La droite furieuse de la présence d’Ayman Odeh à la conférence Fatah-Hamas
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La droite furieuse de la présence d’Ayman Odeh à la conférence Fatah-Hamas

Le Likud dénonce la présence du député à la réunion, lors de laquelle le groupe terroriste et le parti d'Abbas ont promis "résistance populaire" et unité face à l'annexion

Le chef du parti de la Liste arabe unie, le député Ayman Odeh, à la Cour suprême de Jérusalem, le 5 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti de la Liste arabe unie, le député Ayman Odeh, à la Cour suprême de Jérusalem, le 5 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les partis de droite ont condamné jeudi le leader de la Liste arabe unie Ayman Odeh pour avoir participé à une conférence de presse à Ramallah organisée par le Fatah et le groupe terroriste du Hamas (un responsable était présent par vidéo-conférence) consacrée à l’unité palestinienne.

Le député a été repéré au premier rang du public lors de la rare apparition conjointe des hauts fonctionnaires palestiniens des factions rivales, qui les a vus promettre une campagne unie contre les plans potentiels d’Israël d’annexer des territoires en Cisjordanie. Ayman Odeh a déclaré qu’il soutenait les initiatives visant à combler le vide entre les groupes palestiniens en conflit, en désaccord depuis plus d’une décennie.

« Je viens à la conférence pour soutenir les efforts de réconciliation entre les Palestiniens. La réconciliation entre les factions est une étape essentielle pour lutter contre l’annexion, mettre fin à l’occupation et parvenir à une paix juste », a souligné M. Odeh. « La division continue ne sert que ceux qui veulent que l’occupation continue et instaurer l’apartheid. Quiconque soutient une solution à deux États doit soutenir la réconciliation [palestinienne]. »

Un haut responsable du Fatah, Jibril Rajoub, a assuré lors de la conférence de presse que les parties « mettront en place toutes les mesures nécessaires pour assurer l’unité nationale » dans le cadre des efforts contre l’annexion.

« Aujourd’hui, nous voulons parler d’une seule voix », a-t-il affirmé.

Un haut responsable du Fatah, Jibril Rajoub, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, assiste par vidéoconférence à une réunion avec le chef adjoint du Hamas, Saleh al-Arouri (sur l’écran depuis Beyrouth), pour discuter du plan d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie par Israël, le 2 juillet 2020. (ABBAS MOMANI / AFP)

Le responsable du Hamas, Saleh al-Arouri, s’exprimant par liaison vidéo depuis Beyrouth, a qualifié Israël « d’ennemi » et a mis en garde l’État juif contre l’annexion. Arouri a décrit la conférence comme « une opportunité de commencer une nouvelle phase qui sera un service stratégique pour notre peuple dans les étapes les plus dangereuses ».

Le Fatah, qui contrôle l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, et le groupe terroriste islamiste du Hamas qui dirige la bande de Gaza, sont en proie à des divisions et à l’inimitié depuis plus d’une décennie.

La présence d’Odeh, le plus haut responsable politique arabe israélien, a immédiatement suscité des récriminations de la part des députés de la droite israélienne, qui ont laissé entendre que son association avec un leader terroriste ayant ouvertement juré de détruire Israël était affligeante.

« Une nouvelle déception concernant Ayman Odeh, qui a participé aujourd’hui à une conférence avec des membres du Hamas qui ont appelé au meurtre de Juifs », a réagi le parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué, ajoutant qu’il n’y avait « aucune limite à la honte ».

« C’est l’homme avec lequel Yair Lapid et [Moshe] Ya’alon voulaient former un gouvernement », a commenté le Likud en référence à ses rivaux politiques de l’opposition. Cette déclaration a négligé de mentionner que les pourparlers entre la Liste arabe unie et l’ancienne itération du parti Kakhol lavan qui comprenait Lapid et Ya’alon étaient dirigés par Benny Gantz, l’actuel partenaire de coalition de Netanyahu et ministre de la Défense du pays.

Le député Likud Shlomo Karai a déposé une plainte contre Odeh auprès du Comité d’éthique de la Knesset.

Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, un ancien ministre de la Défense, qui a par le passé qualifié les responsables politiques arabes de « cinquième colonne » et les a accusés de soutenir le terrorisme, a également critiqué Odeh, tout en tirant sur le Premier ministre.

« Ayman Odeh a assisté à une conférence virtuelle du Fatah et du Hamas sur l’annexion virtuelle de Netanyahu. J’espère qu’Ayman Odeh et ses amis deviendront bientôt aussi virtuels que leur conférence », a tweeté Liberman.

Le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, tient une conférence de presse à Neve Ilan, près de Jérusalem, le 11 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu avait fixé au 1er juillet la date du début de l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie dans le cadre de l’accord de paix de l’administration Trump. Aucune annonce n’a été faite mercredi, et les discussions entre les responsables israéliens et américains se poursuivent concernant cette décision largement condamnée, si elle a lieu.

Le plan américain, dévoilé en janvier, prévoit que toute annexion fasse partie d’un plan de paix plus large, comprenant des négociations sur la création d’un État palestinien démilitarisé sur environ 70 % de la Cisjordanie, avec un lien vers Gaza.

Le Hamas, qui a mené trois guerres avec Israël et a perpétré d’innombrables attaques, a averti que cette initiative équivaudrait à une « déclaration de guerre » si elle était mise en œuvre.

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