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La Grèce signe un accord avec les Etats-Unis pour la restitution d’antiquités

Quinze des 161 antiquités de l'âge de bronze qui faisaient partie de la collection de Leonard Stern seront exposées au Musée d'art cycladique d'Athènes pendant un an

Hall du British Museum (Crédit : Wikimedia Commons/Eric Pouhier CC BY-SA)
Hall du British Museum (Crédit : Wikimedia Commons/Eric Pouhier CC BY-SA)

Le Parlement grec a ratifié jeudi un accord historique pour la restitution d’une importante collection archéologique américaine dont la provenance a suscité la controverse parmi les experts.

Selon les termes de l’accord, quinze des 161 antiquités de l’âge de bronze qui faisaient partie de la collection du milliardaire et philanthrope juif américain Leonard Stern seront exposées au Musée d’art cycladique d’Athènes pendant un an, ont indiqué les autorités grecques.

Les objets restants – dont des idoles, des vases et des bols – seront exposés au Metropolitan Museum of Art (Met) de New York jusqu’en 2048 et seront progressivement ramenés en Grèce, ont-elles précisé.

Le Met recevra également d’autres antiquités grecques en prêt dans le cadre de l’accord.

Le Metropolitan Museum of Art (MET) à New York. (Crédit : AP Photo/Mary Altaffer, File)

Le principal parti d’opposition, le parti de gauche Syriza, a accusé le gouvernement de ne pas avoir vérifié la provenance de la collection Stern et d’avoir ainsi « blanchi » les fruits d’une contrebande d’antiquités.

« Le trésor détenu par M. Stern a été exporté illégalement de Grèce », a déclaré jeudi au Parlement la députée Syriza Sia Anagnostopoulou.

Le gouvernement a fait fi des critiques et souligne que la Grèce a eu de la chance d’avoir acquis la collection, et qu’il est d’ailleurs souvent extrêmement difficile de prouver de manière concluante une provenance illégale devant un tribunal.

« Il a été impossible de trouver des preuves sur (l’ensemble) des 161 antiquités, et nous voulons toutes les rapatrier », a déclaré la ministre de la Culture Lina Mendoni au Parlement jeudi.

Michael Steinhardt, président de WisdomTree Investments Inc., pendant une interview à New York, aux États-Unis, le 12 avril 2012. (Crédit : Scott Eells/Bloomberg via JTA)

« La Grèce acquiert définitivement une collection rare dont elle ignorait l’existence il y a deux ans », a déclaré au parlement la députée du parti au pouvoir Fotini Pipili.

Dans une déclaration mercredi, l’association des archéologues grecs a estimé que Mr Stern était un « bénéficiaire avéré de découvertes archéologiques acquises grâce à la contrebande » et que l’accord créait un mauvais précédent en permettant à de riches collectionneurs de s’en sortir.

Les archéologues affirment que Leonard Stern avait déjà possédé une idole en marbre de l’âge de bronze provenant de Sardaigne, qui a ensuite été saisie en 2018 au collectionneur milliardaire Michael Steinhardt pour avoir été acquise via un trafic illégal.

Le principal objectif du ministère grec de la Culture reste le retour des marbres du Parthénon, détenus par le British Museum à Londres depuis le XIXe siècle.

Depuis deux ans, la justice de l’Etat de New York mène une vaste campagne de restitution d’antiquités pillées dans le monde et qui ont atterri dans des musées et galeries de la mégapole : de 2020 à 2021, au moins 700 pièces ont été rendues à 14 pays, dont le Cambodge, l’Inde, le Pakistan, l’Egypte, l’Irak, la Grèce ou l’Italie.

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