La communauté juive indienne en Israël exaltée par la visite de Modi
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La communauté juive indienne en Israël exaltée par la visite de Modi

La première visite d'un chef du gouvernement indien en Israël constitue un événement important pour l'Etat hébreu qui se cherche des alliés, mais aussi des clients pour sa technologie militaire

Shaul Divekar, un Indien qui a émigré en Israël alors qu'il était enfant, brandit un poster annonçant la venue du Premier ministre indien en Israël dans son épicerie de la ville de Ramla, au sud de Tel Aviv, le 2 juillet 2017. (Crédit : AFP/ MENAHEM KAHANA)
Shaul Divekar, un Indien qui a émigré en Israël alors qu'il était enfant, brandit un poster annonçant la venue du Premier ministre indien en Israël dans son épicerie de la ville de Ramla, au sud de Tel Aviv, le 2 juillet 2017. (Crédit : AFP/ MENAHEM KAHANA)

Dans le modeste restaurant d’Elazar dans le centre d’Israël, un poster de bienvenue au Premier ministre indien Narendra Modi accueille la clientèle avant même les effluves épicées de la cuisine.

La première visite d’un chef du gouvernement indien en Israël constitue un événement important pour l’Etat hébreu qui se cherche des alliés, mais aussi des clients pour sa technologie militaire.

Mais pour la petite et discrète communauté des juifs originaires d’Inde installés en Israël, cette visite suscite un véritable engouement et l’occasion de sortir de l’anonymat.

« Il n’y a pas un seul foyer indien qui ne parle pas de cette visite », explique Elazar Asktivker, patron du restaurant Maharaja dans la petite ville de Ramla, au sud de Tel-Aviv.

Cet homme de 33 ans fait partie d’une famille originaire d’Inde dont les parents ont ouvert l’établissement dans les années 80.

Dans un premier temps, le restaurant, qui vend aussi des épices importées, servait presque exclusivement des membres de la communauté indienne.

Mais une décennie plus tard, la cuisine indienne est devenue tendance, notamment auprès des jeunes israéliens. Après leur service militaire obligatoire, nombre d’entre eux sont partis se ressourcer en vacances en Inde d’où ils sont revenus adeptes des spécialités de ce pays.

Le poster aux couleurs du drapeau indien invite, en hébreu et en anglais, les membres de la communauté à une rencontre avec Narendra Modi mercredi à Tel-Aviv.

‘Relation intense’

« Il y a beaucoup d’excitation, tout le monde s’est inscrit et va y aller », souligne Elazar Ashtivker. « Si vous cherchez un Indien le 5 juillet, vous n’en trouverez aucun, il seront tous au centre des conventions », prédit-il en riant.

Elazar Ashtivker, propriétaire du restaurant indien à Ramla, au sud de Tel Aviv, pose avec des épices indiennes, le 2 juillet 2017, alors que la communauté juive indienne se prépare à l'arrivée du Premier ministre indien en Israël .(Crédit : AFP/ MENAHEM KAHANA)
Elazar Ashtivker, propriétaire du restaurant indien à Ramla, au sud de Tel Aviv, pose avec des épices indiennes, le 2 juillet 2017, alors que la communauté juive indienne se prépare à l’arrivée du Premier ministre indien en Israël .(Crédit : AFP/ MENAHEM KAHANA)

Les juifs d’origine indienne en Israël seraient quelque 100.000, indique Eliaz Dandeker, un historien.

Et ils entretiennent aujourd’hui selon lui « une relation intense » avec l’Inde, via la musique, le cinéma, la cuisine et les événements culturels.

Les juifs indiens qui, dans leur grande majorité, n’ont jamais souffert de persécution, ont commencé à arriver en masse à la fin des années 40 et au début des années 50. Un grand nombre d’entre eux se sont installés dans des petites localités pour devenir agriculteurs, d’autres ont essaimé dans tout le pays.

Elazar Ashtivker, propriétaire du restaurant indien à Ramla, au sud de Tel Aviv, cuisine dans son restaurant, le 2 juillet 2017, alors que la communauté juive indienne se prépare à l'arrivée du Premier ministre indien en Israël .(Crédit : AFP/ MENAHEM KAHANA)
Elazar Ashtivker, propriétaire du restaurant indien à Ramla, au sud de Tel Aviv, cuisine dans son restaurant, le 2 juillet 2017, alors que la communauté juive indienne se prépare à l’arrivée du Premier ministre indien en Israël .(Crédit : AFP/ MENAHEM KAHANA)

Dans les premiers temps, nombre d’entre eux ont eu tendance à abandonner leur nom d’origine et leurs traditions pour se fondre dans la société israélienne.

« De nos jours, il y a plus d’ouverture » à la culture indienne, affirme Eliaz Dandeker, 34 ans. « La nouvelle génération veut en savoir davantage », ajoute-t-il.

Dans un magasin d’épices près du restaurant Maharaja, Shaul Divekar, qui a quitté l’Inde lorsqu’il était enfant, verse des lentilles dans un sac en plastique, tout en devisant derrière son comptoir avec deux clients.

Des israéliens mangent dans le restaurant indien Maharaja, à Ramla, au sud de Tel Aviv, le 2 juillet 2017, alors que la communauté juive indienne se prépare à l'arrivée du Premier ministre indien en Israël .(Crédit : AFP/ MENAHEM KAHANA)
Des israéliens mangent dans le restaurant indien Maharaja, à Ramla, au sud de Tel Aviv, le 2 juillet 2017, alors que la communauté juive indienne se prépare à l’arrivée du Premier ministre indien en Israël .(Crédit : AFP/ MENAHEM KAHANA)

‘Juifs invisibles’

La conversation porte sur les marchandises en provenance d’Inde et l’arrivée, mardi, du Premier ministre qui restera en tout trois jours en Israël.

Shaul Divekar raconte fièrement qu’il est responsable d’un des sept autobus qui amèneront les Indiens israéliens de Ramla à la rencontre avec Narendra Modi.

« Il est spécial », ajoute-t-il à propos de Premier ministre nationaliste indou tandis qu’une vidéo version Bollywood déverse ses mélodies sur un ordinateur portable installé derrière la caisse.

Accolade chaleureuse entre le président Rivlin (gauche) avec le Premier ministre indien Narendra Modi, après une conférence de presse commune à New Delhi le 15 novembre 2016. (Crédits : AFP/MONEY SHARMA)
Accolade chaleureuse entre le président Rivlin (gauche) avec le Premier ministre indien Narendra Modi, après une conférence de presse commune à New Delhi le 15 novembre 2016. (Crédits : AFP/MONEY SHARMA)

« Il aime les juifs », assure en hébreu un trentenaire barbu au fort accent indien alors qu’il farfouille dans des DVD indiens.

Eliaz Dandeker rappelle que les juifs indiens ont été qualifiés de « juifs invisibles » car ils ne sont ni ashkénazes (les juifs d’Europe de l’Est) ni séfarades (les juifs orientaux).

Bien que certains aient acquis une notoriété en Israël dans la médecine et l’armée, « beaucoup d’entre eux ne mettent pas leurs origines en avant », constate-t-il.

Le Premier ministre indien Narendra Modi intervient lors d'une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump au Rose Garden à la Maison Blanche le 26 juin 2017 (Crédit : AFP Photo / Nicholas Kamm)
Le Premier ministre indien Narendra Modi intervient lors d’une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump au Rose Garden à la Maison Blanche le 26 juin 2017 (Crédit : AFP Photo / Nicholas Kamm)

La visite de Narendra Modi pourrait susciter un regain d’intérêt pour la culture indienne et permettre à la communauté indienne locale de mieux se faire connaître.

Benjamin Netanyahu, à gauche, rencontre Narendra Modi à New York le 28 septembre 2014 (Photo: Avi Ohayon/GPO/FLASH90)
Benjamin Netanyahu, à gauche, rencontre Narendra Modi à New York le 28 septembre 2014 (Photo: Avi Ohayon/GPO/FLASH90)

« Nous espérons que cela va faire progresser notre petite communauté qui a du mal à émerger », ajoute Elazar Ashtivker.

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