La Haute-cour approuve la démolition de la maison du meurtrier d’Esther Horgen
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La Haute-cour approuve la démolition de la maison du meurtrier d’Esther Horgen

Les magistrats disent que Muhammad Mruh Kabha a avoué l'attaque et qu'il y a des preuves "fortes" confirmant cet aveu ; une juge dit son désaccord sur l'ampleur de la démolition

Esther Horgen, 52 ans, qui a été retrouvée morte dans le nord de la Cisjordanie à la suite d'un attentat terroriste présumé le 20 décembre 2020. (Autorisation)
Esther Horgen, 52 ans, qui a été retrouvée morte dans le nord de la Cisjordanie à la suite d'un attentat terroriste présumé le 20 décembre 2020. (Autorisation)

La Haute-cour de justice a statué, mercredi, en faveur de la destruction par l’armée israélienne de l’habitation du meurtrier palestinien qui avait reconnu avoir tué Esther Horgen au cours d’un attentat terroriste, au mois de décembre.

Cette décision survient suite à un appel lancé par la famille du suspect, Muhammad Mruh Kabha, contre cette démolition.

Si le groupe de trois magistrats s’est accordé sur la destruction de l’habitation, ils ont différé sur les parties de la maison à détruire, la juge Anat Baron estimant de son côté – un avis minoritaire – que seulement l’un des deux étages devait être rasé.

« Il est clairement établi que les preuves administratives réunies dépassent le seuil requis des preuves nécessaires », a déclaré le tribunal, notant que Kabha avait avoué le crime tout en admettant sa motivation nationaliste et qu’il y avait des « preuves fortes, objectives et extérieures » qui étaient venues confirmer cet aveu.

Les troupes militaires cartographient le domicile de Muhammad Mruh Kabha, principal suspect dans le meurtre d’Esther Horgen, avant sa potentielle démolition, dans le village cisjordanien de Tura al-Gharbiya, près de Jénine, le 24 décembre 2020. (Capture d’écran vidéo de Tsahal)

Mais Baron a maintenu que détruire le deuxième étage de la maison – où vivent l’épouse de Kabha et ses trois enfants – serait disproportionné dans la mesure où ces derniers n’étaient aucunement impliqués dans l’attentat, qu’ils n’en avaient pas eu connaissance et qu’ils n’avaient apporté aucun soutien au meurtre.

« Je n’ai trouvé aucun fondement permettant d’affirmer que la démolition des habitations des terroristes est un outil de dissuasion réel face à l’acte terroriste, et c’est peut-être même le contraire », a écrit Baron.

L’armée, de son côté, avait affirmé que détruire le troisième et le second étage de la maison de Kabha qui se trouve à Tura al-Gharbiya, une ville du gouvernorat de Jénine, était nécessaire pour dissuader d’autres terroristes de commettre des attentats.

Les démolitions de maisons sont une politique controversée qui, selon l’armée, contribue à dissuader de futures attaques terroristes. Au fil des ans, un certain nombre de responsables de la défense israélienne ont mis en doute l’efficacité de cette pratique et les militants des droits humains l’ont dénoncée comme une punition collective injuste. Elles sont généralement appliquées avant la condamnation.

Muhammad Mruh Kabha, 40 ans, originaire du village palestinien de Tura al-Gharbiya, est soupçonné d’avoir assassiné Esther Horgen de l’implantation de Tal Menashe le 20 décembre 2020. (Shin Bet)

Selon les services de sécurité du Shin Bet, Kabha est soupçonné d’avoir commis l’attentat terroriste pour venger la mort d’un prisonnier sécuritaire, Kamel Abu Waer, qui était mort des suites d’un cancer six semaines auparavant.

Le 20 décembre, Horgen, 52 ans, mère de six enfants, était partie courir dans la forêt de Reihan. Kabha, qui attendait dans la zone qu’une victime passe, l’avait repérée, seule, et l’avait « attaquée et assassinée », avait déclaré l’agence de sécurité.

Le corps de Horgen avait été retrouvé aux premières heures le lendemain matin après le signalement de sa disparition par son mari, Benjamin.

Le meurtre d’Horgen avait déclenché des semaines de tensions continues en Cisjordanie. Les services de sécurité israéliens avaient signalé de multiples incidents de jets de pierres lancés par des résidents d’implantations israéliens contre des Palestiniens dans les jours qui avaient suivi la mort de la quinquagénaire.

Un jeune de 16 ans, Ahuvia Sandak, avait été tué dans un accident de voiture lors d’une course-poursuite avec la police après des jets de pierre présumés. La mort de Sandak avait déclenché plusieurs jours de manifestations à Jérusalem et en Cisjordanie, dont la plupart avaient tourné à l’émeute.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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