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La coalition met la pression sur Ben Gvir, accusé de mettre le gouvernement en péril

En ce 5eme jour de boycott du ministre d’extrême droite, opposé à la politique à Gaza, le président de la coalition assure que c’est le "moyen le plus sûr" de déclencher élections anticipées

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le whip de la coalition et député du Likud  Ofir Katz, à droite, s’entretient avec le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir en marge d’un vote plénier à la Knesset, à Jérusalem, le 1er mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le whip de la coalition et député du Likud Ofir Katz, à droite, s’entretient avec le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir en marge d’un vote plénier à la Knesset, à Jérusalem, le 1er mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les membres de la coalition s’en sont pris, lundi, au ministre d’extrême droite de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, qui boycotte depuis plusieurs jours la Knesset et le gouvernement.

Le président de la coalition a indiqué que son attitude pourrait précipiter la fin du gouvernement et que lui seul en serait responsable.

Pour sa part, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a déclaré que la chute du gouvernement serait une « victoire pour les terroristes ».

Le parti Otzma Yehudit de Ben Gvir ne participe plus aux travaux de la coalition depuis mercredi dernier, en réaction à ce qu’il qualifie de réponse « faible » du gouvernement aux tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, sous la houlette du Hamas.

« Pour changer les choses, il ne sert à rien de menacer de renverser le gouvernement et de boycotter les votes à la Knesset », a déclaré Smotrich au début de la réunion du parti HaTzionout HaDatit à la Knesset, à Jérusalem. Le renversement du gouvernement de droite et la montée au pouvoir de la gauche, aux côtés des partisans du terrorisme, serait la plus grande victoire du terrorisme. »

Certains partis de l’actuelle coalition – formée il y a seulement quatre mois – qualifient les partis à majorité arabe de « partisans du terrorisme ».

Sans appeler à une action spécifique, Smotrich, qui est également ministre délégué au sein du ministère de la Défense, a déclaré qu’Israël « ne devait pas accepter cet état de fait » en vertu duquel les organisations terroristes palestiniennes lancent périodiquement des roquettes sur les communautés du sud d’Israël.

Adoptant une approche différente de celle de Ben Gvir, Smotrich a rappelé la nécessité de maintenir l’unité de la coalition, suite à plusieurs sondages convergents estimant que la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu ne l’emporterait pas si de nouvelles élections avaient lieu.

Le ministre des Finances et chef du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, dirige la réunion de faction de son parti à la Knesset de Jérusalem, le 8 mai 2023. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

« Je dis à tous mes collègues de la coalition que c’est le moment de l’unité et de la discipline de la coalition. « Nous sommes tous obligés par les décisions du gouvernement et nous n’accepterons pas les infractions disciplinaires par lesquelles chacun fait ce qu’il pense être juste », a déclaré M. Smotrich, au lendemain d’une réunion hebdomadaire du Cabinet à laquelle Ben Gvir n’a pas assisté.

« Je demande une fois de plus à mon collègue, le ministre Itamar Ben Gvir, et au Premier ministre de se parler afin que le gouvernement se remette au travail et que la coalition reparte sur un bon pied », a ajouté Smotrich.

Ben Gvir n’a pas réagi aux propos de Smotrich, pas plus qu’il n’a commenté ceux, plus brutaux encore, lundi, du président de la coalition, le député du Likud Ofir Katz, qui a déclaré que « les politiques de droite avançaient grâce à un travail acharné et conjoint, pas par des débrayages ».

« Vous pouvez dire ‘Ne renversez pas le gouvernement de droite’, mais il est clair que le fait de ne pas assister à un Conseil des ministres, une réunion des dirigeants de la coalition, boycotter les votes en plénière et annuler les débats budgétaires est le plus sur moyen de renverser ce gouvernement de droite. C’est une évidence pour tout le monde», a déclaré Katz.

Ces dernières semaines, le leader d’extrême droite d’Otzma Yehudit est devenu de plus en plus critique à l’égard du gouvernement qu’il a contribué à former en décembre dernier. Ben Gvir a obtenu six sièges grâce à une liste commune avec Smotrich, fondée sur des promesses de répression de la criminalité, que nombre des membres de la coalition estiment exagérées et impossibles à tenir, car la vague de criminalité n’a fait qu’empirer ces derniers mois.

La police des frontières montant la garde devant la mosquée Al-Aqsa pendant les affrontements avec les Palestiniens, sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 5 avril 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Ben Gvir est critiqué pour son incapacité à enrayer une série de crimes violents, qui touche particulièrement la communauté arabe, ni à mettre de l’ordre dans les zones mal administrées de la périphérie socio-économique. En retour, il a accusé le gouvernement, la hiérarchie policière et les conseillers juridiques de l’empêcher de faire ce qu’il voulait, et Netanyahu, pour l’avoir mis à l’écart des discussions sur les questions de sécurité et les décisions liées au regain de violence avec des groupes terroristes palestiniens.

Mais cette dernière manifestation de mécontentement intervient à un moment critique, car la coalition doit impérativement adopter le budget de l’État avant le 29 mai, au risque d’entraîner des élections anticipées. La coalition, forte de 64 sièges, n’a pas nécessairement besoin des votes d’Otzma Yehudit pour faire adopter le budget, car elle n’a besoin que de 50 députés en l’espèce, mais elle ne pourrait le faire si le parti votait contre et donnait à l’opposition, forte de 56 sièges, les voix manquantes pour atteindre la majorité de 62 voix.

Par ailleurs, si le parti d’extrême droite ne votait pas en faveur du budget, cela serait interprété comme un signal de rupture avec la coalition, laissant le gouvernement en minorité et sans possibilité d’adopter une autre loi.

Lors de son discours à la réunion du parti, Smotrich a rappelé l’importance de voter le budget et déclaré soutenir pleinement les accords de coalition qui assureront des milliards de shekels aux partis ultra-orthodoxes.

Ces derniers propos de Smotrich font suite aux révélations de la presse, dimanche, selon lesquels 5 milliards de shekels tirés de ce budget iraient aux haredim, sur un total de 12,4 milliards de shekels de fonds discrétionnaires alloués aux priorités de son parti.

Cette somme n’avait pas été révélée avant dans la mesure où le Conseil des ministres n’a approuvé les grandes lignes du budget qu’en février dernier, en raison de profonds désaccords, laissant à la Knesset le soin de régler les choses sérieuses.

« Nous sommes fiers de notre contribution au renforcement de l’identité juive », a déclaré Smotrich.

En revanche, selon la Fondation Berl Katznelson, au sein de ce budget fixé pour deux ans -2021 et 2022 – 2,1 milliards de shekels seulement ont été utilisés pour tenir les promesses faites par des accords de coalition.

Des Juifs ultra-orthodoxes bloquent une rue pendant une manifestation contre l’obligation du service militaire aux abords de la ville de Bnei Brak, le 9 février 2022. (Crédit : Flash90)

Au début de la réunion du Parti de centre-gauche Avoda, la leader Merav Michaeli a qualifié ces sommes de « contreparties politiciennes » et autres « pots-de-vin pour les ultra-orthodoxes, pots-de-vin pour les résidents d’implantations et pots-de-vin pour l’extrême-droite messianique, qui met en danger Israël ».

En maintenant artificiellement la coalition grâce à des transferts de fonds discrétionnaires, a déclaré Michaeli, ces fonds renforcent la cohésion des partis alliés qui « votent contre la démocratie, contre l’égalité, contre les droits des femmes, contre les droits des LGBT, contre l’égalité civile, contre les perspectives de paix et au final, contre l’État d’Israël. »

Le parti centriste HaMahane HaMamlahti s’est également réuni lundi pour évoquer la question du budget, lors d’une réunion à laquelle la presse n’a pu assister.

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