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Mort d’une survivante de la Shoah à Marioupol, en proie à l’offensive russe

Vanda Semyonovna Obiedkova, qui avait survécu à l'occupation nazie de la ville portuaire en 1941, a passé des semaines dans un sous-sol sans eau ni chauffage

La survivante de la Shoah Vanda Semyonovna Obiedkova, 91 ans, est morte à Marioupol au mois d'avril. (Crédit : CHABAD OF MARIUPOL / CHABAD.ORG)
La survivante de la Shoah Vanda Semyonovna Obiedkova, 91 ans, est morte à Marioupol au mois d'avril. (Crédit : CHABAD OF MARIUPOL / CHABAD.ORG)

Une survivante de la Shoah est décédée alors qu’elle se protégeait des frappes russes dans la ville portuaire de Marioupol, en Ukraine.

Vanda Semyonovna Obiedkova, 91 ans, qui ne pouvait plus se lever de son lit, s’est éteinte le 4 avril après avoir passé des semaines dans un sous-sol sans eau ni chauffage, a confié sa fille Larissa au site Chabad.org.

« Maman ne méritait pas de mourir comme ça », a-t-elle déclaré.

« Il n’y avait pas d’eau, pas d’électricité, pas de chauffage et il faisait effroyablement froid », a ajouté Larissa, qui se trouvait dans le sous-sol aux côtés de sa mère. « Et on n’a rien pu faire pour elle. On vivait comme des animaux. »

Larissa a expliqué que les jours qui ont précédé sa mort, sa mère comparait le conflit à l’occupation de la ville par les nazis en 1941.

« À chaque fois qu’une bombe tombait, l’immeuble tout entier tremblait. Ma mère disait qu’elle ne se rappelait de rien de tel pendant la Grande guerre patriotique [la Seconde guerre mondiale] », a-t-elle indiqué.

Larissa a précisé au site qu’elle avait enterré sa mère dans un parc local avant de prendre la fuite avec sa famille.

Obiedkova était âgée de dix ans quand les nazis ont occupé Marioupol, au mois d’octobre 1941. Ils avaient commencé à rassembler les Juifs de la ville peu après.

Alors qu’elle avait pu échapper aux rafles en se cachant dans une cave, sa mère n’avait pas eu la même chance. Elle avait été exécutée.

Elle avait passé les deux années qui avaient suivi dans un hôpital, où son père non-Juif avait réussi à la faire admettre jusqu’à la libération de Marioupol, en 1943.

Obiedkova s’était mariée et a été une membre active de la communauté juive de la ville, a rapporté son rabbin, Mendel Cohen.

« Vanda Semyonovna a vécu des horreurs inimaginables », a déclaré Cohen. « C’était une femme agréable, joyeuse, une personnalité particulière qui restera dans nos cœurs. »

Obiedkova est la deuxième survivante de la Shoah à mourir depuis le début de l’invasion russe.

Au mois de mars, Boris Romantschenko, qui avait survécu à quatre camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, avait été tué par une frappe russe qui avait touché son appartement dans la ville ukrainienne de Kharkiv. Il était âgé de 96 ans.

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