La chanteuse belgo-israélienne Hagar Levy trouve sa voix et son public
Rechercher
'S'il y a du rythme et de belles harmonies, je raconte une histoire'

La chanteuse belgo-israélienne Hagar Levy trouve sa voix et son public

La musicienne intimiste Tel Avivienne chante sa musique originale devant un public séduit

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Hagar Levy ne s’attend pas à ce que vous sachiez qui elle est. Quoique… vous devriez.

La chanteuse, compositrice et pianiste israélienne écrit une musique intimiste, profondément mélodique, avec des soupçons de rock, de Rythm & Blues, et même une tonalité jazzy sous-jacente. Elle écrit en anglais.

Levy, née en Israël, qui a passé sa prime enfance en Belgique avant de revenir dans son pays natal à l’adolescence, joue devant un public intime et cela ne lui pose aucun problème. Pour le moment.

“C’est un sous-sous-sous groupe », dit Levy, 33 ans, dont l’anglais est fluide, sans heurts, marqué par un très léger accent belge.

« Vous devez accepter l’idée que vos grands rêves de reconnaissance, importants dans la mesure où c’est eux qui vous dirigent et qui vous motivent, ne se réaliseront pas de la manière dont vous aviez pu l’imaginer », dit Levy, dont les mèches blanches décolorées contrastent avec sa chevelure noire et ses sourcils noirs, dans un esprit très rock. « Je suis en Israël, je fais de la musique en anglais et avec des thèmes spécifiques, c’est une musique très féminine ».

Ses chanteuses préférées étaient – et sont encore – Toni Amos et Fiona Apple, ainsi que Erykah Badu, Sade, Jill Scott et Alicia Keys, dont les influences trouvent un écho perceptible dans les propres oeuvres de Levy.

C’est une musique qui reste dans la tête, grâce à sa voix claire, habitée et ses notes de piano amplifiées par ses guitaristes, le batteur et le clavier qui l’accompagnent – plusieurs de ses musiciens sont des amis de longue date qu’elle a rencontrés à l’école de musique Rimon.

La carrière de musicienne de la jeune femme s’est développée au cours de la dernière décennie. Il lui a fallu du temps pour prendre conscience qu’elle voulait consacrer sa carrière professionnelle à sa première passion pour le piano et la composition.

Elle a commencé à jouer du piano alors qu’elle était enfant et a trouvé à cette occupation des vertus thérapeutiques à l’adolescence, période durant laquelle elle jouait pendant des heures et écrivait une musique qui était un exutoire pour « dire les choses que je ne pouvais pas dire dans la vraie vie », raconte Levy.

« Je venais d’avoir 17 ans et je venais tout juste de retourner en Israël, et j’étais choquée par la réalité et je ne savais pas qu’on pouvait partager ce genre de sentiment avec qui que ce soit ».

‘Je communique ce que j’ai à dire au public’

Lorsqu’elle a commencé à écrire ses propres compositions, elle a toutefois découvert que « cette réalité intérieure qui était la mienne, pour la première fois, trouvait une connexion à l’extérieur », dit Levy.

Levy fait de l’introspection dans sa musique et dans sa conversation – « un muscle », dit-elle, qu’elle n’hésite pas à mettre à l’épreuve même si elle est naturellement sensible et timide, malgré sa vocation qui l’oblige à se positionner sur une scène, aux yeux du public.

Est-elle dérangée par le fait qu’il soit difficile de classifier sa musique ? Non.

« Je ne suis pas jazzy mais je suis influencée par la façon de chanter du jazz », dit-elle. « Je ne suis pas une pianiste authentique. J’essaie d’être à l’aise dans ce que je fais, je combine différentes choses que je réussis à faire et, de nos jours, je sais que c’est la passion qu’il faut apporter. S’il y a du rythme et de belles harmonies, je raconte une histoire, je communique ce que j’ai à dire au public ».

Levy n’a pas suivi de prime abord ses passions, choisissant de passer un diplôme en études des médias à l’Université hébraïque puis travaillant dans la publicité, à Tel Aviv, dans l’entreprise internationale McCann Erickson. Elle ne regrette pas d’avoir découvert que ce n’était pas sa voie. C’est après cette expérience qu’elle a décidé d’essayer de vivre de sa musique.

Elle a finalement entrepris un cursus à l’école Rimon de jazz et de musique contemporaine, où elle s’est présentée deux fois avant d’être acceptée.

Son premier album, « Hagar Levy » (2015), a été produit par un vieil ami qui lui avait vivement recommandé de chanter et de présenter sa musique, devant à un public.

Elle se sent dorénavant plus à l’aise à l’idée d’interpréter ses textes sur scène et de trouver son public.

‘C’est comme un entraînement de base, il faut savoir se vendre en permanence’

« C’est comme un entraînement de base, il faut savoir se vendre en permanence », dit-elle. « Vous faites des spectacles de plus en plus importants, vous construisez cet espace où les gens reviennent tous les mois pour vous voir en concert ».

Les musiciens émergents, avec un public essentiellement composé d’initiés, doivent également lutter contre la technologie car de plus en plus de gens préfèrent rester chez eux et écouter des extraits de chansons plutôt que des albums ou des titres entiers.

Et malgré les émissions de télé-réalité comme « The Voice », où de nombreux Israéliens se sont présentés à un public plus large, Levy fait le choix de travailler pendant 10 ou 15 ans pour accroître sa renommée et acquérir un public qui viendra l’entendre chanter.

« C’est ma manière à moi de fonctionner si je dois choisir », dit-elle.

“Je me sentais déprimée à un moment, que Ynet ne vienne pas m’interviewer, où qu’il soit si difficile de trouver du public », dit-elle. « Les festivals ne font pas appel nécessairement à moi. Mais si vous restez suffisamment de temps dans cette industrie alors vous comprenez qu’il y a beaucoup de gens de qualité qui veulent continuer à vous écouter et vous les découvrez au fur et à mesure. C’est un processus à long terme ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...