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La Brandeis University en deuil après la mort d’une étudiante dans un accident

L'accident de bus a fait des dizaines de blessés ; les étudiants juifs ont organisé une veillée tandis que les responsables de Hillel ont programmé des rassemblements de soutien

Les étudiants de la Brandeis University  rassemblent des messages en hommage à une étudiante décédée dans l'accident d'un bus qui a également fait des dizaines de blessés parmi les élèves, le 20 novembre 2022. (Crédit : Penny Schwartz via JTA)
Les étudiants de la Brandeis University rassemblent des messages en hommage à une étudiante décédée dans l'accident d'un bus qui a également fait des dizaines de blessés parmi les élèves, le 20 novembre 2022. (Crédit : Penny Schwartz via JTA)

JTA — Les journées qui précèdent Thanksgiving auraient dû être surchargées au sein de l’organisation Hillel de la Brandeis University : il y avait une conférence, dimanche, sur la sexualité dans le judaïsme ; une cérémonie organisée pour les étudiants ayant pris part à un programme d’études et un forum pour accueillir les candidats souhaitant s’investir dans les activités de l’organisation juive sur le campus.

Hillel a finalement annulé tous les évènements prévus, choisissant d’ouvrir ses portes aux étudiants et aux personnels en quête de réconfort et de soutien après la mort d’une étudiante dans un accident de bus – un drame qui a aussi fait des dizaines de blessés. Nombreux sont ceux qui, sur ce campus, empruntent régulièrement cette navette.

L’accident a eu lieu samedi à 22h45 à moins d’un kilomètre du campus, entraînant une onde de choc dans toute l’université.

Le rabbin Seth Winberg, directeur exécutif de l’organisation Hillel à la Brandeis University, où il est également aumônier, a déclaré que des dizaines d’étudiants étaient entrés en contact avec l’organisation depuis l’accident meurtrier, bouleversés après avoir appris la nouvelle de la part de l’université ou par des textos envoyés par des amis. Il dit avoir aussi rencontré des parents et des anciens élèves – certains vivant même aujourd’hui en Israël.

« Nous tentons d’aider les étudiants à intégrer ce qui s’est passé et à faire leur deuil », a-t-il déclaré à JTA.

L’accident était au centre de toutes les discussions, dimanche, sur le campus alors que les détails du drame commençaient à être connus. Le bus, qui appartient à un prestataire qui fournit des services de transport à la Brandeis, ramenait des étudiants sur le campus à l’issue d’un match de hockey organisé à la Northeastern University, a fait savoir le bureau du procureur de district local qui enquête sur les faits.

Des photos et une vidéo publiées sur les réseaux sociaux montrent la navette lourdement endommagée, la partie avant presque désintégrée, le toit broyé après un tonneau et toutes les fenêtres brisées. Des débris jonchaient encore les lieux de l’accident, sur South Street, dans l’après-midi de dimanche.

Une étudiante a perdu la vie. Vanessa Mark était « une membre active et aimée de la communauté de la Brandeis » et était alors en congé, selon une annonce faite dimanche par le président de l’université, Ron Liebowitz.

Dimanche en début d’après-midi, 17 personnes avaient quitté l’hôpital et onze personnes étaient encore hospitalisées, a écrit dans un courriel Julie Jette, vice-présidente adjointe à la communication de l’université. Jette a précisé que ces informations devaient être prises avec précaution en raison de la gravité de l’accident et de la complexité de la situation.

« Au vu du nombre de blessés et des différents hôpitaux où ils ont été transportés, il faut du temps pour déterminer l’état de santé de tous », a-t-elle ajouté.

Liebowitz a annoncé dans un message transmis aux étudiants et aux personnels dimanche qu’il n’y aurait pas de cours, lundi et mardi, et que des cellules de soutien psychologique seraient mises à disposition de tous.

« Cela permettra à certains étudiants de retrouver leur famille et leurs amis plus tôt que le calendrier habituel des vacances ne l’avait prévu », a-t-il fait savoir. « Pour les étudiants qui resteront sur le campus, nous aurons des occasions supplémentaires de nous rassembler et de recevoir un soutien. »

Liebowitz a souligné les ressources mises à disposition des étudiants lors d’une rencontre communautaire, dimanche matin. Des centaines d’étudiants se sont retrouvés sur le campus pour un rassemblement suite à l’accident, a indiqué Winberg à JTA.

Ils sont restés pendant une heure, selon Samantha Brody, une étudiante originaire de Deerfield, dans l’Illinois, qui est également la présidente du conseil étudiant de Hillel.

Ils « veulent pouvoir se retrouver et se voir », dit-elle. « Il y a eu beaucoup d’étreintes. »

Elle ajoute qu’il y a eu des conversations et que d’autres étudiants sont restés plongés dans une réflexion silencieuse : « Tout le monde a besoin de quelque chose de différent », a-t-elle noté.

La Brandeis University a ses racines dans la communauté juive américaine, qui q fondé cette institution libérale consacrée aux arts en 1948, à une époque où les Juifs avaient souvent des difficultés à être admis et à être nommés dans les bons établissements d’enseignement supérieur. Aujourd’hui, seulement un peu plus d’un tiers des étudiants de premier cycle disent être Juifs, selon de multiples articles d’information.

Les étudiants actifs au sein de l’organisation Hillel et les responsables du groupe ont rapidement organisé des rassemblements pour offrir du soutien dans le sillage de l’accident. Le groupe des étudiants orthodoxes a programmé un office de prière dans l’après-midi, tout comme les groupes étudiants réformés et massortis. Dimanche soir, la communauté s’est retrouvée pour chanter des niggunim – des mélodies sans paroles.

« Ce sont des exemples qui montrent combien nous avons tous besoin d’être ensemble en personne, les uns à côté des autres », a déclaré Brody à JTA.

Brody ajoute qu’elle ne connaissait aucun passager du bus, mais qu’elle connaissait en revanche des amis de ces derniers. Elle précise qu’elle a été amenée à prendre elle-même cette navette.

« C’est le cas de la plus grande partie des étudiants. C’est le moyen le plus facile d’aller à Boston. Et tout le monde pense : ‘Ca aurait pu être moi' », a-t-elle continué.

Draken Garfinkel, étudiant juif de troisième cycle originaire de la région de Washington, dit avoir eu ce sentiment. Il ne se trouvait pas à bord du bus. « Je l’utilise chaque semaine pour aller voir mon frère », qui est étudiant dans une autre université de Boston, a-t-il expliqué.

Quand il a appris la nouvelle de l’accident, dimanche en tout début de matinée, par l’université et via les textos envoyés par ses amis, Garfinkel a immédiatement voulu faire quelque chose pour aider les autres – et en particulier les blessés hospitalisés, a-t-il confié à JTA au cours d’un entretien téléphonique.

L’un des blessés est un ami à lui venu faire des études dans le cadre d’un échange universitaire avec un pays étranger, a-t-il ajouté.

Lui et d’autres membres d’un groupe universitaire activiste ont aidé à transmettre des textos aux blessés, à l’hôpital, pour leur faire part de leur sollicitude pour l’épreuve qu’ils ont traversée.

Il est important que tous les étudiants aient connaissance des cellules de soutien mises à disposition, a-t-il souligné, avant d’ajouter que « l’une des pires choses, c’est quand on ne sait pas comment aborder le deuil ».

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