La commission d’Ethique menace Oren Hazan de suspension prolongée pour insultes
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La commission d’Ethique menace Oren Hazan de suspension prolongée pour insultes

Le député du Likud s’est « fait passer un savon » pour avoir déclaré qu’il « effacerait le sourire laid » d'une députée et il est accusé d’avoir traité Stav Shaffir de « petite fille » qui « crie comme une poule »

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Oren Hazan, député du Likud, lors d'une séance plénière de la Knesset, le 25 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Oren Hazan, député du Likud, lors d'une séance plénière de la Knesset, le 25 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Oren Hazan (Likud), miné par les scandales, a encore été réprimandé mardi par la commission d’Ethique de la Knesset pour des injures contre des législatrices. La commission a mis en garde Hazan contre sa mauvaise conduite persistante et l’a menacé de lui imposer une longue suspension.

Selon les plaintes déposées contre lui, lors de la session de la Knesset du 4 juillet, Hazan a dit à la députée Aida Touman-Sliman (Liste arabe unie) « j’effacerais ce sourire laid de votre visage ».

En réponse à cette accusation, Hazan a déclaré qu’ « il ne se souvenait pas de ces déclarations, mais s’il l’a dit, il s’en tenait à ces déclarations, car il s’agissait d’un débat au cours duquel des choses dures ont été dites », selon une déclaration de la commission.

Le commission d’Ethique a confirmé que le législateur avait bien fait ces déclarations.

Aida Touma-Sliman, députée de la Liste arabe unie, à la Knesset, le 3 juin 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Aida Touma-Sliman, députée de la Liste arabe unie, à la Knesset, le 3 juin 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Une deuxième plainte a été déposée par la députée Stav Shaffir (Union sioniste)qui a accusé Hazan d’avoir dit à la députée de 32 ans, la plus jeune députée du Parlement israélien, « vous êtes une petite fille, vous criez comme une poule ». Hazan, le plus jeune député du Likud, a 35 ans.

Shaffir s’est également plainte que Hazan l’appelait par le nom rabaissant de « Stam [simplement] Shaffir ». Hazan n’a pas nié ces faits mais a ajouté qu’il ne voyait aucun problème avec cela dans la mesure où la députée de l’Union sioniste lui avait également fait des commentaires « insultants » dans le passé.

La troisième plainte contre Hazan a été déposée par des activistes LGBT pour protester contre un tweet qu’il a écrit au sujet de l’ancien député arabe Basel Ghattas lors de son entrée en prison.

Les plaignants ont soutenu que le tweet était homophobe. Hazan a rétorqué que le tweet – qui, entre autres choses, exhortait Ghattas à ne pas « faire tomber le savon » – faisait allusion aux viols en prison et que ce n’était pas une allusion à l’homosexualité.

La députée Stav Shaffir lors d'une réunion de la commission des finances le 24 décembre 2013 (Crédit : Flash90)
La députée Stav Shaffir lors d’une réunion de la commission des finances le 24 décembre 2013 (Crédit : Flash90)

La commission d’Ethique de la Knesset a décidé de convoquer Hazan pour un «  sérieux savon », après avoir statué que les commentaires de Hazan constituaient une violation éthique du respect de la dignité de la Knesset.

« La commission voudrait noter que si le député Hazan continue à s’exprimer de la manière susmentionnée, elle envisagera d’imposer des sanctions plus sévères contre lui, y compris la suspension pour une longue période », a-t-elle mis en garde.

Lundi, la commission a donné à Shaffir un avertissement pour avoir traité Hazan de « maque », une référence à des allégations portées contre lui.

Peu de temps après son entrée en politique, la Deuxième chaîne a signalé que Hazan avait précédemment géré un casino en Bulgarie où les drogues et la prostitution étaient autorisées. Hazan a poursuivi le journaliste de la chaîne, Amit Segal, pour diffamation, mais le tribunal a rejeté la majeure plainte pendant le procès.

Une photo du 18 mars 2015 qui montre le vice-président du parlement israélien, le député Oren Hazan en train de célébrer les résultats des élections législatives au siège du Likud à Tel-Aviv (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)
Une photo du 18 mars 2015 qui montre le vice-président du parlement israélien, le député Oren Hazan en train de célébrer les résultats des élections législatives au siège du Likud à Tel-Aviv (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)

Hazan, qui est entré à la Knesset lors des dernières élections, est rapidement devenu l’enfant terrible du Parlement israélien.

Le mois dernier, la commission d’éthique de la Knesset lui a interdit d’assister aux sessions plénières de la Knesset et aux commissions pendant une semaine en raison de son comportement intimidant envers un député Meretz lors d’une interview télévisée, un coup qu’il a dit coordonné avec la chaîne de télévision qui a diffusé l’émission.

En décembre 2015, la commission d’Ethique avait également suspendu Hazan et l’avait empêché de participer aux débats parlementaires pendant un mois en raison d’une série de plaintes déposées contre lui. Un mois plus tôt, il s’était moqué du handicap d’un législateur dans l’assemblée.

En février 2016, Hazan a de nouveau été suspendu et il n’avait pas pu participer à des audiences des commissions, cette fois par son propre parti, le Likud, car il avait été absent à un vote en assemblée plénière, ce qui avait eu pour conséquence la perte du vote pour le parti.

Donald Trump et Oren Hazan, le 22 mai 2017 (Crédit : Twitter/Oren Hazan)
Donald Trump et Oren Hazan, le 22 mai 2017 (Crédit : Twitter/Oren Hazan)

Hazan a également été soupçonné d’avoir agressé un responsable municipal de la ville d’Ariel en Cisjordanie en 2014 apparemment en raison d’un conflit au sujet d’une dette. Après que la ville a gelé son compte bancaire, Hazan est allé au bureau municipal, où il aurait insulté et poussé le responsable municipal.

Au cours de la visite du président américain Donald Trump en mai, Hazan, un fan auto-proclamé du président des États-Unis, a pris un selfie avec Trump sur le tarmac de l’aéroport, provoquant l’exaspération des responsables israéliens.

Plus tôt ce mois-ci, Hazan a accusé le président de la Knesset, Yuli Edelstein – avec qui il est en conflit depuis longtemps bien qu’ils soient tous les deux membres du parti Likud – d’avoir essayé de « l’étouffer » afin que « je ne puisse plus avoir d’air et que je disparaisse », après que le personnel du Parlement a confisqué un appareil de climatisation portable de son bureau.

Hazan, qui souffre d’asthme, a essayé depuis lors de persuader le médecin de la Knesset de le soutenir contre Edelstein, citant ses problèmes de santé. Tous les bureaux de la Knesset possèdent une climatisation centrale.

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