La cour ordonne l’arrêt immédiat du décompte des votes de la Histadrout
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La cour ordonne l’arrêt immédiat du décompte des votes de la Histadrout

Les juges ont accepté la demande de Shelly Yachimovich, qui fait état d'“irrégularités massives” dans les élections pour la présidence du syndicat

Bureau de vote pour la présidence de la Histadrout à Jérusalem, le 23 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Bureau de vote pour la présidence de la Histadrout à Jérusalem, le 23 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un tribunal a ordonné mercredi un arrêt immédiat du décompte des votes des élections à la présidence de la Histadrout, syndicat national des travailleurs, après une plainte déposée par l’un des candidats faisant état d’ « irrégularités massives » dans le processus électoral.

Suite au jugement de la cour du district de Tel Aviv sur l’arrêt du décompte, la députée de l’Union sioniste Shelly Yachimovich, qui semblait perdre contre le président sortant Avi Nissenkorn, a salué la décision, une « preuve supplémentaire que c’était le processus électoral le plus corrompu de tous les temps. »

« Il se trouve que non seulement il y a eu des menaces et des intimidations contre les employés qui avaient peur de perdre leur gagne-pain, mais aussi qu’une méthode systématique de menace a été inventée » pour les intimider, a-t-elle déclaré, selon le site d’information Ynet.

Une nouvelle audience aura lieu jeudi à la cour du district de Tel Aviv, à laquelle seront présents les avocats de Yachimovich et de Nissenkorn.

Le président sortant de la Histadrut Avi Nissenkorn, à gauche, et la députée Shelly Yachimovich. (Crédit : Yonatan Sindel/Miriam Alster/Flash90)
Le président sortant de la Histadrut Avi Nissenkorn, à gauche, et la députée Shelly Yachimovich. (Crédit : Yonatan Sindel/Miriam Alster/Flash90)

L’appel de Yachimovich, présenté mercredi, affirmait que des centaines d’urnes avaient été « trafiquées en toute connaissance de cause. »

« Nous faisons appel à la cour pour un arrêt immédiat et un ordre d’abstention pour arrêter le processus de décompte du vote pour l’élection de la Histadrout, en raison de la présence de centaines d’urnes défectueuses qui ont été trafiquées, en toute connaissance de cause, et des irrégularités massives qui soulèvent de lourds soupçons sur la véracité des résultats », a déclaré Eitan Liraz, l’avocat de Yachimovich, cité par les médias israéliens.

« De plus, les preuves nécessaires sont rassemblées en ce moment pour un appel pour l’annulation de tout le processus électoral, a-t-il ajouté. Il semble être l’une des plus grandes affaires de corruption électorale de l’histoire de l’Etat. »

Le QG électoral de Yachimovich a accusé des irrégularités présumées les proches de Nissenkorn, affirmant que les bulletins de vote avaient été modifiés sous sa supervision.

La députée de l'Union sioniste Shelly Yachimovich à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La députée de l’Union sioniste Shelly Yachimovich à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Des camions transportant les urnes de Haïfa et Hadera ne sont arrivés au centre de décompte [électoral] que tard dans la matinée, après s’est promenés toute la nuit, accompagnés uniquement des proches de Nissenkorn », a indiqué le quotidien économique The Marker, qui citait l’équipe de Yachimovich.

En réponse à ces accusations, l’équipe de campagne de Nissenkorn a affirmé que « Yachimovich avait perdu tout sens des réalités. »

« Aucun appel, aucune annonce, aucun cri, aucune diffamation ni aucun tour ne changera le fait que Yachimovich a été battue aux élections, par près de 250 000 travailleurs qui ne veulent pas d’elle », a déclaré l’équipe de campagne.

Mercredi soir, Nissenkorn était en tête avec près de 60 % des voix, et le soutien de Yachimovich était bloqué à environ 40 %. Les résultats finaux devaient être annoncés jeudi.

Fondée en 1920, la Histadrout est rapidement devenue l’une des institutions les plus puissantes de la Palestine mandataire puis d’Israël. Même si l’influence du syndicat a diminué ces dernières années, le grand nombre d’adhérents au syndicat lui permet de pouvoir appeler à des grèves paralysantes, et le président de l’organisation est considéré comme l’un des négociateurs politiques les plus puissants du pays.

Avi Nissenkorn, président de la Histadrout, à Jérusalem, le 7 octobre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Avi Nissenkorn, président de la Histadrout, à Jérusalem, le 7 octobre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les élections de la Histadrout ont lieu tous les cinq ans, mais le prédécesseur de Nissenkorn, Ofer Eini, avait démissionné après les deux premières années de son second mandat, permettant à son adjoint de le remplacer.

Yachimovich a attaqué Nissenkorn pendant toute la campagne comme la « façade » des politiques économiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du ministre des Finances Moshe Kahlon. Il avait été soutenu par Kahlon ainsi que par plusieurs députés travaillistes, dont Isaac Herzog, le chef du parti.

Nissenkorn, qui a d’abord tenté d’empêcher Yachimovich de se présenter, a affirmé qu’elle était un « allume-feu » et a mis en cause sa capacité à mener des négociations à tête froide avec le gouvernement.

Pendant toute sa carrière en politique, et même avant, Yachimovich a acquis une réputation d’opposition aux grandes entreprises. Pendant sa campagne pour prendre la tête du Parti travailliste en 2012, elle avait appelé Israël à adopter une approche plus socialiste du gouvernement. « Notre objectif est d’établir un gouvernement alternatif, responsable et social démocrate », avait-elle dit.

Si Yachimovich remporte les élections, elle devra démissionner du parlement, ce qui permettra au militant druze Salah Saad de devenir député de l’Union sioniste.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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