La décision de reconnaissance de la Palestine par la Slovénie gelée indéfiniment
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La décision de reconnaissance de la Palestine par la Slovénie gelée indéfiniment

Un opposant à la décision a reçu des menaces de mort ; le Parlement a décidé de reporter le vote jusqu'à la prochaine élection

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre slovène Miro Cerar (à droite) est accueilli par le Premier ministre macédonien Zoran Zaev (à gauche) et sa garde d'honneur lors d'une cérémonie de bienvenue à Skopje, le 3 avril 2018 (PHOTO AFP / Robert ATANASOVSKI)
Le Premier ministre slovène Miro Cerar (à droite) est accueilli par le Premier ministre macédonien Zoran Zaev (à gauche) et sa garde d'honneur lors d'une cérémonie de bienvenue à Skopje, le 3 avril 2018 (PHOTO AFP / Robert ATANASOVSKI)

La reconnaissance attendue par la Slovénie de l’Etat palestinien a été reportée après les prochaines élections générales.

Ces derniers jours, la question a fait l’objet de débats houleux au Parlement de ce pays d’Europe centrale. Un opposant éminent à la décision a reçu des menaces de mort.

La semaine dernière, l’Assemblée nationale slovène a reporté un vote sur la reconnaissance d’un Etat palestinien indépendant pour des raisons de procédure, après que plusieurs députés ont retiré leur soutien au débat qui devait précéder le vote.

Le gouvernement de Ljubljana semble généralement favorable à la reconnaissance de la Palestine, mais ne parvient pas à réunir la majorité requise au sein de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Il a ainsi décidé de laisser le nouveau gouvernement qui prendra place à la suite des prochaines élections législatives du mois prochain s’en charger.

Les élections anticipées ont été déclenchées après la démission soudaine du Premier ministre Miro Cerar à la mi-mars.

Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Jožef Horvat, a décidé la semaine dernière de ne pas procéder au vote car le gouvernement sortant ne formulerait pas de position à ce sujet.

Horvat a déclaré la semaine dernière qu’il avait reçu un courriel de menaces de mort de la part de militants pro-palestiniens qui l’accusaient d’entraver la reconnaissance de l’Etat palestinien. Selon les médias slovènes, la police a enquêté sur l’affaire et jugé la menace « sérieuse ».

La question de la reconnaissance du statut de l’Etat palestinien est en suspens au parlement depuis 2014 et devait être soumise à un vote début 2018.

Contrairement à beaucoup d’autres démocraties occidentales, c’est le pouvoir législatif de la Slovénie, et non son exécutif, qui a le dernier mot en matière de politique étrangère, notamment concernant la reconnaissance des Etats.

Suite à la reconnaissance par l’administration américaine, le 6 décembre, de Jérusalem comme capitale d’Israël, les députés slovènes de gauche ont cherché à faire avancer la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Ljubljana a voté en faveur d’un vote de l’Assemblée générale des Nations unies déclarant la reconnaissance américaine nulle et non avenue et accélérant le processus de reconnaissance de la Palestine.

A l’époque, le président du Parlement slovène, Milan Brglez, avait déclaré que la reconnaissance par la Slovénie d’un Etat palestinien ne faisait « pas de doute » et qu’il s’agissait simplement d’une question de temps.

Le président Borut Pahor a plus tard déclaré qu’il ne soutiendrait la reconnaissance de la Palestine « que dans des circonstances qui contribueraient à résoudre ses problèmes bilatéraux avec Israël et qui ne détérioreraient pas les relations ». Ces circonstances n’étaient actuellement pas « en place », a déclaré son bureau dans un communiqué.

Au cours des dernières semaines, la question a été vivement débattue au sein de la commission des Affaires étrangères du Parlement. Alors que certains politiciens de gauche se sont prononcés en faveur de cette mesure, des responsables du ministère des Affaires étrangères ont soutenu que cela ne ferait que peu avancer la cause palestinienne mais pourrait gravement nuire aux liens de la Slovénie avec Israël et les Etats-Unis.

Les législateurs ont accepté d’attendre la position officielle du gouvernement sur la question avant de voter, mais elle n’a jamais été formulée en raison de la démission du Premier ministre.

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