Kushner fustige les « contes de fées du passé » des dirigeants palestiniens
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Kushner fustige les « contes de fées du passé » des dirigeants palestiniens

Le conseiller de Trump a notamment dit qu'on a menti aux Palestiniens, demandé de renoncer aux "contes de fées", et regretté toutes les opportunités gâchées dans le passé

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Capture d'écran d'une vidéo du conseiller du président américain Jared Kushner pendant une interview accordée à Al-Jazeera, le 27 janvier 2020. (Capture d'écran : Al Jazeera news)
Capture d'écran d'une vidéo du conseiller du président américain Jared Kushner pendant une interview accordée à Al-Jazeera, le 27 janvier 2020. (Capture d'écran : Al Jazeera news)

Le conseiller du président américain Donald Trump et également son gendre, Jared Kushner, a lancé une attaque cinglante contre les autorités palestiniennes, mardi. Selon lui, ces dernières ont menti aux Palestiniens depuis des années en leur promettant des « contes de fées » irréalisables.

Dans des interviews accordées par Kushner au réseau panarabe Al-Jazeera et à la chaîne américaine CNN, il a répondu aux questions sur le plan de paix de l’administration Trump, dont le contenu avait été révélé plus tôt, et auquel le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il souscrivait.

Le plan ne comprend pas certaines demandes déterminantes des Palestiniens, comme l’intégration du mont du Temple, à Jérusalem, dans leur capitale, le retour des réfugiés palestiniens pour qu’ils vivent en Israël et la suppression des implantations en Cisjordanie. Il autorise également de larges initiatives d’annexion de la part de l’Etat juif. Il permet la création d’un futur Etat palestinien sous réserve de l’observation de conditions et de limitations, Israël conservant le contrôle sécuritaire global de la zone.

« Il est temps de renoncer aux contes de fées du passé qui, très franchement, ne se réaliseront jamais », a affirmé Kushner à Al Jazeera.

« On a menti aux Palestiniens pendant un si grand nombre d’années et on leur a promis tellement de choses, et personne n’a contré les promesses qui leur ont été faites », a-t-il continué. « S’ils nourrissent des attentes qui ne sont pas réalistes, alors je suis triste pour eux. Leurs dirigeants leur ont menti et beaucoup de gens leur ont menti – et on les a utilisés comme des pions à l’intérieur même du Moyen-Orient ».

Dans le passé, a-t-il ajouté, les leaders palestiniens « ont obtenu toutes ces demandes et il n’y a pas eu de réaction expliquant pourquoi ces positionnements n’étaient pas rationnels et réalisables et, en résultat, il n’y a pas eu de paix – et les Palestiniens ont continué à souffrir, et ils ont reproché leurs souffrances en Israël au lieu d’attribuer ces dernières à leurs propres autorités », a-t-il poursuivi.

« Les Palestiniens se trouvent sur une terrible trajectoire à cause d’un grand nombre de mauvaises décisions prises par leurs gouvernants », a clamé Kushner. « Il faut qu’ils arrêtent de se cramponner à des mythes qui ne se réaliseront jamais, et à des contes de fées qui ne deviendront jamais réalité ».

« L’Autorité palestinienne préfère aller se plaindre au lieu de venir à la table des négociations ce qui montre, très franchement, que les Palestiniens ne sont pas encore prêts à avoir un Etat », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump s’exprimant depuis la Maison-Blanche, le 28 janvier 2020. (Crédit : Alex Brandon/AP)

Kushner a déclaré que si les Palestiniens étaient prêts à négocier, ils trouveraient en Israël un « partenaire très volontaire » pour toute suggestion permettant d’améliorer la vie des Palestiniens.

Les Palestiniens ont besoin d’une opportunité « de vivre une vie meilleure. Ils ont besoin de dignité, ils ont besoin d’emplois, ils ont besoin d’opportunités, ils ont besoin de bons dirigeants », a dit Kushner. « C’est la meilleure opportunité qui ne leur a jamais été offerte et j’espère qu’ils vont la saisir ».

Il a clamé qu’à travers le monde entier, certains se préoccupaient des Palestiniens et recommandaient vivement à leurs dirigeants de négocier sur la base du plan de paix.

« Le monde arabe tout entier supplie les Palestiniens de trouver une solution au conflit. Il y a la coopération sécuritaire avec Israël qui continue. Israël est une super-puissance technologique ; les gens veulent faire des affaires avec les Israéliens. Beaucoup de choses peuvent dorénavant arriver qui seraient très, très positives pour la région et aussi pour le monde », a clamé Kushner.

Rompant avec les précédentes administrations américaines, le plan prévoit la création d’un Etat palestinien en Cisjordanie, avec quelques quartiers de Jérusalem-Est, la bande de Gaza et certaines zones du sud d’Israël – à la condition que les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’Etat juif et que le Hamas et autres groupes terroristes de la bande de Gaza déposent les armes.

Le plan appelle aussi à autoriser l’annexion par Israël des implantations, à permettre la souveraineté de l’Etat juif sur la vallée du Jourdain ainsi que le maintien du contrôle sécuritaire à l’ouest du fleuve Jourdain. Il interdit aux Palestiniens d’entrer en Israël en tant que réfugiés.

Jérusalem restera la capitale « indivisible » de Jérusalem, a souligné Trump lorsqu’il a dévoilé le plan mardi à la Maison Blanche, Netanyahu se tenant à ses côtés.

Capture d’écran d’une vidéo du conseiller du président américain Jared Kushner pendant une interview accordée à CNN, le 27 janvier 2020 (Capture d’écran : Twitter)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rejeté le plan avec fermeté dans un discours adressé aux autres leaders palestiniens, notamment à des représentants des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique.

« Nous l’avons dit 1000 fois : Non, non et non à ‘l’accord du siècle’, » a dit Abbas, ajoutant que le plan américain « ne passera pas » et que « notre peuple le jettera dans les poubelles de l’Histoire ».

S’exprimant sur CNN, Kushner a également accusé les autorités palestiniennes d’avoir appelé à un « jour de colère » en Cisjordanie en réponse à la proposition de paix. Tandis que le Hamas a en effet appelé à une telle journée, l’AP ne l’a pas fait mais Abbas a indiqué que ses forces ne s’opposeraient pas aux manifestants.

« A quoi appellent-ils donc ? Ils appellent à une journée de colère », s’est exclamé Kushner. « Qui connaissez-vous d’autre, à la tête d’un Etat, qui lorsqu’il n’obtient pas ce qu’il veut, appelle à une journée de colère ? Ce n’est pas ainsi que se conduisent les hommes qui sont en capacité de diriger un Etat ».

« S’ils gâchent cette opportunité – et une fois encore, ils ont des antécédents parfaits lorsqu’il s’agit de gâcher des opportunités – je pense que ce sera difficile pour eux de regarder la communauté internationale droit dans les yeux en disant qu’ils sont des victimes, en disant qu’ils ont des droits. C’est énorme pour eux de venir à la table des négociations », a-t-il continué.

« Les autorités palestiniennes doivent se poser une question », a poursuivi Kushner. « Veulent-ils vraiment avoir un Etat ? Ou veulent-ils vraiment avoir une meilleure vie ? Si tel est le cas, alors nous avons créé un cadre pour qu’ils puissent l’obtenir et nous les traiterons de manière extrêmement respectueuse. Si ce n’est pas le cas, alors ils vont gâcher une autre opportunité, comme ils ont gâché toutes les autres opportunités de leur existence ».

« Vous avez cinq millions de Palestiniens qui se retrouvent véritablement piégés à cause de mauvais dirigeants », a-t-il dit.

Le plan, a-t-il martelé, rendra « indiscutablement » meilleure la vie des Palestiniens et rendra Israël « bien plus sûr ».

Alors qu’Israël a souscrit à la proposition, « vous allez voir les Israéliens devenir de moins en moins isolés à l’international et de plus en plus de pressions exercées sur les autorités palestiniennes pour qu’elles la mettent en oeuvre », a-t-il assuré.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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