La « dic-lit » – littérature de dictateur – ou l’enfer des lettres
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La « dic-lit » – littérature de dictateur – ou l’enfer des lettres

Alors que la France s'interroge sur les rééditions de Maurras, ou des pamphlets de Céline, un auteur s’interroge sur la qualité des oeuvres écrites par des dictateurs

Plusieurs traductions de "Mein Kampf" (Crédit : Institut für Zeitgeschichte / Alexander Markus Klotz)
Plusieurs traductions de "Mein Kampf" (Crédit : Institut für Zeitgeschichte / Alexander Markus Klotz)

Daniel Kalder s’est attelé à un drôle de labeur. Lire les ouvrages écrits par les dictateurs du XXe siècle, classée dans la nouvelle catégorie crée pour l’occasion de littérature dictatoriale, dans ce qu’il appelle la « bibliothèque infernale ». Premier constat, c’est souvent très mauvais.

Ainsi, il aura mis 3 ans à achever Le Livre de l’âme de Saparmurat Niyazov alias Turkmenbashi, dictateur communiste du Turkménistan de 1985 à 2006, cruel et excentrique, qui fit renommer les mois du calendrier selon des épisodes de sa vie personnelle.

« Mais Le Livre de l’âme est si ennuyeux que, au moment au Kalder l’a achevé – trois plus tard » Turkmenbashi avait rejoint l’enfer des dictateurs.

Selon Daniel Kader, la dic-lit a un père : Lénine, qui serait inspiré des personnages « en deux dimensions » de Nikolay Tchernychevski. Sa littérature politique est elle qualifiée de « semi-théorie marxiste plutôt étouffante » par Will Self qui a rédigé la critique du livre de Kalder dans The Guardian.

Courageux, il s’attaque aussi aux livres de Benito Mussolini, Saddam Hussein, Joseph Staline, Enver Hoxha et l’ayatollah Khomeini, et bien sûr… Adolf Hitler. Mein Kampf, Kalder l’annote comme le ferait un professeur de littérature: « À l’âge de trente-cinq ans, Hitler n’avait maîtrisé ni l’orthographe de base ni la grammaire commune. Ses textes bruts sont criblés d’erreurs lexicales et syntaxiques.Sa ponctuation (…) est aussi défectueuse qu’inconstante ».

Lire ces livres ? « Des actes de supplice » selon Kalder.

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