La Banque d’Israël abaisse ses taux d’intérêt à leur plus bas niveau depuis 2022
Le ministre des Finances et des industriels critiquent la baisse de 0,25 % du taux directeur de la Banque centrale, qui passe à 3,5 %, la jugeant insuffisante
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Lundi, la Banque centrale d’Israël a décidé d’abaisser ses taux d’intérêt, en raison de l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, de l’apaisement des tensions géopolitiques mondiales et d’un contexte d’inflation stable. Elle prévoit une croissance économique légèrement plus rapide cette année.
Elle a ramené ses taux d’intérêt de 3,75 % à 3,5 %, soit leur niveau le plus bas depuis novembre 2022. Il s’agit de la troisième baisse des taux cette année, après celles de janvier et de mai, qui avaient déjà allégé les coûts d’emprunt pour les ménages et les entreprises.
« Le mémorandum signé entre les États-Unis et l’Iran a entraîné une baisse des prix de l’énergie et un apaisement des tensions géopolitiques mondiales », a déclaré Amir Yaron, gouverneur de la Banque d’Israël, lors d’une conférence de presse à Jérusalem.
« Toutefois, le niveau d’incertitude reste élevé… Les tensions persistent au nord et leurs répercussions se font encore sentir sur l’activité économique. »
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui a critiqué à plusieurs reprises ces derniers mois la politique monétaire conservatrice de la Banque centrale, a appelé à des baisses de taux d’intérêt plus marquées afin d’alléger les difficultés financières des ménages et des entreprises, et de contribuer à affaiblir le shekel fort, qui nuit aux exportateurs.
« Cette baisse minime des taux d’intérêt n’est pas à la hauteur des défis auxquels sont confrontés les ménages et les entreprises, ne répond pas aux besoins de l’économie et complique la situation du secteur de la haute technologie et des exportateurs », a déploré Smotrich.
« Une baisse marquée des taux d’intérêt est la mesure nécessaire pour alléger le coût de la vie et contrebalancer le renforcement du shekel. »
Au cours de l’année écoulée, le shekel, qui a récemment atteint son plus haut niveau depuis 33 ans, s’est apprécié de près de 20 % par rapport au dollar, malgré une économie mise à rude épreuve par les campagnes militaires en Iran, au Liban et à Gaza. Cette vigueur de la monnaie locale a entraîné une hausse des coûts d’exploitation sur le territoire, contraignant les exportateurs de technologies et les start-ups à prendre des décisions difficiles, telles que procéder à des licenciements massifs, recruter à l’étranger ou transférer leurs centres de R&D hors d’Israël. Ces décisions suscitent des craintes quant à la croissance future.
« Compte tenu de la gravité de la crise à laquelle sont confrontées les exportations et l’industrie israéliennes, la mesure prise par la Banque centrale est insuffisante », a déclaré l’Association des industriels israéliens à la suite de cette décision.
« La baisse du niveau de risque de l’économie crée les conditions propices à de nouvelles baisses de taux d’intérêt, plus importantes encore, qui permettraient de préserver les principaux moteurs de croissance d’Israël et de soutenir l’investissement et l’emploi. »
Yaron a reconnu que « la forte appréciation du shekel observée ces derniers temps pose des défis importants aux secteurs de l’exportation et de la high-tech, qui sont des moteurs essentiels de la croissance de l’économie israélienne ».
Les analystes de la Banque d’Israël prévoient que l’inflation oscillera autour de 1,8 % en 2026 et 2027, ce qui reste largement dans la fourchette cible fixée par le gouvernement, comprise entre 1 % et 3 %. Au cours de l’année à venir, la Banque centrale prévoit de ramener les taux d’intérêt à 3 %.
« Si les anticipations d’inflation baissaient plus fortement, et surtout si elles s’approchaient de la limite inférieure de la fourchette cible, une politique monétaire plus accommodante serait justifiée, et ce à un rythme plus soutenu », a déclaré Yaron.
Le gouverneur a toutefois averti que le contexte inflationniste était fortement influencé par « les développements géopolitiques dans la région et leurs effets sur l’activité économique et les prix de l’énergie », ainsi que par « l’évolution budgétaire », notamment la possibilité d’une augmentation du budget de la défense.
Parallèlement à sa décision concernant les taux, la Banque centrale a indiqué qu’elle tablait sur une croissance économique de 4 % en 2026, contre une prévision de 3,8 % en mars. En 2027, le rythme de croissance devrait s’accélérer pour atteindre 5,5 %, soit un niveau similaire à celui des prévisions précédentes. L’économie israélienne a progressé de 2,9 % en 2025, une croissance éclipsée par la guerre contre le groupe terroriste du Hamas à Gaza, qui a duré toute l’année, et par les combats menés sur plusieurs fronts contre les proxy de la République islamique d’Iran.
« L’activité économique continue de se redresser progressivement dans un contexte d’incertitude tant nationale qu’internationale», a déclaré Yaron.
« L’économie est confrontée à ce que j’ai qualifié de ‘trilemme budgétaire’ : le défi de ramener le ratio dette/PIB sur une trajectoire descendante tout en finançant les dépenses de défense et en investissant dans les moteurs de la croissance. »
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