Kakhol lavan s’associe au Likud et demande la disqualification d’une élue arabe
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Kakhol lavan s’associe au Likud et demande la disqualification d’une élue arabe

La commission centrale électorale va examiner une requête déposée contre Heba Yazbak, pour son soutien présumé au terrorisme, après une publication Facebook datant de 2015

La députée du parti Raam-Balad Heba Yazbak pendant une conférence de presse à Jerusalem le 16 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
La députée du parti Raam-Balad Heba Yazbak pendant une conférence de presse à Jerusalem le 16 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

La candidature de la députée de la Liste arabe unie Heba Yazbak aux élections législatives pourrait être invalidée après que Yair Lapid a confirmé que son parti Kakhol lavan soutiendrait la requête du Likud visant à la disqualifier.

Certains députés de l’alliance de gauche Parti travailliste-Gesher-Meretz semblent également soutenir sa disqualification.

La commission centrale électorale, composée de députés et dirigée par le juge de la Cour suprême Neal Hendel, doit délibérer sur la question mardi.

Cependant, même si Heba Yazbak est disqualifiée du scrutin, comme on peut s’y attendre, la Cour suprême peut annuler la décision, comme cela se fait souvent.

Cette élue, membre de Balad, fait l’objet de critiques en raison d’une publication sur Facebook datant de 2015 dans laquelle elle faisait l’éloge du terroriste libanais Samir Kuntar, qui a participé en 1979 au meurtre brutal des membres d’une famille israélienne dans la ville de Nahariya, dans le nord du pays. La publication comprenait une photo de lui accompagnée de la légende : « le combattant martyr Samir Kuntar ».

Un autre post s’est félicité de la fin d’une peine de neuf ans pour Amir Makhoul, qui a plaidé coupable d’avoir remis des informations sensibles au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah. « Après neuf ans de prison, Amir est de retour avec le peuple. Félicitations », avait-elle écrit.

Yair Lapid a confirmé à la radio de l’armée que son parti voterait en faveur de sa disqualification pour son apologie présumée du terrorisme.

Le député de Kakhol lavan Yair Lapid lors d’une conférence à Herzliya, le 25 décembre 2019 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Cette décision pourrait compliquer les projets de Kakhol lavan, dans le cas où le parti serait chargé de former une coalition gouvernementale avec le soutien de l’alliance à majorité arabe à l’issue des élections.

Le député Ahmad Tibi de la Liste arabe unie a déclaré à la Douzième chaîne la semaine dernière que le soutien de Kakhol lavan à la disqualification de Heba Yazbak serait « traité sévèrement », sans donner plus de détails.

Après les élections de septembre, la Liste arabe unie avait recommandé que le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, soit chargé de former une coalition, tout en précisant qu’il ne siégerait pas dans un gouvernement qu’il dirigerait.

Ni le Likud au pouvoir ni Kakhol lavan ne sont parvenus à former un gouvernement, ce qui a ouvert la voie à un nouveau scrutin, prévu le 2 mars.

La question de l’exclusion de Heba Yazbak de la course a également divisé l’alliance des formations de gauche Parti travailliste-Gesher-Meretz, qui a statué lundi que chacun d’entre eux se prononcerait indépendamment à ce sujet.

Cette décision a été prise après l’apparition de divergences d’opinion autour du soutien ou de l’opposition à la requête, qui a été déposée par le député du Likud, Ofir Katz.

La liste Travaillistes-Gesher-Meretz, formée la semaine dernière, rassemble les formations de centre-gauche : le Parti travailliste et Gesher, focalisé sur les questions sociales, et une incarnant une gauche plus à gauche, le Meretz. Cette alliance réticente a été conclue pour répondre aux préoccupations communes liées au risque d’un non-franchissement du seuil d’éligibilité lors des élections de mars.

En dépit de leurs différences idéologiques, les partis prévoient une campagne électorale unie.

Lors de la première réunion conjointe de l’alliance, les chefs de chaque faction ont convenu qu’ils auraient la liberté d’agir lorsque la commission centrale électorale examinera la pétition.

Le député travailliset-Gesher tzik Shmuli à une conférence du parti à Tel Aviv, le 14 janvier 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le député travailliste-Gesher Itzik Shmuli, a tweeté lundi qu’il soutenait la requête du Likud, qui est « tout à fait justifiée et devrait être soutenue sans hésiter ».

Cependant, Yair Golan, septième sur la liste d’union, a tweeté que Heba Yazbak ne devrait pas être disqualifiée. « Il n’est pas facile pour moi de lire les propos de Yazbak sur Facebook, mais exclure des élections un citoyen respectueux de la loi, c’est donner raison à ceux qui diffament la démocratie israélienne ».

« Concentrons-nous sur la disqualification d’un groupe violent de hors-la-loi qui ont affronté la police et les soldats toute leur vie », a-t-il poursuivi, faisant apparemment référence aux résidents juifs extrémistes des implantations, qui constituent la base électorale du parti d’extrême droite Otzma Yehudit.

« Parce que dans une démocratie, vous disqualifiez les gens sur leurs actions, pas sur le partage de choses scandaleuses sur Facebook », a écrit Golan.

Katz, qui a déposé la pétition, s’en est pris à Golan sur Facebook : « ceux qui soutiennent le terrorisme devraient être en prison et non à la Knesset ».

Le député Yair Golan à une conférence du Meretz àTel Aviv, le 14 janvier 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dimanche, le président du parti travailliste-Gesher, Amir Peretz, a déclaré au journal télévisé de la Treizième chaîne que le parti prenait « au sérieux » les propos de Yazbak et qu’il « semble que nous allons soutenir sa disqualification, mais nous attendons l’audience » pour réexaminer correctement le dossier contre la députée.

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