédération iranienne a bien « commis de sévères violations » des règles de l’IJF et doit être sanctionnée, mais pas avec une suspension sans limite de durée, qui n’a « aucune base légale » dans la réglementation de la Fédération internationale.

Le TAS renvoie donc ce dossier diplomatiquement épineux à la commission de discipline de l’IJF, qui pourra statuer de nouveau. Dans l’intervalle, les judokas iraniens peuvent de nouveau rêver des JO de Tokyo, du 23 juillet au 8 août prochain.

L’affaire remonte à août 2019, lors des Mondiaux de Tokyo : Saeid Mollaei, champion du monde sortant en -81 kg, s’était incliné successivement en demi-finales, puis dans son combat pour une troisième place, se classant finalement cinquième.

Le judoka de 27 ans avait alors expliqué avoir subi des pressions des autorités iraniennes en ce sens, afin de ne pas combattre contre un Israélien en finale, en l’occurrence Sagi Muki, finalement médaillé d’or.

Le judoka israélien Sagi Muki, champion du monde, (à droite) et le champion iranien Saeid Mollaei enlacés lors du Grand Chelem de Paris, le 10 février 2020, sur une photo Instagram mise en ligne par Muki. (Capture d’écran Instagram)

Le 22 octobre 2019, l’autorité du judo mondial avait banni l’Iran de toutes ses compétitions jusqu’à ce que le pays « apporte de fortes garanties de son respect des statuts de l’IJF et que ses membres acceptent de combattre contre des Israéliens. »

La Fédération internationale avait estimé que les pressions de sa fédération envers le judoka iranien constituaient une violation de ses règlements concernant « le respect de l’esprit olympique (…), du principe de neutralité politique et d’universalité », ainsi qu’une manipulation du résultat d’une compétition.

Le coup était rude pour l’Iran à neuf mois des Jeux olympiques de Tokyo, finalement reportés d’un an, le judo étant l’un de ses points forts.

L’Iran ne reconnaît pas l’État d’Israël, qu’elle qualifie de « Grand Satan » au même titre que les États-Unis.

Plutôt que de refuser ouvertement d’affronter des sportifs ou des équipes de l’État hébreu, les sportifs iraniens se débrouillent généralement pour perdre avant que cela n’arrive, se faire disqualifier ou fournir des certificats médicaux témoignant d’une inaptitude à la compétition.

Ceux qui se risquent à affronter des athlètes ou équipes d’Israël sont sanctionnés.

La Fédération iranienne de judo a salué lundi comme une « grande victoire » l’annonce, par le Tribunal arbitral du sport (TAS), de la levée de sa suspension « illimitée » pour avoir contraint un de ses judokas à ne pas affronter un Israélien.

« La Fédération de judo exprime […] sa gratitude pour la bonne performance de l’équipe juridique, le soutien du ministre des Sports et de la Jeunesse, l’assistance du président du Comité national olympique […] ayant mené à cette grande victoire juridique et sportive », écrit la fédération iranienne dans un communiqué.

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