Kakhol lavan : Le procès de Netanyahu va « briser » le soutien du bloc de droite
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Kakhol lavan : Le procès de Netanyahu va « briser » le soutien du bloc de droite

Selon des responsables du parti d'opposition, le dépôt de plainte contre le Premier ministre "modifie les calculs électoraux, c'est sûr" ; Yamina récuse tout changement de soutien

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une réunion à la Knesset avec les partis de son bloc de droite, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une réunion à la Knesset avec les partis de son bloc de droite, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Des responsables du parti Kakhol lavan ont déclaré mardi qu’ils sont confiants que l’acte d’accusation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu déposé mardi va briser le bloc de partis qui ont promis leur soutien au Premier ministre, ouvrant potentiellement la voie au parti de Benny Gantz pour former un gouvernement après l’élection de mars.

Le procureur général Avichai Mandelblit a déposé des accusations de corruption, d’escroquerie et d’abus de confiance contre Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, suite à la décision du Premier ministre, mardi matin, de retirer sa demande d’immunité parlementaire.

Plusieurs sources à l’intérieur de Kakhol lavan ont déclaré que la perspective que Netanyahu soit jugé alors qu’il tente de former un gouvernement amènerait les autres partis à rompre leur serment d’allégeance au Premier ministre.

« Cela modifie les calculs électoraux, c’est sûr », a déclaré au Times of Israel un certain député de Kakhol lavan qui a demandé à ne pas être nommé. « Le bloc réalisera qu’il ne peut pas soutenir un condamné. »

Après que l’élection de septembre a vu la droite et les partis religieux ne pas recueillir suffisamment de soutien pour former une coalition à eux seuls, Netanyahu a fait signer par Yamina, Shas et Yahadout HaTorah un accord avec son parti, le Likud, afin de n’entrer dans les négociations de coalition qu’en tant que groupe.

Depuis lors, le bloc représentant 55 députés est resté fidèle à Netanyahu, promettant de le soutenir en dépit de ses problèmes juridiques.

Un porte-parole de Yamina a nié qu’il envisageait de se séparer de Netanyahu, et Yahadout HaTorah a refusé tout commentaire. Le Shas n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires.

Réunion des chefs du bloc de partis soutenant le Premier ministre Benjamin Netanyahu (C), le 14 janvier 2020. (Autorisation)

L’inculpation « sera la goutte d’eau qui fait déborder le vase », a déclaré une source de Kakhol lavan, affirmant que Netanyahu pourrait non seulement faire face à une énorme pression publique pour démissionner, mais qu’il pourrait également être confronté à une éventuelle ordonnance du tribunal l’empêchant de former un gouvernement.

Mandelblit a refusé de prendre une décision sur la question de savoir si un député inculpé peut être chargé de former un gouvernement et la Cour suprême a rejeté une requête sur la question au début du mois, la qualifiant de « prématurée ».

Le panel de juges dirigé par la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, a indiqué qu’il pourrait réexaminer la question après l’élection.

« Si le procès ne commence pas avant l’élection, il aura presque certainement lieu peu après. Soit pendant que [le président Reuven] Rivlin décide [qui va former un gouvernement], soit immédiatement après », a déclaré le député Kakhol lavan. « Quand ils comprendront que son temps est révolu, le jeu changera. »

Jusqu’à présent, la droite et les partis religieux n’ont montré aucun signe d’abandon du Premier ministre, qui est à Washington pour le dévoilement d’un plan de paix rédigé par les États-Unis.

Un porte-parole de Yamina a rejeté cette prédiction, déclarant au Times of Israel que le parti « fait partie du bloc de droite et ne rejoindra un gouvernement qu’avec le Likud dirigé par Netanyahu ».

Le ministre de la Défense et président de Yamina, Naftali Bennett, a reproché à Mandelblit le timing de l’acte d’accusation mardi. « Je ne comprends pas pourquoi le procureur général s’est empressé d’inculper immédiatement le Premier ministre Netanyahu, qui est sur le point de vivre un événement historique à Washington », avait-il écrit en ligne. « Pourquoi doivent-ils humilier le Premier ministre Netanyahu alors qu’il représente, à l’étranger, chacun d’entre nous, tous les citoyens d’Israël ? Vous auriez pu attendre deux jours qu’il revienne en Israël ».

En réponse à la décision de Mandelblit, « des sources proches du Premier ministre » ont accusé le procureur général de mener une chasse aux sorcières contre Netanyahu, a déclaré un porte-parole du Likud dans un communiqué.

« Si quelqu’un doutait encore que le Premier ministre Netanyahu soit la cible d’une persécution obsessionnelle, il dispose désormais de preuves claires et nettes », a déclaré une source. « L’empressement à déposer l’accusation infondée contre le Premier ministre est tel qu’ils ne pouvaient attendre ne serait-ce qu’un jour après le sommet historique de Washington, l’un des plus importants de l’histoire de l’État ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une réunion du bloc de droite à la Knesset, le 20 novembre 2019. (Crédit : GALI TIBBON / AFP)

Le dépôt des accusations est intervenu quelques heures après que Netanyahu a annoncé mardi matin qu’il retirait sa demande d’immunité parlementaire de l’acte d’accusation en cours dans les affaires de corruption à son encontre. L’annonce de Netanyahu est intervenue quelques heures avant que la Knesset ne forme une commission pour débattre – et presque certainement rejeter – sa demande d’immunité.

Dans un post sur Facebook, le Premier ministre a dénoncé le « cirque de l’immunité » qui a eu lieu alors qu’il était à Washington pour une « mission historique ».

« En cette période décisive pour le peuple d’Israël, alors que je suis aux États-Unis pour une mission historique visant à façonner les frontières permanentes d’Israël et à assurer notre sécurité pour les générations futures, un autre épisode de la Knesset devrait commencer avec le cirque de l’immunité », a écrit le Premier ministre.

La date de la discussion en plénière de mardi a été fixée avant que le Premier ministre n’annonce qu’il se rendrait à Washington pour le dévoilement du plan de paix tant attendu du président américain Donald Trump, dont le calendrier, annoncé la semaine dernière, a été critiqué en Israël comme une tentative de sauver Netanyahu de la procédure d’immunité.

En retirant sa demande, le Premier ministre a évité le spectacle de la défaite dans le processus d’immunité de la Knesset. Cependant, au lieu de se battre pour son immunité à l’approche des élections, il va maintenant faire face aux électeurs en tant qu’accusé dans trois affaires pénales.

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