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La cheffe d’Avoda accuse Netanyahu et Ben Gvir d’avoir provoqué la mort de Rabin

Lors d’une commémoration à Jérusalem, Merav Michaeli a expliqué que les provocations de ses rivaux avaient conduit à l’assassinat de l’ex-Premier ministre il y a 27 ans

La leader du parti Avoda, Merav Michaeli, prend la parole lors de l'hommage rendu à l’ex-Premier ministre Yitzhak Rabin sur la place Zion à Jérusalem, le 29 octobre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La leader du parti Avoda, Merav Michaeli, prend la parole lors de l'hommage rendu à l’ex-Premier ministre Yitzhak Rabin sur la place Zion à Jérusalem, le 29 octobre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Comme chaque année, Avoda a organisé, samedi, sur la place Sion de Jerusalem, un événement en souvenir de Yitzhak Rabin, ex-Premier ministre et chef du parti assassiné en 1995.

Cette année, la commémoration est tombée trois jours avant les élections.

Au cours de l’événement – auquel n’ont pas pris part les membres de la famille de Rabin – l’actuelle dirigeante d’Avoda, Merav Michaeli, s’en est prise à ses rivaux politiques – le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu et le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir – à propos d’une manifestation d’opposants aux accords d’Oslo tenue sur la place Sion en 1995, un mois avant l’assassinat de Rabin par un extrémiste de droite lors d’un rassemblement à Tel Aviv.

« Un grand et courageux dirigeant israélien, qui a permis au pays de grandes avancées et même de conclure la paix, a été traité ici-même de traître. Ici-même, des voix ont crié ‘À mort, Rabin’ », a rappelé Michaeli, évoquant les slogans entendus lors de la manifestation de 1995.

« Ici-même, Itamar Ben Gvir a brandi des affiches de Rabin revêtu de l’uniforme SS. Le même Itamar Ben Gvir qui tente aujourd’hui de se faire passer pour un gentil, en réécrivant l’histoire », a-t-elle ajouté, référence à peine voilée aux tentatives du député d’extrême droite de donner de lui une image plus modérée.

Ben Gvir, adolescent au moment de l’assassinat de Rabin, a été filmé en train de menacer Rabin, tenant à la main le macaron arraché à la calandre du véhicule officiel de l’homme politique.

Contrairement à ce qu’a pu affirmer Michaeli, Ben Gvir serait étranger à l’affaire des affiches de Rabin en uniforme nazi.

Itamar Ben Gvir montrant le macaron de la voiture de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, dans une interview d’octobre 1995. (Crédit : Capture d’écran/YouTube/IBA)

Michaeli s’en est également prise à Netanyahu, déjà à la tête du Likud, dans l’opposition à l’époque, pour avoir assisté et pris la parole lors de la manifestation de 1995.

« Sur ce balcon, se tenait le chef du Likud, organisateur de la manifestation, heureux d’entendre ces slogans », a-t-elle indiqué.

D’autres membres du Likud, également opposés aux accords d’Oslo – Benny Begin, David Levy et Dan Meridor – se sont eux retirés. Ils ne souhaitaient pas être associés à ce déversement de haine. Pas le président du Likud, qui est resté [au balcon], tout sourire, manifestement satisfait de son succès.

Benjamin Netanyahu, alors chef de l’opposition, surplombe un rassemblement de droite sur la place Sion à Jérusalem en 1995. Le slogan sur le panneau en dessous de lui dit : « La nation n’a pas décidé » et est une création de Hagi Ben Artzi. (Capture d’écran : YouTube)

« Ceux qui nient qu’Yitzhak Rabin a été tué pour des motifs politiques et que les incitations à la haine envers lui ont été sciemment et patiemment distillées, sont complices des responsables de sa mort, qui se sont tenus ici-même, place Sion, et qui tentent aujourd’hui de réécrire l’histoire », a-t-elle déclaré.

L’ex-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, et le militant travailliste Yair Fink ont également pris la parole lors de l’événement.

Les médias israéliens estiment à environ un millier le nombre de participants à cet événement.

Le président Clinton invite le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin (à gauche) et le chef de l’OLP Yasser Arafat à se serrer la main dans la Chambre Est de la Maison Blanche, le jeudi 28 septembre 1995. Le président égyptien Hosni Mubarak est derrière Arafat. (Crédit : AP Photo/Doug Mills)

Aucun membre de la famille Rabin n’a assisté au rassemblement de cette année, qui a eu lieu quelques jours avant les élections du 1er novembre.

La commémoration annuelle a généralement lieu le samedi précédant ou suivant le 4 novembre, date à laquelle Rabin a été abattu par Yigal Amir.

Traditionnellement organisé sur la place Rabin de Tel Aviv, lieu de l’assassinat, le rassemblement a, cette année, eu lieu à Jérusalem en raison des travaux en cours sur la place de Tel Aviv.

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