La CEDH condamne à nouveau la Turquie pour la détention de journalistes
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La CEDH condamne à nouveau la Turquie pour la détention de journalistes

La Turquie est régulièrement condamnée par la CEDH pour des violations des droits humains - notamment celles commises après la tentative de coup d'Etat de juillet 2016

La Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. (Crédit : Sfisek/WikiCommons)
La Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. (Crédit : Sfisek/WikiCommons)

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a de nouveau condamné mardi la Turquie pour avoir violé les droits humains de deux journalistes placés en détention provisoire après avoir publié des courriers électroniques d’un ministre diffusés sur le site Wikileaks.

« La mise en détention provisoire des voix critiques crée des effets négatifs multiples, aussi bien pour la personne mise en détention que pour la société tout entière », souligne la la cour, instance judiciaire du Conseil de l’Europe.

« Infliger une mesure conduisant à la privation de liberté, comme ce fut le cas en l’espèce, produit immanquablement un effet dissuasif sur la liberté d’expression en intimidant la société civile et en réduisant les voix divergentes au silence », insiste-t-elle.

Les deux journalistes, Tunca İlker Öğreten et Mahir Kanaat, connus pour leurs points de vue critiques à l’égard des politiques du gouvernement turc, ont été détenus de décembre 2016 à décembre 2017 « pour appartenance à une organisation terroristes armée ».

Les autorités turques leur reprochaient « d’avoir téléchargé les courriels électroniques du ministre concerné », BeratAlbayrak, qui était le gendre du président turc. Ces courriels personnels, qui avaient été piratés en 2016 par un groupe dénommé « RedHack » ont ensuite été publiés sur le site Wikileaks.

A l’unanimité les juges de la CEDH ont considéré que la Turquie avait violé à la fois le « droit à la liberté et à la sûreté » des deux journalistes dont la détention « ‘n’était pas fondée sur des raisons plausibles de les soupçonner d’avoir commis une infraction » et leur liberté d’expression, dont ils ont été privés « en raison de leurs activités journalistiques ».

En outre, la cour condamne la Turquie pour avoir privé les requérants et leurs avocats « d’accès au dossier sans justification valable ».

Ankara est condamné à verser 5 750 euros à l’un des journalistes pour dommage matériel, 14 000 euros à chacun pour dommage moral et 2 250 euros à chacun également pour frais et dépens.

La Turquie est régulièrement condamnée par la CEDH pour des violations des droits humains, commises notamment après la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, qui a été suivie d’importantes purges dans l’armée, la justice, les médias et les ONG.

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