La clôture à la frontière de Gaza ne vous protégera pas, mais Tsahal le fait
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La clôture à la frontière de Gaza ne vous protégera pas, mais Tsahal le fait

Même si les Palestiniens l'ont franchie à plusieurs reprises, la barrière n'est pas la dernière ligne de défense contre les terroristes

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

La clôture à la frontière entre Israël et Gaza. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)
La clôture à la frontière entre Israël et Gaza. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Au cours du mois passé, la barrière séparant Israël de la bande de Gaza a été percée par des Palestiniens à plusieurs reprises dans plusieurs endroits le long de la frontière. Mais cela ne provoque pas nécessairement des inquiétudes.

La menace des terroristes infiltrant Israël de Gaza est certainement une vraie menace, tout comme l’est la menace d’un tireur d’élite, qui a poussé l’armée israélienne à recommander aux agriculteurs travaillant près de la frontière de rester à au moins un kilomètre de la frontière. Cela est particulièrement inquiétant si l’on considère qu’il existe des communautés israéliennes, comme Nahal Oz, situées à seulement deux kilomètres de la bande de Gaza.

Beaucoup se sont donc demandés pourquoi il a été possible, même facile, pour les habitants de Gaza de passer à travers la barrière séparant Israël de la bande de Gaza.

Mais la clôture grillagée, vieille de 20 ans, de Tsahal construite le long de la frontière n’a jamais été conçue pour empêcher cela en soi. C’est simplement un élément dans la sécurité à la frontière – sans aucun doute un élément important, mais pas le seul élément protecteur des communautés du sud d’Israël.

Des Gazaouis s'approchent de la clôture de la frontière avec Israël lors d'affrontements avec les soldats de Tsahal, le 9 octobre 2015. (Crédit photo: Mohammed Abed / AFP)
Des Gazaouis s’approchent de la clôture de la frontière avec Israël lors d’affrontements avec les soldats de Tsahal, le 9 octobre 2015. (Crédit photo: Mohammed Abed / AFP)

Un effort combiné des systèmes de surveillance, les bottes sur le terrain et la clôture ont réussi à repousser les nombreuses tentatives des Palestiniens visant à entrer en Israël au cours des violentes émeutes le long de la frontière.

La clôture a été construite après la signature des accords d’Oslo de 1993, visant à marquer la démarcation du contrôle palestinien sur la bande de Gaza et empêcher les terroristes de se faufiler dans les communautés israéliennes environnantes. Des parties de cette clôture ont été détruites en 2000 dans les premiers jours de la deuxième Intifada.

L’armée israélienne a reconstruit les parties de la barrière en 2000-2001. Pendant les 15 dernières années, la majeure partie des améliorations et des travaux de modernisation n’ont pas été apportés au grillage ou aux barbelés effilés comme un rasoir qui le surmonte, mais aux systèmes de sécurité qui l’entourent.

Les 60 km de la barrière sont maintenant recouverts de capteurs qui détectent les infractions et d’un centre de commandement – qui fonctionne 24 heures par jour, sept jours par semaine et qui est presque exclusivement tenu par des femmes soldats – surveillant la frontière grâce à une série de caméras en circuit fermé équipé de vision nocturne.

Lorsque ces soldats de surveillance, connus en hébreu sous le nom de tatzpitaniot, remarquent une personne ou un groupe qui s’approche de la zone tampon – une zone d’un kilomètre entourant la frontière où les Palestiniens ont l’interdiction d’entrer – du côté de Gaza, ils alertent rapidement les troupes de l’armée israélienne en patrouille dans la zone.

Les soldats de Tsahal surveillant la frontière avec la bande de Gaza à partir d'un centre de commandement à proximité (Crédit : Unité de Gadi Yampel / porte parole de l'armée israélienne)
Les soldats de Tsahal surveillant la frontière avec la bande de Gaza à partir d’un centre de commandement à proximité (Crédit : Unité de Gadi Yampel / porte parole de l’armée israélienne)

Selon le protocole officiel de Tsahal, ceux qui entrent dans la zone vont d’abord recevoir un avertissement verbal, puis un coup de feu d’avertissement tiré en l’air et enfin, une balle dans les jambes ou le bas du corps pour stopper leur approche. Il y a, cependant, des exceptions à ce protocole, notamment celles qui permettent à l’armée israélienne de tirer sur quiconque qui sont surpris en train de ramper vers la clôture pendant la nuit.

Les véhicules sans pilote appelés, Guardiums, patrouillent aussi à la frontière à la fois de manière autonome et sous le contrôle des opérateurs travaillant à proximité. Ils peuvent également être équipés de haut-parleurs pour avertir les infiltrés potentiels, et même avec des fusils et d’autres armes.

Le Guardium UGV patrouillant à la clôture de la frontière de Gaza (Crédit : autorisation de l'armée israélienne)
Le Guardium UGV patrouillant à la clôture de la frontière de Gaza (Crédit : autorisation de l’armée israélienne)

Avec cet effort combiné – surveillance, clôture et des troupes – l’armée israélienne a bloqué avec succès des dizaines de Palestiniens qui ont réussi à passer à travers la clôture de la frontière dans le mois passé.

La menace la plus troublante pour les communautés frontalières d’Israël restent les mêmes que celles de l’opération Bordure protectrice – les tunnels souterrains et l’infiltration par la mer.

Bien que la plupart des informations entourant le projet sont encore tenues secrètes, l’armée israélienne a annoncé en avril qu’elle avait avancé dans ses recherches et installait des systèmes de détection de tunnel le long des frontières.

Depuis l’infiltration des commandos de la marine du Hamas sur les rives de Zikim près d’Ashkelon dans les premiers jours de la guerre de Gaza, la marine israélienne a intensifié ses patrouilles le long de la côte. Ce front reste difficile à contrôler car l’immensité de la mer donne aux navires de Gaza suffisamment d’espace pour échapper à la capture et à la détection, mais les caméras nouvellement installées et les systèmes de surveillance sous-marins peuvent aider à mettre fin à ce danger.

Le nombre croissant d’émeutes et de manifestations à la frontière entre Gaza et Israël est problématique mais pas principalement en raison de la menace pour la région d’Eshkol dans le sud d’Israël. La vraie menace vient de l’apparition possible d’un front supplémentaire que l’armée et le reste des forces de sécurité d’Israël auront à gérer.

Une dynamique de plus en plus compliquée se met en place en Syrie, en particulier avec l’ajout de troupes russes et iraniennes dans la région, et l’armée israélienne consacre de plus en plus de ressources pour bloquer l’explosion à pleine échelle des émeutes violentes en Cisjordanie.

Pour le moment, le Hamas travaille activement pour empêcher les autres groupes terroristes dans la bande de Gaza de tirer des roquettes et mener d’autres attaques contre Israël. Mais si ces émeutes le long de la frontière augmentent, il faudrait plus de ressources militaires pour contrôler et potentiellement distraire l’armée de ses autres fronts.

Mais quoiqu’il en soit, l’armée israélienne a déjà annoncé des plans pour remplacer la clôture vieillissante avec une barrière semblable à la barrière le long de la frontière israélo-égyptienne dans les prochains mois. Cette clôture mesura 7 mètres à son point le plus haut et contient un plus grand nombre de capteurs et de caméras de surveillance.

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