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L’ État s’engage à raser l’avant-poste de Homesh, sans donner de calendrier

Sommé de répondre avant une audience, le gouvernement a reconnu que la présence sur le site est illégale et renvoie la responsabilité du dossier au ministère de la Défense

Des étudiants de Yeshiva à un checkpoint bloquant la route qui mène à Homesh, le 26 mai 2022. (Crédit :  Carrie Keller-Lynn/The Times of Israel)
Des étudiants de Yeshiva à un checkpoint bloquant la route qui mène à Homesh, le 26 mai 2022. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/The Times of Israel)

Dans une soumission présentée devant la Haute-cour, dimanche, le gouvernement a reconnu que l’avant-poste de Homesh, en Cisjordanie, était illégal et devait être évacué – sans pour autant donner un calendrier pour sa destruction. Il a demandé à la Cour de ne pas intervenir.

Cette soumission arrive dans le cadre d’une plainte déposée par le groupe de gauche Yesh Din au début de l’année, une plainte qui oblige le gouvernement à expliquer pourquoi il a autorisé des partisans du mouvement pro-implantations à établir à Homesh une présence permanente, même si cette dernière est explicitement illégale au regard de la loi sur le Désengagement. Pendant le désengagement de 2005, Israël avait quitté Homesh ainsi que plusieurs autres implantations du nord de la Cisjordanie, en plus de toutes les implantations situées dans la bande de Gaza.

« L’endroit doit être évacué », a reconnu la réponse de l’État.

Le gouvernement a aussi maintenu que l’État procédait « à une évaluation hebdomadaire de la situation » sous les auspices du ministre de la Défense Benny Gantz, des rencontres pendant lesquelles le calendrier de l’évacuation de l’avant-poste était discuté. Toute décision concernant l’évacuation de Homesh devra être prise par le ministre de la Défense, a continué l’État.

« Des actions déterminées visant à faire respecter la loi sont prises contre toute nouvelle construction ou contre toute perturbation de la paix dans le secteur de Homesh », a poursuivi l’État dans sa soumission.

Il a enfin affirmé que les militaires empêchaient la majorité des Israéliens d’entrer dans l’avant-poste illégal.

Le gouvernement a noté que le dossier était devenu particulièrement lourd au cours des six derniers mois, suite à un attentat terroriste qui a eu lieu aux abords de Homesh. Un habitant d’implantation israélien, Yehuda Dimentman, avait été abattu, entraînant des tensions et des violences accrues dans le secteur. Les leaders d’implantation et les politiciens de droite ont appelé à ce que l’avant-poste soit légalisé de manière rétroactive en riposte contre l’attaque meurtrière.

La réponse gouvernementale arrive avant une audience prévue jeudi devant la Haute-cour qui sera consacrée à la plainte de Yesh Din et au plan gouvernemental de détruire l’avant-poste qui, au cours des 15 dernières années, a encore attiré la présence des partisans du mouvement pro-implantation en raison d’une yeshiva qui se trouve là-bas et qui est toujours en activité.

« Les forces de sécurité œuvrent activement à empêcher les Israéliens d’entrer dans le secteur », dit la réponse qui reconnaît aussi que jusqu’à ce « que l’évacuation complète soit terminée », seul « un petit nombre d’Israéliens en lien avec la yeshiva » sera autorisé à pénétrer dans Homesh.

Une visite réalisée la semaine dernière par le Times of Israel sur le site a confirmé que si l’armée a mis en place un checkpoint pour empêcher certains Juifs israéliens d’emprunter la route vers Homesh, l’avant-poste reste accessible à pied et des étudiants de la yeshiva continuent à s’y rendre ainsi quotidiennement.

Des militants de La Paix Maintenant brandissant des pancartes : « 150 avant-postes à démanteler. Homesh d’abord ! », avant la manifestation prévue à l’avant-poste illégal de Homesh en Cisjordanie, le 28 mai 2022. (Crédit: La Paix Maintenant)

Yesh Din, qui s’oppose au contrôle militaire israélien en Cisjordanie, a fustigé la réponse apportée par l’État, sommant le gouvernement de démanteler l’avant-poste immédiatement.

« Même si l’État d’Israël reconnaît sans ambiguïté que l’implantation de Homesh est un avant-poste illégal qui doit être évacué, rien n’est fait en ce sens. La décision de choisir un calendrier pour cette éviction est une erreur – Homesh doit être immédiatement vidé, indépendamment de toute considération politique. Malgré l’affirmation faite par l’État, il est important de noter que les forces militaires permettent que des partisans du mouvement pro-implantation soient présents à Homesh », a continué l’organisation.

Le groupe de veille des implantations La Paix maintenant qui, samedi, a tenté d’amener des bulldozers à Homesh pour détruire le site et qui a été stoppé par les militaires, a indiqué que la réponse de l’État était « un nouveau record en matière d’absurdité ».

« Au lieu de faire respecter la loi et d’évacuer le gang violent de criminels qui se trouvent à Homesh hier, le gouvernement assure sa garde et récompense ainsi la criminalité et la violence », a fait savoir le groupe dans un communiqué.

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