Knesset : La leader de la Commission du coronavirus s’attaque au confinement
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Knesset : La leader de la Commission du coronavirus s’attaque au confinement

Pour Yifat Shasha-Biton, le gouvernement doit renforcer les hôpitaux et non fermer le pays ; un officiel du ministère de la Santé réaffirme la véracité du bilan officiel des décès

La députée Yifat Shasha-Biton préside la commission sur le coronavirus de la Knesset, le 17 juin 2020. (Instagram)
La députée Yifat Shasha-Biton préside la commission sur le coronavirus de la Knesset, le 17 juin 2020. (Instagram)

Les responsables se sont querellés lors d’une réunion de la Commission du coronavirus à la Knesset qui a eu lieu lundi concernant le bilan officiel des décès consécutifs au COVID-19 qui, selon certains, aurait été artificiellement revu à la hausse.

La présidente de la Commission, Yifat Shasha-Biton, a déclaré durant la discussion qu’elle avait reçu des données de la part d’un hôpital – qu’elle n’a pas clairement identifié – et qui indiquaient que 32 % des morts des suites du coronavirus avaient été, en fait, entraînées par d’autres facteurs alors même que le malade avait contracté le COVID-19.

Elle a notamment donné l’exemple d’une personne âgée atteinte par une forme avancée de cancer du pancréas et qui, selon les registres, était décédée des suites du virus.

Des déclarations qui ont entraîné la fureur du directeur-général adjoint du ministère de la Santé, Itamar Grotto, qui s’est insurgé contre cette affirmation et qui a menacé de quitter la réunion.

Le bilan des décès enregistrés en Israël des suites du coronavirus est de 1 126 personnes, avec un taux de mortalité, sur le nombre total de cas, qui est l’un des plus bas du monde entier.

Shasha-Biton, membre du parti du Likud, qui a elle-même fortement critiqué l’annonce de la décision gouvernementale d’un confinement de trois semaines qui commencera vendredi, a également cité certains administrateurs du système hospitalier qui se sont opposés à la fermeture du pays, indiquant que leurs unités ne fonctionnaient pas encore à leur capacité maximale.

« Certains ont dit, ce matin, qu’aucune réflexion en termes de santé ne venait soutenir la décision de confinement », a dit Shasha-Biton. « Mon souhait est que quelqu’un, ici, retrouve son bon sens et comprenne que nous devons investir dans le système de santé, et ne pas fermer le pays. »

Le professeur Itamar Grotto lors d’une conférence de presse sur le COVID-19, au ministère de la Santé à Jérusalem, le 31 mai 2020. (Flash90)

Mais Grotto a noté que les hôpitaux étaient remplis et qu’ils subissaient une surcharge d’activité, ajoutant que la situation avait aussi un impact sur les malades non-touchés par le coronavirus. Il a indiqué avoir été dans l’obligation d’intervenir dans le cas d’une crise cardiaque : le patient concerné n’avait pas pu trouver une place dans les services d’urgence de l’hôpital Rambam de Haïfa, dans le nord du pays.

Shasha-Biton lui a alors demandé si le confinement – contrairement à celui qui avait immobilisé Israël aux mois de mars et d’avril – aiderait cette fois-ci l’Etat juif à éviter une nouvelle recrudescence du virus et une éventuelle troisième fermeture nationale.

Grotto a répondu que le système de soins aurait, cette fois, « plusieurs pas d’avance », grâce à un mécanisme de suivi des contacts et à l’arrivée de 1 500 infirmiers supplémentaires pour les mois hivernaux.

La semaine dernière, un député de l’opposition, Yoel Razvozov, parlementaire issu de la formation Yesh Atid-Telem, avait réclamé un nouveau décompte des décès consécutifs au coronavirus, affirmant que les directives émises par le ministère pour enregistrer les morts aboutissaient finalement à répertorier un grand nombre de personnes susceptibles d’avoir succombé à d’autres maladies, avec un bilan des décès gonflé en conséquence, ce qui entraînait la panique dans le public et poussait les décisionnaires israéliens à faire appliquer des mesures de confinement.

Yoel Razvozov, membre du parti Yesh Atid, s’exprime devant ses soutiens à Tel Aviv avant les élections générales, le 20 février 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)

« Ces conclusions inquiétantes font naître le doute sur la méthode toute entière qui est utilisée par les hôpitaux pour enregistrer le nombre de personnes décédées du coronavirus en Israël », avait-il dit.

En réponse, la responsable de la santé publique au sein du ministère de la Santé, Sharon Alroy-Preis, avait déclaré devant les caméras de la chaîne publique Kan être « en colère de voir quelqu’un tenter de dépeindre le ministère de la Santé comme une entité qui gonflerait le taux de mortalité ».

« C’est tout simplement faux », avait-elle continué. « Moi, le directeur-général comme le ministre n’avons aucun intérêt à alarmer le public. Le contraire est vrai. »

Sharon Alroy-Preis. (Autorisation)

La Commission du coronavirus s’est opposée, dans le passé, au gouvernement dans sa gestion de la crise sanitaire, rejetant des restrictions ordonnées par le cabinet.

Le mois dernier, le ministère de la Santé avait admis avoir sous-estimé le chiffre exact des décès consécutifs au COVID-19, émettant un communiqué dans lequel il reconnaissait avoir échoué à inclure dans son décompte officiel des dizaines de morts survenues dans les maisons de retraite du pays pendant les mois de juillet et août.

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