La cimenterie Nesher autorisée à brûler des déchets en guise de combustible
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La cimenterie Nesher autorisée à brûler des déchets en guise de combustible

Selon les opposants, l'usine Nesher près de Ramle, dans le centre d'Israël, pourra rejeter dans l'air des quantités importantes de mercure et d'autres produits chimiques nocifs

La cimenterie Nesher près de Ramle, dans le centre d'Israël. (Capture d'écran)
La cimenterie Nesher près de Ramle, dans le centre d'Israël. (Capture d'écran)

Après une période de consultation publique, le ministère de la Protection de l’environnement a approuvé mardi un permis d’émission révisé pour l’énorme cimenterie Nesher, dans le centre d’Israël, malgré les inquiétudes des environnementalistes et des résidents locaux.

En 2014, Nesher Israel Cement Enterprises a reçu un permis d’émission jusqu’en 2021. Il y a environ 18 mois, elle a soumis une demande de modification de ce permis au ministère de la Protection de l’environnement. Elle souhaitait obtenir le feu vert pour remplacer certaines de ses matières premières par des déchets de composition similaire, et utiliser davantage de déchets comme combustible pour les fours afin de réduire sa dépendance au coke de pétrole (petcoke). Le coke de pétrole, dérivé des combustibles fossiles, a un contenu énergétique plus élevé que le charbon, mais émet 30 à 80 % de dioxyde de carbone en plus dans l’air lorsqu’il est brûlé.

Lors d’une audience publique au début du mois, Arie Vanger, responsable des questions liées à l’air au sein de l’organisation de défense de l’environnement Adam Teva V’Din, a utilisé les données du registre des émissions du ministère de l’Environnement pour soutenir que Nesher rejetait déjà dans l’air plus de mercure que toutes les centrales électriques au charbon d’Israël réunies. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, l’inhalation de vapeur de mercure peut nuire aux systèmes nerveux, digestif et immunitaire, ainsi qu’aux poumons et aux reins, et peut être fatale.

La demande d’augmentation des émissions de métaux tels que le cadmium, le plomb, le cuivre et l’arsenic est « particulièrement insupportable », a-t-il ajouté.

Une partie de la cimenterie Nesher dans le centre d’Israël. (Capture écran)

Il a affirmé que les documents accompagnant la demande de modification du permis ne reflètent aucun effort pour évaluer les émissions prévues de métaux dangereux tels que le mercure, les composés organiques volatils, les dioxines et les furanes, ni pour calculer dans quelle mesure ces émissions seraient dispersées dans l’environnement.

Il a demandé que des tests soient effectués pour déterminer quelles combinaisons de déchets toxiques pourraient être autorisées. En cela, il a été repris et amplifié par d’autres voix lors de l’audience publique qui a demandé des tests épidémiologiques sur les maladies respiratoires des enfants de la région et un projet pilote qui permettrait de suivre la concentration de métaux dans l’air.

Dans une déclaration au Times of Israël suite à l’approbation du permis révisé, Nesher a déclaré : « Comme il est d’usage dans l’industrie mondiale du ciment, l’usine Nesher de Ramle utilise des matières premières et des combustibles alternatifs, réalisant ainsi un certain nombre d’objectifs environnementaux, y compris la réduction des décharges, la minimisation de l’utilisation des ressources naturelles et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. »

Les changements n’augmenteraient pas les émissions dans l’air, selon le communiqué, en raison des processus de production de l’usine, du contrôle de la composition des matériaux utilisés et de la surveillance de l’environnement.

L’usine, située près de la ville de Ramle, produit environ quatre millions de tonnes de clinker (silicates de calcium broyés pour servir de liant dans de nombreux produits cimentiers) et environ cinq millions de tonnes de ciment chaque année. Elle exploite deux fours pour la production de clinker et sept usines pour la production de ciment.

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