Khan al-Ahmar: La Haute-cour réclame de la flexibilité sur le relogement
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Khan al-Ahmar: La Haute-cour réclame de la flexibilité sur le relogement

Les autorités israéliennes ont proposé aux habitants de s'installer près d'Abou Dis, en Cisjordanie, mais ceux-ci refusent

Des enfants rassemblés dans la cour d'une école avant la rentrée scolaire, dans le village de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 16 juillet 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI/AFP)
Des enfants rassemblés dans la cour d'une école avant la rentrée scolaire, dans le village de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 16 juillet 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI/AFP)

Le village de Khan al-Ahmar, situé à l’est de Jérusalem, est principalement constitué de logements et structures de fortune, comme c’est généralement le cas des villages bédouins de la région.

La Cour suprême avait rejeté en mai un appel des habitants contre la démolition de ce village, les autorités israéliennes estimant qu’il a été construit illégalement mais avait suspendu provisoirement l’ordre de démolition suite à deux nouveaux recours en justice.

Les résidents et des organisations de défense des droits de l’Homme soulignent, eux, que l’obtention par des Palestiniens de permis de construire de la part d’Israël est pratiquement impossible dans ce secteur de Cisjordanie, où l’Etat hébreu contrôle la gestion des affaires civiles

Lors d’une audience de cinq heures mercredi, la Cour a demandé au parquet d’être flexible sur les conditions de relogement des 173 habitants du village.

Les autorités israéliennes ont proposé aux habitants de s’installer près d’Abou Dis, en Cisjordanie, mais ceux-ci refusent, arguant notamment que l’endroit choisi est situé à proximité d’une décharge, dans une zone urbaine où ils ne pourraient plus faire paître leurs animaux.

Tawfiq Jabareen, un avocat défendant les intérêts de ces Bédouins, a affirmé aux journalistes mercredi au tribunal que les habitants du village palestinien d’Anata, à 8 km de Khan al-Ahmar avaient accepté que les Bédouins utilisent leurs terres.

Il a ajouté qu’une officielle israélienne chargée de la planification en Cisjordanie avait repoussé cette option sans avoir l’autorité de le faire.

Les trois juges siégeant mercredi ont donné à chaque partie plus de temps pour trouver un compromis afin d’éviter les affrontements.

« Les juges ont donné 5 jours à l’Etat puis encore 5 jours pour que nous puissions répondre et la cour décidera après » ce délai, a expliqué M. Jabareen.

Lors d’une manifestation dans le village mercredi, la colère des habitants était perceptible, ces derniers ayant espéré que l’ordre de démolition serait annulé par la cour.

Des gouvernements européens, l’ONU et des ONG ont fait pression contre la démolition de ce village arguant qu’une telle extension pourrait diviser en deux la Cisjordanie et isoler ce territoire de Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat.

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