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La 2e synagogue antique découverte à Migdal HaEmek change les idées sur la vie juive

Selon les archéologues, l'existence de deux lieux de culte dans la même ville montre la nécessité d'un point de convergence religieux et social autre que le Temple

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Les vestiges d'une synagogue vieille de 2 000 ans découverts à Migdal. (Université de Haïfa)
Les vestiges d'une synagogue vieille de 2 000 ans découverts à Migdal. (Université de Haïfa)

Une synagogue vieille de 2 000 ans, datant de la période du Second Temple, a récemment été découverte à Migdal HaEmek, sur le bord nord-ouest de la mer de Galilée. C’est la deuxième synagogue de ce type découverte dans l’ancienne communauté, indique l’Université de Haïfa dans un communiqué.

C’est la première fois que deux synagogues ont été trouvées dans une même localité à l’époque où le Temple juif fonctionnait encore à Jérusalem, une découverte qui, selon les chercheurs, a changé leur compréhension de la vie religieuse de l’époque.

Les archéologues avaient supposé que tant que le Temple était encore en activité, les synagogues n’étaient pas nécessaires, explique le professeur Adi Erlich de l’Université de Haïfa dans le communiqué.

« À cette époque, le Temple existe toujours et l’explication était donc que la rareté des preuves concernant les synagogues provenait du fait qu’il ne s’agissait peut-être pas d’une structure commune. En d’autres termes, compte tenu de la centralité du culte à Jérusalem, il se peut qu’il n’y ait pas eu besoin de nombreuses synagogues dans les localités elles-mêmes », explique-t-elle.

Dina Avshalom-Gorni, à droite, sur le site de fouilles d’une ancienne synagogue à Migdal. (Crédit : Université de Haïfa)

Dina Avshalom-Gorni de l’Université de Haïfa, qui a participé à l’administration des fouilles, a déclaré que la découverte d’une deuxième synagogue donne un aperçu de la vie religieuse quotidienne des Juifs en Galilée à l’époque et témoigne de « la nécessité d’un bâtiment dédié à l’étude, à la lecture de la Torah et aux réunions sociales ».

L’emplacement des deux synagogues, distantes de moins de 200 mètres, la première dans une zone industrielle et la seconde dans une rue résidentielle, montre qu’elles ont été construites « dans le tissu social de l’implantation », a déclaré Avshalom-Gorni.

La synagogue récemment découverte est en basalte et en craie, et comprend un hall principal et deux salles attenantes. Un banc de pierre a également été découvert. Six piliers soutenaient le toit et les bases de deux d’entre eux ont également été trouvées. Les murs étaient recouverts de plâtre et décorés de façon colorée. Dans une petite pièce située à l’extrémité sud de la salle principale, on a trouvé une étagère qui a pu être utilisée pour stocker des parchemins, précise le communiqué.

Le site a également révélé une série d’objets de l’époque, notamment des chandeliers en poterie, des bols en verre fabriqués à partir de moules, des anneaux et des ustensiles en pierre utilisés pour les rituels de purification.

Dina Avshalom-Gorni, à droite, sur le site de fouilles d’une ancienne synagogue à Migdal. (Crédit : Université de Haïfa)

C’est une fouille effectuée par Avshalom-Gorni en 2009 qui a permis de découvrir la première synagogue antique de Migdal.

Ce bâtiment comprenait une pierre sur laquelle était gravée une ménorah à sept branches, rappelant la ménorah utilisée à l’époque dans le Temple.

Migdal, ou par son ancien nom Magdala, était un centre important de la vie juive à l’époque. Elle est mentionnée dans les écrits de Flavius Josèphe, qui était un chef militaire juif lors de la révolte contre les Romains au 1er siècle de notre ère, mais qui a ensuite changé de camp pour devenir citoyen et historien romain. Magdala est également mentionnée dans le Nouveau Testament comme le lieu de naissance de Marie-Madeleine.

Les fouilles actuelles sont menées par l’archéologue privé Yehuda Govrin, sous la supervision scientifique de l’Institut d’archéologie Zinman de l’Université de Haïfa.

Les travaux ont été effectués en raison de l’expansion de la route 90 dans la région. Une partie de la synagogue a été découverte lors de fouilles préliminaires au début de l’année, bien qu’à l’époque la destination de la ruine n’était pas encore connue.

L’Autorité israélienne des antiquités a l’intention d’organiser des réunions dans les semaines à venir pour discuter de l’ouverture du site au public.

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