La communauté juive de Grenoble se bat contre le « chantage au guet »
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La communauté juive de Grenoble se bat contre le « chantage au guet »

Un mari récalcitrant a vu son nom affiché dans les synagogues de la ville du sud-est de la France et il ne peut plus participer aux offices religieux

Vue sur l'agglomération Grenobloise depuis le sommet du Moucherotte (1901 m). Vue sur les massifs de Chartreuse, du Mont Blanc, de Belledonne et des Grandes Rousses. (Crédit Bertrand93/Wikimedia Commons)
Vue sur l'agglomération Grenobloise depuis le sommet du Moucherotte (1901 m). Vue sur les massifs de Chartreuse, du Mont Blanc, de Belledonne et des Grandes Rousses. (Crédit Bertrand93/Wikimedia Commons)

Au début de l’été, les rabbins de la petite communauté juive de Grenoble, forte de quelques milliers d’âmes, ont décidé de s’unir pour tenter de convaincre un mari récalcitrant de libérer sa femme qui souhaite divorcer.

La loi juive n’accorde qu’au seul mari, le pouvoir de libérer sa femme en cas de demande de divorce, et ce, en lui donnant le guet, le certificat de divorce religieux.

En cas de refus, l’agouna, la femme enchaînée selon l’expression en vigueur, ne pourra pas se remarier selon les rites du judaïsme et ses enfants seront considérés comme mamzerim (bâtards), et se verront ainsi exclus de la plupart des rites juifs.

A Grenoble, il a été décidé de rendre publique la décision du mari, et de le priver des « honneurs religieux » : monter à l’autel durant la prière, ou compter parmi le minyan, le quorum de dix personnes nécessaire à la récitation de certains passages de la prière et à la lecture de la Torah.

Scène de Guett – Le Procès de Viviane Amsalem (Crédit : autorisation Films Distribution)

« Le communiqué a été placardé à la mi-juin dans les synagogues grenobloises. Il annonçait que des sanctions religieuses avaient été prises à l’encontre d’un fidèle qui refusait de remettre à son ex-femme le guet, » lit-on dans le journal La Croix.

« Radicale, cette mesure est inédite en France. Inspirée des pratiques de ‘shaming’ qui ont cours en Israël ou aux États-Unis pour dénoncer le ‘chantage au guet’ – il arrive même que la photo de l’homme soit publiée –, elle a été prise par deux rabbins grenoblois, sous l’autorité du grand rabbin de France Haïm Korsia. »

« Il faut une condamnation unanime, une sorte de mise au ban sociale de ces hommes qui n’ont pas la dignité de rendre sa liberté à leur femme », explique Korsia à La Croix.

Du côté israélien, fin juin, la Knesset a adopté une loi donnant aux tribunaux rabbiniques une compétence internationale et de sanction contre les juifs refusant le divorce, sous certaines conditions.

Certaines femmes juives non israéliennes seront désormais autorisées à demander le divorce devant les tribunaux rabbiniques israéliens, après que la Knesset a adopté une loi étendant la compétence des organes juridiques religieux gérés par l’État au-delà des frontières de l’État juif.

La nouvelle loi parrainée par le gouvernement, avait été adoptée en deuxième et troisième lectures par la Knesset, (42-24 et deux abstentions).

Marissa Newman a contribué à cet article.

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