La championne du monde d’échecs ne remettra pas en jeu ses titres à Ryad
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La championne du monde d’échecs ne remettra pas en jeu ses titres à Ryad

Les efforts du royaume conservateur pour redorer son image ont été mis à mal par des controverses sur les droits des femmes et le refus de donner un visa aux joueurs israéliens

Les participants assistent aux championnats du monde 'rapide' et 'blitz' du roi Salman, la première compétition internationale d'échecs organisée en Arabie Saoudite, dans la capitale Riyad, le 26 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / STRINGER)
Les participants assistent aux championnats du monde 'rapide' et 'blitz' du roi Salman, la première compétition internationale d'échecs organisée en Arabie Saoudite, dans la capitale Riyad, le 26 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / STRINGER)

L’une des meilleures joueuses d’échecs du monde refuse de défendre ses deux titres de championne du monde parce qu’elle ne veut pas se rendre en Arabie saoudite pour participer au tournoi d’échecs.

« Dans quelques jours, je vais perdre deux titres de championne du monde — un par un. Juste parce que j’ai décidé de ne pas aller en Arabie saoudite, de ne pas respecter les règles de quelqu’un d’autre, ne pas porter d’abaya, ne pas être accompagnée et ne pas me sentir comme une créature de seconde classe », a expliqué Anna Muzychuk, double championne du monde d’échecs rapides dans la catégorie « rapide » et « Blitz », dans un post sur Facebook samedi.

Le refus de Muzychuk d’assister aux Championnats du monde d’échecs rapide et de blitz du roi Salman intervient au milieu d’autres scandales qui ont touché l’Arabie saoudite, notamment le refus d’accorder des visas aux joueurs israéliens, en violation des règles de la Fédération internationale des échecs (FIDE).

In a few days I am going to lose two World Champion titles – one by one. Just because I decided not to go to Saudi…

Posted by Anna Muzychuk on Saturday, 23 December 2017

Selon le journal The Guardian, la FIDE avait convaincu les autorités saoudiennes « à autoriser les compétitrices à concourir dans des chemisiers blancs à col haut et des pantalons bleus ou noirs au lieu des abayas qui couvrent tout le corps ». Mais Muzychuk n’était pas satisfaite de ces conditions.

« Je suis prête à assumer mes principes et à ne pas participer à l’événement, alors qu’en 5 jours j’aurais pu gagner plus qu’en une douzaine de compétitions », a-t-elle écrit, en référence au gain record de deux millions de dollars offerts au gagnant du tournois.

« Tout cela est agaçant, mais le plus insupportable, c’est que presque tout le monde s’en fiche. Cela me donne un sentiment amer, mais je ne suis pas de celles qui reviennent sur ses opinions et ses principes ».

Sa soeur Mariya, également joueuse de classe mondiale, n’assistera pas non plus à l’événement. Elle a déclaré à son sujet : « il en va de même pour ma soeur Mariya — et je suis vraiment heureuse que nous partagions ce point de vue. Et oui, pour ceux qui s’y intéressent — nous reviendrons ! ».

Mardi, la fédération israélienne d’échecs a déclaré qu’elle cherchait à obtenir une compensation de la FIDE pour son incapacité à permettre aux joueurs israéliens de participer au tournoi d’échecs le plus lucratif organisé à ce jour.

Les rumeurs d’un rapprochement politique provisoire entre le royaume musulman sunnite ultra-conservateur et l’État juif avaient suscité l’espoir que les joueurs israéliens pourraient participer à ce tournoi.

Mais les Saoudiens ont finalement refusé la participation des joueurs israéliens suite à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

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