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La fondation USC Shoah publie le témoignage « perdu » d’une rescapée tuée en Ukraine

La vidéo de 1998 de Vanda Semyonovna Obiedkova, décédée lors des bombardements russes à Marioupol, a été détruite, mais redécouverte et mise en ligne

Vanda Semyonovna Obiedkova enregistre son témoignage de survivante de la Shoah pour la USC Shoah Foundation en 1998. (Crédit : Capture d’écran via la JTA)
Vanda Semyonovna Obiedkova enregistre son témoignage de survivante de la Shoah pour la USC Shoah Foundation en 1998. (Crédit : Capture d’écran via la JTA)

Vanda Semyonovna Obiedkova, une survivante de la Shoah âgée de 91 ans, est morte près de chez elle à Marioupol, en Ukraine, le 4 avril, alors que la ville subissait une attaque russe. Sa famille pensait que son témoignage de survivante avait disparu en même temps qu’elle.

Obiedkova est morte dans le sous-sol d’un magasin dans lequel elle avait trouvé refuge, près de chez elle. Sa fille et son gendre ont fui la ville après l’avoir enterrée. La maison qu’ils partageaient a brûlé pendant les bombardements, et la cassette VHS contenant le témoignage vidéo qu’Obiedkova avait enregistré en 1998 pour la Fondation USC Shoah, relatant son expérience de la Shoah, a été détruite avec tous les autres biens, a déclaré sa famille au site chabad.org.

Mais mardi, la Fondation USC Shoah a publié sur sa page YouTube l’intégralité du témoignage de 94 minutes d’Obiedkova, en forme d’hommage à sa mémoire, désormais dans le domaine numérique.

Le témoignage est entièrement en russe, et il n’y a actuellement pas de sous-titres. Obiedkova décrit, dans l’interview, son expérience d’enfant pendant la guerre, commentant à un moment donné :  » Nous ne pensions pas qu’il y aurait la guerre. Ma mère venait de prendre des vacances.  »

Le site donne plus de détails sur sa vie, grâce au témoignage de sa famille.

Résidente de Marioupol depuis toujours, Obiedkova avait 10 ans lorsque les nazis sont arrivés dans la ville portuaire en 1941. Cachée dans un sous-sol alors que sa mère était raflée, elle a été conduite à l’hôpital par son père non juif pour échapper à toute nouvelle rafle, se faisant passer pour Grecque jusqu’à ce que la ville soit libérée par les forces soviétiques en 1943.

Elle a passé le reste de sa vie à Marioupol et était un membre actif de la communauté juive de la ville, selon Mendel Cohen, le rabbin Habad de la région.

Dans les derniers jours de sa vie, Obiedkova a comparé l’attaque russe sur sa ville natale à l’occupation nazie en 1941. A sa mort, avec l’aide du rabbin Cohen, sa famille a veillé à ce qu’elle reçoive une sépulture avant de fuir la ville. La famille avait déjà évacué la ville, lors du conflit de 2014 avec la Russie, mais cette fois, la fille d’Obiedkova, Larissa, a déclaré à Habad qu’ils ne reviendraient pas à Marioupol.

Cnaan Liphshiz a contribué à cet article.

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