La France appelle l’UE à « agir avec force » à propos de l’Iran
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La France appelle l’UE à « agir avec force » à propos de l’Iran

Dans le but d'empêcher les Etats-Unis de sortir de l'accord nucléaire, Jean-Yves Le Drian a demandé à l'UE d'imposer de nouvelles sanctions contre la République islamique

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors de la rencontre entre le ministre iranien des Affaires étrangères et les représentants de l'Union européenne pour les affaires étrangères et les ministres des Affaires étrangères britannique, allemand et français au siège de l'UE à Bruxelles le 11 janvier 2018 (PHOTO AFP / JOHN THYS)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors de la rencontre entre le ministre iranien des Affaires étrangères et les représentants de l'Union européenne pour les affaires étrangères et les ministres des Affaires étrangères britannique, allemand et français au siège de l'UE à Bruxelles le 11 janvier 2018 (PHOTO AFP / JOHN THYS)

Dans le but d’empêcher les Etats-Unis de sortir de l’accord nucléaire, la France a exhorté ses partenaires de l’Union européenne à imposer de nouvelles sanctions contre l’Iran concernant son programme de missiles balistiques et ses actions en Syrie.

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, a insisté sur le fait que la France était déterminée à maintenir intact l’accord nucléaire de 2015 signé à Vienne. Cependant, il a expliqué aux journalistes que certaines questions devaient encore être traitées afin de compléter l’accord.

« Nous sommes déterminés à faire respecter l’accord de Vienne », a-t-il dit selon des propos rapportés par Reuters. « Mais nous ne devons pas exclure la responsabilité de l’Iran dans la prolifération des missiles balistiques et dans son rôle très contestable au Proche et au Moyen-Orient. Cela doit également être discuté afin de parvenir à une position commune. »

Le président américain Donald Trump a déclaré en janvier que l’accord entre l’Iran et les grandes puissances devait être « arrangé » d’ici le 12 mai ou que les Etats-Unis s’en retireraient, mettant probablement un terme à l’accord.

Les commentaires de Le Drian ont été critiqués par Bahram Qasemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

« Les commentaires du ministre français des Affaires étrangères concernant la question des missiles sont, malheureusement, une répétition de commentaires inappropriés déjà faits par le passé », a rapporté le site iranien Fars News.

Le Drian « a été informé des positions de la République islamique d’Iran sur les différentes questions mondiales et régionales d’une manière tout à fait directe lors de sa récente visite à Téhéran », a affirmé Qasemi. « Ses récentes déclarations sur la République islamique d’Iran ne sont pas compréhensibles et semblent dans une large mesure étranges et illogiques suite à sa visite à Téhéran. »

Selon un document confidentiel remis aux membres de l’UE et obtenu par Reuters ce jeudi, outre la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont également suggéré la mise en place de nouvelles sanctions contre l’Iran par l’Union européenne.

Les trois pays, tous signataires de l’accord nucléaire historique de 2015, voulaient savoir si les autres pays accepteraient de telles actions visant certaines « milices et commandants » dans le but de sauver l’accord.

« Nous allons […] faire circuler dans les prochains jours une liste de personnes et d’entités qui, selon nous, devraient être ciblées en raison des rôles qu’elles jouent » dans le programme balistique et la guerre civile syrienne, a rapporté Reuters.

Le communiqué faisait référence à des « discussions intensives » avec Washington afin de « parvenir à une réaffirmation claire et durable du soutien américain à l’accord et ce au-delà du 12 mai ».

Dimanche, le sénateur Bob Corker, président du Comité des relations extérieures du Sénat et l’un des républicains les plus influents, a prédit que Trump ne prolongerait pas l’accord nucléaire.

« Je pense que le président va probablement s’en éloigner, à moins que nos homologues européens se mettent d’accord », a-t-il dit. « Et il ne me semble pas qu’ils le feront. »

Les remarques de Corker font écho à celles du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a déclaré aux membres de son cabinet il y a une semaine que Trump se retirerait de l’accord en mai, a rapporté la Dixième chaîne israélienne.

L’accord de 2015, signé entre l’Iran, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne a réduit les activités nucléaires de l’Iran en échange d’un allégement des sanctions.

L’Iran, qui selon l’organisme de surveillance atomique de l’ONU a respecté l’accord depuis son entrée en vigueur en janvier 2016, a exclu toute modification de l’accord.

Les entretiens à Vienne menés vendredi – une réunion régulière concernant l’accord – impliquaient l’Iran et les six autres signataires.

La décision de Trump de remplacer Rex Tillerson par Mike Pompeo au poste de secrétaire d’Etat plus tôt cette semaine a été largement considérée comme un autre mauvais présage par rapport à l’accord.

Tillerson et son ancien secrétaire à la Défense, Jim Mattis, avaient exhorté Trump d’écouter les Européens afin de conserver l’accord.

Pompeo, directeur de la CIA, aurait une position plus dure à l’égard de l’Iran et s’est opposé à l’accord en tant que membre du Congrès du Kansas.

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