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La Haute Cour annule les autopsies des bébés retrouvés morts dans une crèche

Un homme âgé a été agressé alors que les ultra-orthodoxes s'indignaient contre la "profanation" de petits enfants décédés dans une crèche illégale de Jérusalem ; un adolescent a été modérément blessé

La Haute Cour de justice a décidé, dans la journée de mardi, qu’aucune autopsie ne serait pratiquée sur les deux nourrissons décédés la veille dans une crèche non agréée de Jérusalem – alors que les membres de la communauté ultra-orthodoxe se sont livrés à des émeutes pour protester contre la réalisation de cet examen médico-légal.

La Cour a consacré une audience à la requête qui avait été déposée par les services d’urgence ZAKA, une organisation haredi, au nom des familles des nourrissons décédés. Au cours de cette audience, il y a eu un échange téléphonique avec le directeur de l’Institut médico-légal Abu Kabir, le docteur Chen Kugel – une discussion qui a eu lieu à huis clos.

La Cour a jugé qu’une autopsie n’était pas nécessaire si tous les autres tests requis avaient été effectués – statuant que les bébés pouvaient être inhumés sans plus tarder.

La décision, qui a été rendue par les juges Alex Stein, Yechiel Kasher et Ruth Ronen, a annulé un verdict qui avait été rendu par le tribunal de première instance de Jérusalem qui avait autorisé les autopsies – des autopsies qui avaient été demandées par les responsables de la police, soucieux de pouvoir établir avec certitude la cause des décès.

Les familles ultra-orthodoxes s’étaient opposées à ces autopsies pour des raisons religieuses. La loi juive interdit généralement les autopsies, le corps humain étant considéré comme sacré, ce qui rend toute altération impossible après sa mort. La halakha exige également des funérailles rapides après un décès.

Toutefois, la loi juive autorise les autopsies dans certaines situations qui impliquent la nécessité de secourir une autre vie.

Dror Shoshim, l’avocat qui a représenté les familles devant le tribunal, a qualifié cette décision « d’importante ». Selon un communiqué émis par la ZAKA, elle a démontré « une sensibilité humaine et un respect pour les défunts ».

La police et le bureau de la procureure-générale avaient insisté pour que des autopsies soient pratiquées afin de déterminer la cause exacte du décès de Leah Goloventzitz, âgée de 4 mois, et d’Aharon Katz, âgé de 6 mois, dont les corps sans vie ont été retrouvés lundi matin, ainsi que ceux de 53 autres bébés et enfants en bas âge qui présentaient des blessures plus ou moins graves, dans une crèche haredi surpeuplée du quartier Romema à Jérusalem.

La police pense, semble-t-il, que les deux petits enfants sont morts d’épuisement en raison de la chaleur et de la déshydratation, en lien avec un système de chauffage défectueux. Elle a toutefois cherché à confirmer ses soupçons en utilisant des procédures médico-légales.

Des manifestants haredim à Jérusalem le 20 janvier 2026. (Crédit : Flash90)

Lundi, le tribunal de première instance de Jérusalem avait donné suite à la demande d’autopsie des autorités, entraînant des requêtes de la part des familles des enfants décédés et de la ZAKA, qui avait estimé que cette décision revenait aux familles.

Pendant ce temps, des manifestants ultra-orthodoxes ont organisé une deuxième vague d’émeutes contre les autopsies réclamées par les enquêteurs – alors même qu’un juge prolongeait le placement en détention des deux suspectes dans la mort des enfants, qui font actuellement face à des accusations d’homicide involontaire et de négligence.

En fin d’après-midi, la police a signalé que 11 personnes avaient été arrêtées, dont une qui avait mordu la main d’un agent.

Les affrontements ont été encore plus violents que ceux qui ont eu lieu à Jérusalem et dans la ville voisine de Beit Shemesh, à majorité ultra-orthodoxe, lundi soir.

Selon la police, les émeutiers ont jeté des pierres, ils ont incendié des poubelles et ils ont endommagé des biens tout en bloquant les routes.

Selon la police, les émeutiers « ont déraciné des arbres ; ils y ont mis le feu et ils les ont jetés sur la route », causant « d’importants dégâts » aux infrastructures, notamment aux canalisations d’eau et aux lampadaires.

Les agents ont utilisé des canons à eau et d’autres moyens de dispersion des foules alors que les émeutes s’intensifiaient. Vers midi, la police a fait savoir que des émeutiers avaient agressé un homme âgé rue Bar Ilan, à Jérusalem. Selon les forces de l’ordre, les manifestants ont bloqué les routes avec des pierres et ils ont jeté le vieil homme sur la route après qu’il a tenté de dégager les pierres de la rue.

L’incident a été repéré en temps réel par les unités de surveillance de la police.

Dans le cadre d’un autre incident, les agents ont indiqué avoir arrêté un suspect qui avait été aperçu alors qu’il faisait rouler des pierres sur la route dans le but apparent de bloquer la circulation.

Un adolescent de 15 ans aurait été renversé alors qu’il tentait d’empêcher une voiture de circuler dans la rue Bar Ilan, dans la capitale. Le jeune a été légèrement blessé et le conducteur a été arrêté, selon les médias israéliens. Il y a deux semaines à peine, un adolescent haredi qui prenait part à une manifestation était mort après avoir été renversé par un bus lors d’émeutes contre la conscription des hommes ultra-orthodoxes dans l’armée.

La police a annoncé que les émeutiers avaient « franchi toutes les lignes rouges », les accusant d’avoir délibérément blessé des civils et des agents, et elle s’est engagée à continuer d’agir « avec fermeté » pour rétablir l’ordre public.

La faction extrémiste de Jérusalem, qui a organisé des manifestations contre les autopsies, a diffusé une liste d’autres lieux où des rassemblements devaient se tenir – notamment à Netivot dans le sud, à Elad et Modiin Illit dans le centre, et à Safed, Harish et Har Yona dans le nord.

Les émeutes se sont poursuivies dans la soirée, même après que la Cour suprême a décidé de bloquer les autopsies.

La police a fait savoir qu’elle avait dispersé une manifestation ultra-orthodoxe sur la Route 4, aux abords de Bnei Brak, après que les manifestants ont bloqué la circulation, affronté les agents et insulté les policiers, les traitant notamment de « nazis ».

Selon les forces de l’ordre, les protestataires se sont assis sur la route, ils ont jeté des pierres et ils ont bloqué les véhicules, se mettant en danger et mettant en péril les autres usagers de la route. La police a déclaré avoir été contrainte de recourir à des mesures de contrôle des foules et de dégager les véhicules bloqués par la manifestation.

Elle avait antérieurement déclaré la manifestation illégale, émettant des avertissements ignorés par les participants.

Un manifestant a été arrêté, soupçonné d’avoir agressé un policier, a déclaré la police.

Toutes les voies de la Route 4 ont finalement été rouvertes à la circulation.

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